Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Gauche Révolutionnaire Drôme Ardèche, section française du Comité pour une Internationale Ouvrière
  • : "Pour une société démocratique socialiste" La Gauche Révolutionnaire lutte pour un monde débarrassé de la misère et de l'exploitation. Un monde où l'économie sera organisée démocratiquement par les travailleurs eux-mêmes pour satisfaire les besoins de tous. Pour cela, il faut en finir avec le capitalisme et sa loi du profit. C'est par le socialisme, par une Révolution, par la planification démocratique de l'économie que pourra commencer à se mettre en place une société démocratique socialiste
  • Contact

campagnes GR Drôme

Facebook

Citation

« Le prolétariat se servira de sa suprématie politique pour arracher petit à petit tout le capital à la bourgeoisie, pour centraliser tous les instruments de production entre les mains de l’Etat, c’est-à-dire du prolétariat organisé en classe dominante, et pour augmenter au plus vite la quantité des forces productives. [...] les antagonismes des classes une fois disparus dans le cours du développement, toute la production étant concentrée dans les mains des individus associés, alors le pouvoir public perd son caractère politique. Le pouvoir politique, à proprement parler, est le pouvoir organisé d’une classe pour l’oppression d’une autre. Si le prolétariat, dans sa lutte contre la bourgeoisie, se constitue forcément en classe, s’il s’érige par une révolution en classe dominante et, comme classe dominante, détruit par la violence l’ancien régime de production, il détruit, en même temps que ce régime de production, les conditions de l’antagonisme des classes, il détruit les classes en général et, par là même, sa propre domination comme classe.

A la place de l’ancienne société bourgeoise, avec ses classes et ses antagonismes de classes, surgit une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous. »

marxMarx / Engels
Manifeste du parti communiste
1847
20 octobre 2013 7 20 /10 /octobre /2013 18:41

A Montélimar, plus de 3000 personnes ont manifesté contre les menaces toujours existantes sur l'exploitation des gaz de schiste.

manifestation gaz de schiste montélimar 19 octobre 2013

manifestation atnti gaz de schiste montélimar 19 octobre 2013

DSC00394

Partager cet article
Repost0
17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 20:11

Gaz de schiste et de couche :     Sommes-nous sortis d’affaire ?

 

En juillet 2011, suite à une forte mobilisation contre l’exploitation du gaz de schiste, et en pleine période préélectorale, le gouvernement de droite faisait voter en urgence une loi contre la fracturation hydraulique. Cette loi est insuffisante car elle se limite à interdire ce type de fracturation et elle n’inclut pas d’autres extractions comme le gaz de couche, tout aussi polluantes et dangereuses pour l’environnement et les populations.

Depuis, les multinationales et les lobbys de l’énergie n’ont cessé de contester cette loi qui entrave leur liberté d’exploitation. Pour eux, seuls les profits engendrés par cette manne énergétique comptent. Usant de leurs argumentaires, telles l’indépendance énergétique ou encore les créations d’emplois induites, ils maintiennent la pression afin de faire céder les politiques au pouvoir. Pourtant, par exemple, un puits de gaz de couche dans le valenciennois ne produirait au mieux 40 ans de gaz et n’embaucherait au plus 4 personnes. Ce même puits polluerait les nappes phréatiques alimentant en eau potable 45 000 personnes  Tout ceci n’est qu’un leurre pour servir la spéculation boursière sur les matières premières ! Les licenciements ou la sous-traitance dans le secteur de l’énergie en général en sont encore une triste illustration !

 

Le capitalisme, fossoyeur de la planète.

 

Les désastres écologiques et le pillage des ressources sont le résultat du fonctionnement du capitalisme lui-même. Ce système économique basé sur la recherche du profit et la vision à court terme est incompatible avec les considérations environnementales.

Dans l’énergie, une poignée de multinationales se partage le secteur et impose ses choix en matière d’exploitation des ressources. C’est pour cela que les énergies fossiles dominent au détriment des énergies renouvelables et qu’aucune transition énergétique sérieuse ne se met en place. Il est impossible de protéger l’environnement dans le cadre des institutions actuelles, qu’elles soient nationales ou internationales, car celles-ci sont garantes de la libre entreprise donc au service du capitalisme, c’est-à-dire qu’il ne faut aucune entrave aux marchés et aux profits, peu importe les conséquences sociales ou environnementales.

Les lobbys pour l’extraction des gaz de couche et de schiste n’ont d’autres intérêts que la finance.       

Aux États-Unis, les économistes montrent le début de l’éclatement de la bulle spéculative autour du gaz de schiste. Les études sur les ressources minières ont été volontairement surestimées pour pouvoir faire émerger cette bulle spéculative.

Gaz de schiste Drôme Ardèche catastrophe écologique pour intérêts capitalistes Résistance

Aujourd’hui en France, on assiste à ce même phénomène, des entreprises pétitionnent l’Union Européenne pour des permis d’exploration alors qu’elles n’ont pas le capital suffisant pour les mener, leur objectif est clair : se positionner sur le marché pour pouvoir revendre son autorisation à prix d’or dès que les lois vont changer. Ainsi une belle plus-value est réalisée.

 

La lutte contre les gaz de schiste et de couche doit s'intégrer à une lutte plus large sur la question de la production énergétique elle-même et de qui décide de cette production et dans quels intérêts.

Sous le capitalisme, c’est le pouvoir économique qui dicte ses lois, en fonction des profits et non des besoins réels de la population. C’est pour cela que la transition énergétique et la lutte contre les gaz de schiste doivent être liés à un changement de société, vers le socialisme, car c’est seulement par le contrôle de l’économie par les travailleurs et la population que nous pourrons décider des choix de production, mais aussi des choix énergétiques en fonction des besoins humains et environnementaux et non des profits.

 

Pas de vraie écologie possible sous le capitalisme !

 

- Investissement public massif dans la recherche et le développement des énergies renouvelables.

- pour en finir avec les énergies polluantes, c’est aux travailleurs de l’énergie et à la population de décider

- Nationalisation des grands groupes pétroliers et des principaux secteurs de l’énergie, sous contrôle et la gestion démocratique des travailleurs et de la population.

- Pour un monopole public de l’énergie.

 

Mobilisation à Montélimar, le samedi 19 octobre 2013 à 14h, départ de Saint James.

Partager cet article
Repost0
28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 11:03

Gaz de schiste : le retour ?

 

En juillet 2011, suite à une forte mobilisation contre l'exploitation du gaz de schiste (GDS), et en pleine période préélectorale, le gouvernement de droite faisait voter en urgence une loi contre la fracturation hydraulique, technique utilisée pour extraire le gaz de schiste, gaz non conventionnel prisonnier de la roche dans le sous-sol, technique polluante du fait de la fracturation de la roche et de l'utilisation de grandes quantités de produits chimiques, d'eau, et d'énergie consommés par l'extraction elle-même.

Depuis, les multinationales de l'énergie et les lobbys n'ont cessé de contester cette loi qui entrave leur liberté d'exploitation malgré l'impact environnemental. Pour eux, seuls les profits engendrés par cette manne énergétique comptent. Usant de leurs argumentaires, tel l'indépendance énergétique ou encore les créations d'emplois induites, ils maintiennent la pression afin de faire céder les politiques au pouvoir.

 

Une loi insuffisante et menacée.

 

Dès la validation de la loi interdisant la fracturation en 2011, les multinationales se sont organisées pour contrer ou contourner cette loi. A l'heure actuelle, seule la fracturation hydraulique  existe tout en étant « rentable », pourtant certaines compagnies ont des permis d'exploration prétextant des techniques alternatives pour l'extraction.

Mais la loi elle-même est menacée. Schuepbach Energy, multinationale américaine s'étant vue retiré ses permis d'exploration dans le sud de la France, a contesté cette loi qui sera réexaminée par le Conseil Constitutionnel en question prioritaire de constitutionnalité. La décision sera rendue courant octobre, mais déjà, la résistance s'organise. Des rassemblements sont prévus le 19 octobre dans plusieurs pays dont la France.

 

Transition énergétique et gaz de schiste incompatibles.

 

Malgré les grandes promesses sur la transition énergétique, les annonces ne sont pas à la hauteur des changements nécessaires. Il est plus que jamais temps d'engager la transition énergétique, cette dernière étant incompatible avec le fonctionnement du capitalisme où seuls les profits comptent et où les choix énergétiques sont décidés par une poignée de multinationales de l'énergie qui dominent le secteur et imposent leur loi, quelles qu'en soient les conséquences sociales ou environnementales.

C'est pour cela que la transition énergétique et la lutte anti GDS doivent être liés à un changement de société, par le socialisme, car c'est seulement par un contrôle démocratique de l'économie par les travailleurs et la population que nous pourrons décider des choix de production, mais aussi des choix énergétiques en fonction des besoins humains et non des profits.

 

Mathieu Sauvan

 

Partager cet article
Repost0
2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 19:57

Dimanche 1er juillet, un rassemblement festif contre les gaz de schiste a eu lieu à Aurel, à l'appel du collectif Val de Drôme "Non au gaz de schiste". Malgré la pluie, plus de 200 personnes sont passés sur le site qui comprenait divers stands d'associations, de partis politiques et de producteurs locaux.

            L'objectif de l'évènement était de rappeler la menace persistante que constitue l'exploitation des gaz de schiste pour notre environnement, avec notamment la demande de nouveaux permis et la mise en appel de ceux que notre lutte a permis de faire abroger. On est encore loin d'avoir gagné !

Au mois de juin, une nouvelle demande de permis a été rendue publique sur le site du ministère du "développement durable" : Le permis préalpes qui couvre 5 000 km2 de Gap à Trièves en passant par le parc naturel du Vercors ! Cette demande provient de la compagnie australienne Continental Oil and Gas qui, comme toute multinationale, s'avère être bien loin des préoccupations des habitants des sols qu'elle veut exploiter. Quand on connait les désastres écologiques qu'entrainent les forages, on ne peut que dénoncer les entreprises qui cherchent à profiter d'une nouvelle source de spéculation, quel qu'en soit le prix pour les populations environnantes. C'est le reflet même du fonctionnement du capitalisme : utiliser un besoin pour créer un marché et permettre à une minorité déjà richissime de s'en mettre encore plein les poches. Et le nouveau gouvernement PS ne se distingue pas de l'UMP sur cette question, certainement parce qu'il n'a pas la prétention de s'opposer aux grandes multinationales.

 

 

Partager cet article
Repost0
25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 17:54

Nous publions ici une introduction sur le thème de l'énergie réalisée lors du stage d'été 2011 de la Gauche révolutionnaire

 

Energie et capitalisme. Gaz de schiste et nucléaire. Il ne peut y avoir de changement dans le choix énergétique sans socialisme.

 

La question de l’énergie est directement liée au développement du capitalisme et à son fonctionnement car le système capitaliste, basé sur la recherche du profit et la croissance illimitée de la production, ne peut se développer sans énergie.

L’industrie s’est développée grâce à la mécanisation des moyens de production, d’échange et de transport. Cela a été possible grâce à l’invention de la machine à vapeur qui a permis à la grande industrie de connaître un essor sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Cette mécanisation a été rendue possible par la transformation des énergies combustibles en énergie mécanique.

Sans énergie, il n’y aurait pas de transport de gros volumes, pas d’extraction de matières premières à grande échelle, pas de machine pour produire ; et sans machine, pas de production de marchandise, donc pas de profit et pas de capitalisme.

L’énergie est la pierre angulaire du développement du capitalisme et un facteur décisif pour la continuité du système (d’où des guerres pour le contrôle des ressources comme la guerre d’Irak pour le pétrole, ou la guerre impérialiste contre Kadafi).

Le système capitaliste, basé sur la loi du profit, impose aux capitalistes d’exploiter les sources d’énergie les moins chers et les plus facilement exploitables à grande échelle. La première source d’énergie exploitée à échelle de masse pour la grande industrie fut le charbon, puis le pétrole, enfin, le nucléaire pour la production électrique.

Les sources d’énergies fossiles ne sont pas renouvelables, et les  sources facilement exploitables commencent à s’épuiser. Pourtant, plutôt que de s’orienter vers des énergies alternatives, les capitalistes continuent dans leur fuite en avant de recherche des énergies fossiles même si les méthodes d’extraction sont de plus en plus polluantes, coûteuses, risquées, et que la population y est de plus en plus hostile.

Ex : sables bitumeux où l’extraction de trois barils de pétrole en consomme deux.

 

Le vrai problème, c’est que le secteur de l’énergie est entre les mains de multinationales et de lobbys. Ils ont la suprématie sur le contrôle et la gestion du secteur et rejettent tout changement de grande ampleur dans les choix des ressources énergétiques et pour le financement de la recherche (90% de l’investissement dans la recherche énergétique va au nucléaire).

Aujourd’hui, si le secteur des énergies renouvelables existe, c’est uniquement parce que le capitalisme y développe un marché (par rapport à une demande).

Il y a également une demande de certains élus, mais les politiques, en restant dans le cadre des institutions capitalistes, se mettent de fait au service des capitalistes, et font un politique écolo de façade pour se donner bonne conscience et tromper leurs électeurs.

Les partis politiques institutionnels ne peuvent pas avoir de politique environnementale car en restant dans le cadre du capitalisme, ils acceptent son fonctionnement anarchique de la production afin de produire seulement en fonction des profits. Ils acceptent de fait la suprématie des multinationales qui dictent leurs lois sur l’énergie pour leurs profits et contre les besoins et revendications de la population et de la planète.

 

Gaz de schiste

 

Qu’est-ce que le gaz de schiste ?

C’est un gaz présent en grande profondeur, entre 1000 et 3000 mètre. Il est présent dans presque toutes les régions du monde. C’est un gaz qui est prisonnier de la roche mère.

 

La différence entre le gaz de schiste et le gaz conventionnel :

Gaz conventionnel : forage jusqu’à une poche de gaz et extraction de ce dernier.

Gaz de schiste (dit non conventionnel) : utilisation de la technique de la fracturation hydraulique créée en 1947 aux USA. Cette technique consiste à forer le sol verticalement puis horizontalement dans la couche de schiste, entre 1000 et 3000 mètres de profondeur.

Ensuite, une explosion est déclenchée  pour créer des brèches.

La fracturation consiste à injecter de l’eau dans le puits de forage (entre 10000 et 20000 mètres cubes) ainsi que de nombreux produits chimiques (environ 600) ainsi que du sable à très forte pression (600 bars).

Cette technique permet au gaz d’être libéré de la roche.

 

Les pollutions :

L’eau, avec risque de pénurie, en sachant qu’un puits peut être fracturé 17 fois avec les quantités d’eau mentionnées plus haut.

Les nappes phréatiques si le puits n’est pas étanche, risque du rejet des produits chimiques, ainsi que dans les rivières.

L’air, avec d’importants rejets de CO² du fait de l’approvisionnement par camion de l’eau, des produits chimiques, ainsi que de l’évacuation du gaz.

Pollutions sonores.

Risque de pluies acides, dues à la décantation des eaux dans d’immenses réservoirs, mélangées aux produits chimiques qui remontent en même temps que l’extraction du gaz.

Pollution du sol et du sous-sol, dans lequel reste une grande partie des produits chimiques.

Destruction des paysages, en sachant que la distance entre deux puits est de 200 mètres et qu’il faut environ 3 hectares de surface pour exploiter un puits.

Risque de tremblement de terre pouvant aller jusqu’à 4.5 sur l’échelle de Richter.

 

Comment la résistance s’organise ?

Aux USA et au Canada, l’exploitation du gaz de schiste a commencé il y a plusieurs années, avec des accidents réguliers sur les puits et des régions entières polluées.

Malgré les expériences désastreuses dans ces pays, Borloo, ministre de l’environnement à l’époque, a accordé plusieurs permis d’exploration dans toute la France, dont trois en mars 2010 à des multinationales dont Total ou Texan Schuepbach. Tout cela dans la plus grande opacité, sans information ni à la population, ni aux élus. Les premières infos sont sorties fin 2010 et les premières réunions d’information ont été organisées début 2011. Elles ont réuni beaucoup de monde, dans certains villages, il y avait plus de personne dans la réunion que d’habitants dans le village.

Il y a eu également plusieurs manifestations, dont celle de Villeneuve de Berg (Ardèche) qui a réuni plus de 15000 personnes.

Certains maires ont également pris des arrêtés municipaux interdisant l’exploration de gaz de schiste sur leur commune, nous verrons plus loin que ces arrêtés sont inefficaces.

C’est Europe Ecologie Les Verts (EELV) qui « gère » la résistance contre le gaz de schiste, ainsi que les collectifs. Mais, le plus gros de leur combat s’est mené sur le plan institutionnel, avec bien peu de répercussions.

Le Front de Gauche et le PS cherchent également à tirer leur épingle du jeu. Toutefois, les élections cantonales n’ont pas vu ces trois formations politiques avoir des scores influencés par le sujet.

 

Quelle est la législation en matière de gaz de schiste ?

En France, le sous-sol appartient à l’Etat. C’est l’Etat qui concède l’exploitation de son sous-sol via un titre minier à une multinationale.

Avec ce titre, la multinationale peut-exploiter le sous-sol, mais aussi utiliser le terrain en surface même sans accord du propriétaire.

Le rôle de l’Etat est de donner carte blanche pour l’exploitation, même si c’est contre les intérêts sociaux ou environnementaux de la population.

 

Comment a réagi le gouvernement face aux mobilisations ?

Depuis le début, le gouvernement joue sur le pourrissement du mouvement. Pourtant, devant la mobilisation, il a fini par reculer sur trois permis, ceux de Montélimar, Villeneuve de Berg et Nant, zones géographiques où la contestation était la plus forte et la mieux organisée, pour faire baisser les tensions à l’approche des élections.

Les étapes :

 1. Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM) ministre de l’environnement, a nommé une mission d’expertise au mois de mars. Cette mission a rendu un rapport favorable à l’exploration du gaz de schiste.

Cette mission était composée d’ingénieurs des mines et des ponts et chaussées. Ces ingénieurs détiennent le monopole de l’expertise technique. L’incompétence technique des politiques laisse carte blanche à ces fonctionnaires d’Etat qui ont influencé au cours des siècles les orientations énergétiques de la France, comme le choix du nucléaire et aujourd’hui, le soutien au gaz de schiste.

2. Trois projets de lois ont été déposés à l’Assemblée Nationale.

Un du PS, un de Borloo, Un de l’UMP.

C’est le projet de loi UMP qui a été voté, en procédure d’urgence, mais il a été vidé de son contenu. Au début, il mentionnait l’interdiction d’exploration, d’exploitation du gaz de schiste ainsi que l’abrogation des permis délivrés.

Au moment du vote, il ne contenait plus que l’interdiction d’exploration et d’exploitation du gaz de schiste par fracturation hydraulique, laissant ouverte toute possibilité ou manipulation des termes.  D’ailleurs, dans l’été, une multinationale Suisse a annoncé qu’elle allait poursuivre l’exploration en sud Ardèche, avec une toute autre technique, la fracturation conventionnelle. Au lieu de l’eau, c’est de la vapeur qui est injectée, mais les risques sont les mêmes pour l’environnement.

 

Réaction des lobbys et des multinationales de l’énergie.

Les lobbys comme l’UFIP (Union Française des Industries Pétrolières), ainsi que les multinationales ont mené campagne pour l’exploitation du gaz de schiste, minorant largement les problèmes rencontrés en outre Atlantique, car, leur principal argument, c’est qu’en France, il y aura plus de surveillance. Un autre, c’est l’indépendance énergétique de la France. Ils jouent sur le pourrissement du mouvement, distillent leur propagande, et méprisent les populations. En Ardèche, une multinationale poursuit des maires en justice pour abus de pouvoir, car ils ont pris des arrêtés municipaux interdisant l’exploitation du gaz de schiste. Et la loi lui donne raison car le code minier est prioritaire.

De plus, les multinationales qui se sont vues retirer leur permis voudraient se faire dédommager par l’Etat.

 

Nucléaire

 

L’énergie nucléaire représente un danger important pour l’humanité et la planète. L’utilisation d’éléments radioactifs pour produire cette énergie provoque de lourdes conséquences sur la santé et l’environnement. Soit disant sûre, cette énergie est déjà responsable de deux catastrophes majeures, Fukushima et Tchernobyl, sans compter les accidents réguliers dans les centrales ainsi que les déchets radioactifs.

Minimisant les risques, les politiques au gouvernement, vassaux des multinationales et des lobbys du nucléaire, continuent de soutenir ce secteur. Même dans les pays où les gouvernements annoncent une sortie du nucléaire, cela ne se fait qu’au détriment des populations, annonçant clairement le choix d’autres énergies polluantes plutôt que de développer les énergies renouvelables. Et, la durée nécessaire annoncée par les politiques pour sortir du nucléaire laisse présager que ce qu’un gouvernement aura décidé aujourd’hui pourra être démantelé par un autre dans l’avenir. Comme toujours, ce sont les populations qui sont les premières victimes des choix énergétiques imposés par les multinationales aux gouvernements.

 

Nucléaire, radioactivité, pollution.

Le nucléaire utilise la technologie de la fission d’atomes (casse d’atomes). Les éléments radioactifs, tel que l’uranium ou le plutonium, produisent de grandes quantités d’énergie lorsque leurs atomes se cassent. C’est la fission. Au cours de cette fission, il y a un  dégagement de radiations qui endommagent les cellules vivantes.

Les pollutions dues à la radioactivité sont aujourd’hui disséminées sur l’ensemble de la planète, dans les airs, les océans, les terres. Les zones à proximité de Tchernobyl sont contaminées pour des siècles.

Les sources de pollution sont multiples, allant des mines d’uranium qui polluent les régions d’extraction, les rejets des réacteurs nucléaires, sans compter les catastrophes, ou encore les déchets qui représentent une menace pour des millénaires.

 

La réalité du nucléaire.

A l’échelle française, le nucléaire représente 80 % de l’électricité produite. C’est un choix politique technocratique imposé sans consultation de la population ou du parlement.

Pourtant, si on s’attarde sur les chiffres, le nucléaire ne représente plus que 23 % de l’ensemble de l’énergie produite en France, et moins de 2 % au niveau mondial. Et comme pour toutes les ressources d’énergie, les réserves d’uranium sont limitées.

En France, la classe dirigeante ne jure que par le nucléaire, sous prétexte que cette énergie est moins polluante (peu de rejet de CO²) et peu chère.

C’est faux ! Si l’énergie nucléaire semble bon marché, c’est parce qu’elle est subventionnée, tout comme la recherche. Et le coût du démantèlement des centrales n’est pas pris en compte. La cour des comptes estime à 43 milliards d’euros le démantèlement du parc nucléaire français existant, chiffre largement sous-estimé.

En réalité, l’énergie nucléaire représente un fleuron majeur de l’économie française.

 

Peut-on sortir du nucléaire ?

Le choix du nucléaire est un choix imposé aux populations alors que ces dernières y sont largement opposées malgré la propagande gouvernementale et des multinationales du nucléaire.

Comme dans tous les secteurs marchands, le secteur de l’énergie est soumis à la loi du profit et de la concurrence. Tant que ce secteur restera dans les mains de multinationales, les choix énergétiques pour l’avenir seront confisqués à la population.

C’est pour cette raison que seule la nationalisation du secteur de l’énergie sous contrôle et gestion des travailleurs, sans indemnité ni rachat, pourra permettre à la population de décider de l’avenir énergétique.

La nationalisation permettrait dans un premier temps de renforcer la sécurité et réduire les risques, pour les travailleurs du nucléaires, mais aussi les risques de catastrophe, conditions que les multinationales n’assurent que partiellement pour faire plus de profit.

Cette première étape permettra de choisir d’investir massivement dans la recherche scientifique publique vers les énergies renouvelables, et un investissement massif pour le développement des énergies alternatives. Il faudra aussi réduire les gaspillages d’énergie, et convertir progressivement les emplois des travailleurs du nucléaire.

 

Pas de changement énergétique sans socialisme.

 

Le nucléaire, comme le gaz de schiste, pose la question de qui décide de quoi. Fukushima, comme la question du gaz de schiste en France, prouvent que ce sont les multinationales de l’énergie qui décident quelle énergie sera produite au détriment d’autres, avec pour seul objectif le profit maximum à court terme, quelques en soient les conséquences sur la population ou la planète.

Les politiques, au service des classes dirigeantes, se moquent des revendications de la population. Ils reculent seulement si la contestation remet en cause leur avenir politique (recul du gouvernement sur le gaz de schiste à six mois des élections). Cependant, rien n’est gagné, car il n’est pas impossible qu’un gouvernement futur remette sur la table le dossier gaz de schiste.

C’est pour cette raison que nous ne devons plus laisser ces politiciens au service des capitalistes décider de notre avenir.

Pour appliquer un véritable programme sur l’énergie, nous devons sortir de la voie institutionnelle. Les institutions, l’Etat capitaliste, ne sont pas là pour assurer le bien de la société, mais pour assurer à une classe capitaliste minoritaire sa domination sur toutes les autres classes sociales de la société. C’est pour cela que le choix du nucléaire nous a été imposé.

 

Les choix énergétiques, tout comme les désastres écologiques qu’ils provoquent ou le pillage des ressources, sont le résultat du fonctionnement du capitalisme lui-même.

Ce système économique, basé sur la recherche du profit et la vision à court terme est incompatible avec les considérations environnementales. Pour changer de politique énergétique, nous devons engager un processus de changement de société pour aller vers le socialisme, car jamais les capitalistes ne se laisseront dicter de lois par les populations.

Le socialisme représente le seul projet de société viable pour sauver la planète et l’humanité.

Une société démocratique socialiste aura pour moteur non plus la recherche du profit, mais la répartition des richesses. L’économie de cette société sera organisée démocratiquement par les travailleurs eux-mêmes pour satisfaire les besoins de tous. La nationalisation (propriété collective) des grands moyens de production et la planification démocratique de l’économie sous contrôle des travailleurs et de la population et décidé en fonction des besoins réels de la population permettront d’ouvrir une nouvelle ère où les questions environnementales occuperont une place centrale dans les processus de production et de consommation.

 

Mathieu S.

Partager cet article
Repost0
6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 18:52

Gaz de schiste : trois permis de prospection abrogés dans le sud de la France, piège et manœuvres du gouvernement à l’approche des élections présidentielles et législatives.

 

Gaz huile de schiste manifestation du 26 février à Villeneuve de berg ArdècheLe lundi 3 octobre 2011, un communiqué de presse du ministère de l’écologie et du ministère de l’industrie et de l’énergie annonçait que le gouvernement abrogeait trois permis exclusifs de recherche de gaz de schiste, ceux de Nant, Villeneuve de Berg et Montélimar. Selon le communiqué, sur les 64 permis de recherche en France, seules les multinationales des trois permis abrogés avaient prévu de rechercher des gaz et huiles de schiste par de mauvais procédés, les autres ayant renoncé pour se limiter à des gisements conventionnels ou des techniques de recherche différentes. L’ensemble des décisions concernant les permis sera publié le 13 octobre au journal officiel.

 

Manœuvres du gouvernement à l’approche des élections.

 

A sept mois des élections présidentielles, Sarkozy, au plus bas dans les sondages, n’a d’autre choix pour s’en sortir que d’abroger ces trois permis afin de calmer les populations concernées. Il l’a annoncé officiellement mardi 4 octobre 2011 lors d’un discours à Alès (Gard). Il a également dit que « dans les autres régions françaises, grâce à la loi Jacob du 13 juillet 2011, les exploitants ne pourraient pas procéder à l’exploitation des gaz et huiles de schiste par la technique de fracturation hydraulique ». En abrogeant ces trois permis, Sarkozy désamorce la contestation des populations des territoires où la mobilisation est la plus forte et le mieux organisée.

 

Total et le permis de Montélimar : entre ambiguïté et mépris des populations.

 

Total, détenteur du permis de Montélimar (permis qui couvre en réalité plus de 4300 km² sur les départements de la Drôme, de l’Ardèche, du Gard et de l’Hérault), s’est dit « très surpris » par l’abrogation de son permis.

Suite à la loi de juillet 2011 interdisant la fracturation hydraulique, les multinationales de l’énergie détentrices des permis avaient jusqu’à mi-septembre pour remettre leur rapport afin d’indiquer quelle technique elles comptaient utiliser.

La multinationale texane Schuepbach (détentrice des permis de Villeneuve de Berg et Nant), n’a pas renoncé à l’utilisation de la technique de la fracturation hydraulique pour l’exploitation de gaz de schiste, d’où l’abrogation de ses permis.

Total, comme les autres multinationales détentrices de permis, s’était engagée à ne pas recourir à la fracturation hydraulique. C’est donc sur de simples rapports écrits que se base le ministère de l’écologie pour laisser aux multinationales poursuivre l’exploitation, bien qu’il annonce que des inspections seront menées.

Nathalie Kosciusko-Morizet, pour le rapport remis par Total, l’a jugé « pas crédible ». Total a annoncé dans son rapport vouloir poursuivre les recherches avec d’autres techniques. Pour NKM, « ces techniques ne sont pas opérationnelles ».

Total pourrait demander des comptes au gouvernement. Le géant de l’énergie précise : "Nous attendons donc maintenant de recevoir la notification de cette abrogation pour comprendre sur quelles bases légales ce permis serait abrogé".

 

Non à la manipulation du gouvernement, la lutte doit continuer.

 

Les manœuvres gouvernementales vont s’accélérer à l’approche des élections. Les médias eux-mêmes, au cours de la semaine, ont mené une campagne médiatique sur l’abrogation de ces permis d’exploration de gaz de schiste qui va semer le doute dans la population. Pourtant, les prospections vont continuer. Certes, la loi de juillet interdit la technique de la fracturation hydraulique, mais d’autres multinationales ont déjà annoncé d’autres techniques, comme la fracturation conventionnelle, toute aussi dangereuse et polluante. Nous le constatons, l’enjeu politique l’emporte temporairement sur les enjeux économiques des multinationales de l’énergie. Qu’en sera-t-il après les élections ?

 Les multinationales maintiennent la pression sur le gouvernement, argumentant sur les quantités gigantesques et l’indépendance énergétique possible grâce au gaz de schiste présent dans le sous-sol français.

La seule réponse que nous pouvons apporter, c’est la lutte, la mobilisation contre ces multinationales dont le sort de la population et de l’environnement importe bien peu tant qu’ils réalisent des profits.

 

Mathieu S.

Partager cet article
Repost0
28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 20:42

Nous sommes attaqués de tous les cotés par un système financier qui ronge d'abord les plus modestes puis maintenant, une large couche de gens plus aisés. Des scandales sont régulièrement mis à l'ordre du jour concernant des épidémies de maladies, voire des morts dus à des denrées alimentaires à bas coût vendues sur les marchés de la grande distribution. Tous, nous sommes émus et pris de dégout pour cette société qui est prête à tout, quitte à risquer de nous tuer pour faire des profits financiers.

Des fonds d'aides du ministère, en accord avec la CEE, sont régulièrement versés à des agriculteurs. Cela en raison des cours financiers trop bas de leurs marchandises, ainsi qu'une concurrences trop forte rendant les coûts de productions en deçà des recettes. Les producteurs travaillant pour des coopératives ont des quotas à respecter et n'ont rien d'autre à faire que de jeter leurs surplus de production. Travailler pour la grande distribution, c'est entrer dans le jeu des multinationales et devenir dépendant des prix qu'elles imposent. Les ouvriers agricoles font partis des travailleurs les plus pauvres ayant des contrats saisonniers peu rémunérés et flexibles. Ils sont rabaissés au plus bas dans les périodes creuses, avec une assurance chômage revue à la baisse.

Dans l'ère du « bio », ce sont de plus en plus des semences hybrides auxquelles on impose des normes rigoureuses voire drastiques. Ainsi, le producteur perd son énergie et n'a pas la marge pour se rentabiliser. Des jeunes, souhaitant s'installer comme exploitant agricole, se retrouvent confrontés à des lois d'urbanisation qui les en empêchent. Les yourtes, les mobile homes, les caravanes, les cabanes ou autres, sont dans le collimateur de l'état qui souhaiterait les voir disparaître. Lorsqu'un petit paysan se met à son compte, le seul moyen pour lui de survivre est de passer ses journées sans compter les heures. Il n'a pas la possibilité d'alléger sa charge de travail s'il veut tenir en vie son exploitation agricole.

Lorsque manger devient un luxe, qu'une flute de pain représente un 30éme du salaire au SMIC, que le chômage s'étend sur les travailleurs, ils ont recours au pain de mie bourré d'agents chimiques pour se nourrir, ainsi que tous les autres aliments de la « mal-bouffe ». La lutte des classes est présente depuis le début de la civilisation, nous sommes des travailleurs aliénés pour le profits de quelques uns, tout comme l'ont été nos ancêtres dans la servitude et encore avant, comme esclaves. Des optiques d' autogestion et de recours à l'économie locale sont mises en avant. Cela est positif mais les bourgeois qui appliquent les lois auront toujours un coup d'avance et choisiront toujours nos moyens d'existence. Ils n'hésitent pas à reprendre nos acquis que nous avons gagnés dans le sang des luttes passées ou dans les luttes en cours dans d'autres pays. Beaucoup pensent pouvoir se battre individuellement à travers des associations, des collectifs ou des organisations se disant apolitique ou du moins sans bannière de parti. L'histoire a montré la traitrise du Parti Socialiste qui ne se bat que pour les intérêts de la bourgeoisie. De plus, ce parti à des alliés à sa gauche comme le Parti de Gauche ou le Front de Gauche qui ne sont pas prêts à sortir de l'économie actuelle mais qui voudraient la modérer et la moraliser.

Le taux d'abstention montre le désintérêt et la désillusion de ceux qui sont à même de voter. Qui représente les intérêts des travailleurs? Qui s'intéresse aux travailleurs à part les travailleurs eux-mêmes ! Pour sortir de l' économie capitaliste, il faut la renverser. Pour cela, nous avons besoin d'un parti de masse organisé et qui lutte avec la volonté de créer une société socialiste et démocratique qui mettrait fin aux inégalités. La décentralisation des moyens de production se fera en les nationalisant sous le contrôles des travailleur. C'est ainsi qu'on pourra en venir à une économie locale viable. La croissance économique et l'augmentation des productions, par la division du travail entre tous, devraient permettre un partage total des richesses. Pour cela, la plus value qui va aux seuls bénéficiaires que sont les propriétaires doit disparaître.

Les luttes locales reparties dans le monde rural et urbain sont toutes différentes les unes des autres. Pourtant, elles se confrontent toutes aux mêmes problèmes : la pauvreté, la routine d'un emploi rébarbatif qui est sans cohésion avec son propre bien être, le chômage de plus en plus présent, les services publiques qui tendent à disparaitre. Notre marge de manœuvre est inexistante dans les partis bourgeois. Notre considération ne sera reconnu que dans notre propre parti de masse, luttant pour nos propres intérêts. Nous tendons à cet objectif et c'est ensemble que nous pouvons le construire et en finir avec la propagande mensongère et xénophobe des instruments du pouvoir qui nous gouvernent.

 

Mathieu Jardin

Partager cet article
Repost0
8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 21:44

Gaz de schiste : une loi inutile face à l’avidité des multinationales

 

Gaz huile de schiste manifestation du 26 février à Villeneuve de berg Ardèche

Suite aux mobilisations d’ampleur qui ont eu lieu au printemps dans toutes les régions françaises concernées par la prospection de gaz de schiste, le gouvernement s’est empressé de faire voter une loi pour calmer la population à moins d’un an des élections présidentielles et législatives. Pourtant, cette loi, dont se félicitent les élus UMP, ne répond en aucun cas aux revendications de la population. Elle laisse ouverte la possibilité de prospection et d’exploitation du gaz de schiste, seule la méthode de la fracturation hydraulique y est interdite.

 

Une loi qui fait pschiste ! ! !

 

Alors que la population s’est largement mobilisée sur le terrain au travers de réunions d’information, de manifestations et de créations de collectifs, que les collectifs contre les gaz et huiles de schiste sont en pleine préparation du rassemblement fin août 2011 à Lézan (Gard) "Energie : convergence pour une transition énergétique pour la planète", les élus du PS et d’Europe écologie les verts se sont « battus » sur le terrain parlementaire… sans grand succès.

Dans le système capitaliste, le débat parlementaire souvent stérile s’achève rarement par des avancées pour la population. Le sujet du gaz de schiste n’a pas fait exception !

Trois projets de lois ont été déposés à l’assemblée nationale, un du PS, un de Jean-louis Borloo, qui, ministre de l’écologie en mars 2010, avait lui-même autorisé la prospection du gaz de schiste, et un du député UMP Christian Jacob.

C’est le projet UMP qui a été retenu par le gouvernement en avril 2011, et la procédure d’urgence a été décidée pour que ce projet de loi soit étudié avant les deux autres.

A l’origine, ce projet de loi proposait l’interdiction de l’exploitation du gaz de schiste en France ainsi que l’abrogation des permis déjà accordés aux multinationales. Au fil des semaines, le contenu s’est vidé, les parlementaires votant finalement une loi interdisant uniquement la fracturation hydraulique comme méthode d’extraction. L’UMP se félicite de cette loi qui laisse ouverte la possibilité d’exploiter le gaz de schiste, quelque soit la méthode employée même si elle s’avère plus polluante et dangereuse que la fracturation hydraulique.

La loi à peine votée, la multinationale suisse Mouvoil, détentrice du permis de recherche du bassin d’Alès, a informé plusieurs maires du sud de l’Ardèche et du Gard du début d’exploration du pétrole de schiste à l’Automne par une toute autre méthode que la fracturation hydraulique, la fracturation conventionnelle. Cette méthode, certes différente de la fracturation hydraulique, n’en reste pas moins tout aussi dangereuse pour l’environnement et consomme encore plus d’énergie pour l’extraction du pétrole. Pour résumé, la méthode de la fracturation conventionnelle consiste à forer le sol verticalement puis horizontalement à une profondeur d’environ 1200 mètres. Là où la méthode diffère, c’est que c’est de l’acide chlorhydrique  qui est injecté dans le puits afin de dissoudre le calcaire. Ensuite, des solvants et de la vapeur d’eau chauffée à 250° sont injectés afin de liquéfier les hydrocarbures.

Cette annonce de la multinationale prouve que la loi votée ne sert à rien. Compromis accepté par le gouvernement pour calmer la population, il laisse aux multinationales la liberté d’exploiter.

 

C’est sur le terrain, tous ensemble, que nous devons lutter contre les multinationales

 

Le « combat » parlementaire va se poursuivre à l’Automne, les députés et sénateurs PS et EELV ayant déjà annoncé leur intention de déposer un projet de loi contre l’exploration et l’exploitation de gaz et huile de schiste pour la rentrée. Pourtant, il n’y a aucune chance de voir aboutir de tels projets avec le gouvernement Fillon. Eric Besson, ministre de l’énergie et fervent défenseur des gaz et huiles de schiste, ainsi que du nucléaire, fait tout pour que les explorations se poursuivent en France, même par fracturation hydraulique. En juin, il se disait favorable à l’expérimentation de la fracturation hydraulique. Selon lui, la France ne doit pas fermer les portes aux perspectives de développement que représentent les huiles et gaz de schiste, vu le « potentiel » que détiendrait le sous sol français.

Il faut bien comprendre que ce n’est pas une prétendue indépendance énergétique, ou le souci de préserver l’environnement qui sont les moteurs du capitalisme mais bien le développement de nouveaux marchés pour les multinationales et de profits annoncés. Les politiques ainsi que les institutions ne sont pas au service de la population mais bien du système économique capitaliste basé sur la recherche exclusive du profit à court terme.

C’est pour ces raisons que la lutte doit se dérouler dans l’action, par des mobilisations de masse. Mais, nous savons très bien qu’un mouvement de masse même radicalisé aura des difficultés à faire reculer le gouvernement au service des capitalistes si les revendications ne vont pas au-delà de la lutte contre le gaz et l’huile de schiste.

La question énergétique est un enjeu majeur pour le capitalisme, et c’est sur l’ensemble du secteur de l’énergie que nous devons mener la lutte, pour choisir nous-même les choix énergétiques, la production et les transports qui auront le moins d’impacts sociaux et environnementaux. Ces choix ne peuvent pas être décidés par les travailleurs et la population sous le capitalisme, système où une minorité de capitalistes possèdent l’ensemble des moyens de production et d’échange, et décident en fonction de leurs profits de ce qui sera produit et comment, quelque en soient les conséquences pour l’homme ou la planète.

 

C’est pour ces raisons que nous devons lutter pour une autre société, le socialisme

 

L’économie de cette société socialiste ne serait plus basée sur la recherche du profit, mais sur la répartition des richesses. Dans cette société démocratique, ce n’est plus une minorité de personnes qui gèrerait la société mais l’ensemble des travailleurs. La production ne serait plus réalisée en vue d’une consommation en constante croissance afin de réaliser des profits, la production collective, sous la forme d’une planification démocratique de l’économie sous le contrôle des travailleurs et de la population, viserait à satisfaire les besoins réels de tous.

C’est seulement dans une société démocratique socialiste que nous pourrons choisir, tous ensemble, quelles énergies utiliser pour assurer l’avenir de la planète, sortir des énergies fossiles et nucléaires, réduire massivement les gaspillages d’énergie et de transport, et investir largement dans les énergies renouvelables.

Certes, la transition énergétique ne se fera pas en un jour sous le socialisme !

Sous le capitalisme, elle ne se fera certainement pas !

 

Mathieu S. GR Drôme

 

Tous nos articles sur le sujet  Ecologie / Gaz de schiste

Partager cet article
Repost0
21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 21:15
dossier : pour en finir avec le nucléaire, il faut une alternative socialiste ! Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
06-06-2011
Nous publions ici 4 articles qui constituent le dossier central de l'Egalité n°149 :

 

 

 - La planète ou le capitalisme :
pour sauver l’un il faut détruire l’autre

- Après Fukushima, les capitalistes vont continuer !

 -Quel mouvement contre le nucléaire ?

-Un programme socialiste pour sortir du nucléaire

 

Dernière mise à jour : ( 06-06-2011 )

Lire la suite...

 

La planète ou le capitalisme :
pour sauver l’un il faut détruire l’autre
L’énergie nucléaire est aujourd’hui remise en cause par l’ensemble des populations mondiales. 25 ans après Tchernobyl, la catastrophe de Fukushima rappelle de douloureux souvenirs. Ceux d’une époque où l’on se rendait compte que l’énergie nucléaire n’était peut-être pas aussi inoffensive que ce que l’on nous racontait.
Les capitalistes nous répètent sans cesse depuis des mois que personne n’aurait pu prévoir ce qui s’est passé au Japon, c’est la faute de la nature. Certes le séisme de magnitude 9,0 qui est survenu au large des côtes Nord-Est du Japon le 11 mars 2011 est bien d’origine naturelle ; cependant construire quatre centrales nucléaires abritant quatorze réacteurs au-dessus ou près de lignes de failles majeures l’est moins. Au séisme et au tsunami qui ont touché les travailleurs et ont fait 28 000 morts et disparus, s’ajoutent aujourd’hui les risques dus à l’entrée en fusion de trois cœurs nucléaires, des piscines d’entreposage de combustible irradié utilisé sont en danger (avec 1.700 tonnes de déchets nucléaires entreposés depuis une quarantaine d’années), les radiations s’étendent…

Les mensonges de TEPCO

TEPCO (Tokyo Power Electric Company, premier producteur d’énergie privé au monde), qui a en charge les réacteurs de Fukushima, avait falsifié une trentaine de rapports d’inspection des réacteurs nucléaires au cours des années ‘90. En 2009, l’Agence de sécurité nucléaire avait fait état de problèmes dans plus de la moitié des réacteurs nucléaires du pays ! Au Japon, 80% des travailleurs du nucléaire sont des sous-traitants recrutés parmi les couches les plus pauvres de la population. Ces travailleurs non qualifiés sont engagés pour quelques jours, parfois quelques semaines, pour effectuer les tâches les plus dangereuses au cœur des centrales nucléaires. En 2003, un reportage du journal El Mundo a révélé que la centrale de Fukushima Daiichi allait jusqu'à recruter des sans-abris ! Car les travailleurs les plus précaires et les plus démunis sont ceux qu’ils peuvent payer avec les plus bas salaires et dans des conditions de sécurité minimales. On sait par exemple que trois techniciens ont été irradiés après avoir marché dans des flaques d'eau contaminées, sans bottes adaptées.
Ils nous assurent aussi que tout est sous contrôle. Ce sont les mêmes qui, il y a vingt cinq ans, nous assuraient qu’un nuage radioactif s’arrêtait aux frontières. Depuis le début de la catastrophe le gouvernement et les responsables de TEPCO multiplient les déclarations contradictoires. Ils n’ont même pas été en capacité de mesurer la gravité des dégâts. Ils ont été dépassés par la situation et ont donc été incapables de prendre les mesures nécessaires qui auraient permis de limiter les dégâts. Ainsi on a vu se succéder «spécialistes» (à la botte de TEPCO) et politiciens pour tenter de nous rassurer : tout allait bien se passer !
Aujourd’hui, bien que le gouvernement tente de minimiser l’incident, il a été obligé d’admettre que la catastrophe est au même degré de gravité que celle de Tchernobyl. Les mesures des effets de la radioactivité sur les êtres vivants sont très élevées : plusieurs milliers de fois supérieures à la normale dans certains endroits. Des restrictions sur plusieurs aliments sont mises en place dans le monde entier. Fukushima passe donc au 7ème degré sur l’échelle des incidents nucléaires.

Hypocrisie des capitalistes

Il y en a, cependant, qui ont bien vite compris qu’il ne faisait pas bon s’éterniser au Japon. Ce sont tous ces businessmen qui ont massivement quitté le pays par les premiers vols. Les jeunes et les travailleurs Japonais n’ont, quant à eux, pas les moyens de prendre un avion et de refaire leur vie à l’autre bout du monde. Là encore ce sont toujours les mêmes qui paient la facture. La population n’est pas dupe et a décidé de se faire entendre : des milliers de personnes ont manifesté dans les rues de Tokyo, dimanche 25 avril, pour réclamer la sortie du nucléaire et le développement des énergies renouvelables.
Ces dernières années le capitalisme japonais est devenu extrêmement dépendant de l'énergie atomique, les réacteurs nucléaires fournissant 30% de l'alimentation énergétique du pays. Les autorités organisent dorénavant un roulement des coupures d'électricité dans le Japon oriental, et invitent la population à économiser sa consommation d'énergie. Ce qui va avoir de fortes conséquences sur l’économie du pays. La production des usines a chuté de 15,3 % par rapport à celle de février.
Il ne faut cependant pas croire qu’il n’y a qu’au Japon qu’il y a des risques liés à l’énergie nucléaire. L’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) a averti que 20% des centrales nucléaires du monde se situent sur des zones d’activité sismique «significatives». Pour les capitalistes, même des milliers de morts ne font pas le poids face aux millions qu’ils amassent.
Cassandra Desannaux

Après Fukushima, les capitalistes vont continuer !

 Quels que soient les risques encourus par l’exploitation normale de cette énergie ou lors des catastrophes nucléaires, les capitalistes ne renonceront pas à cette manne financière génératrice de profits énormes à court terme, si on ne les y oblige pas par notre mobilisation. La construction en Turquie, en bord de mer sur une faille sismique, d’une centrale nucléaire par la société russe Rosatom, pour 20 milliards de dollars, en est la preuve. Qu’importe les risques pour les populations et pour l’environnement. Que l’on ne s’y trompe pas, la gestion par AREVA, l’entreprise française qui exploite l’énergie nucléaire, n’est pas plus limpide que celle de TEPCO au Japon ou que celle de Rosatom. Nous avons seulement la chance, en France, d’être dans une zone faiblement sismique.

Des catastrophes en puissance

Des catastrophes nucléaires surviendront donc encore ! D’ailleurs, si l’on s’intéresse à d’autres types de catastrophe industrielle, les marées noires successives depuis 50 ans, du Torrey Canyon en 1967 jusqu’à l’Erika en 1999, en passant par l’Amoco Cadiz en 1978 ou l’Exxon Valdez en 1989, ont-elles empêché British Petroleum d’engendrer en 2010 dans le Golfe du Mexique, par négligence due à l’appât du gain, la pire marée noire qu’ait connu le monde? Cette société, avec d’autres firmes pétrolières, est aussi accusée de polluer le delta du Niger : en un demi-siècle, 1,5 millions de tonnes (soit entre 10 et 15 millions de barils) y ont été déversées !
L’augmentation inéluctable du prix du pétrole et sa disparition à terme imposent aux capitalistes et leurs gouvernements de chercher des filières énergétiques alternatives. Et des alternatives au pétrole et au nucléaire existent, moins polluantes et moins dangereuses. Mais malgré cela, malgré les catastrophes à la chaîne et la pollution quotidienne, les capitalistes et les gouvernements continuent sur leur lancée les programmes nucléaires et accentuent même les problèmes.
La construction des EPR, centrales de 3ème génération, encore plus puissantes, et donc plus dangereuses, n’est pas remise en cause. Pourtant les risques liés à de tels sites existent. La conception des EPR, dont les projets s’exportent à l’étranger (USA, Chine, Finlande) est entaché de défauts mis en lumière par plusieurs rapports internes classés secret-défense qui ont été révélés entre autre par le réseau «Sortir du nucléaire» : explosion de vapeur en cas de fonte du cœur et de destruction de l’enceinte de confinement, destruction du site suite à la chute d’un avion de ligne, dysfonctionnement du système informatique de sûreté, inondation du système de refroidissement…

Des arguments bidons !

Les défenseurs de l’exploitation de l’énergie nucléaire, de Sarkozy au Parti communiste en passant par les lobbies du nucléaire, avancent généralement trois types d’arguments totalement fallacieux : l’indépendance énergétique de la France alors que nous sommes obligés d’aller chercher de l’uranium dans des pays comme le Niger. Mais peut-être considèrent-ils le Niger comme un département français ?!
Le coût immédiat d’exploitation de cette énergie serait en apparence moindre ? Il permettrait donc de fournir une électricité moins chère et surtout de faire des profits importants à court terme. Cela est en partie dû au fait que les entreprises du nucléaire sont sous perfusion constante de financements publics, depuis la recherche jusqu’à l’exploitation industrielle, faisant porter le coût sur notre dos. Si nous avons une électricité relativement peu chère (bien qu’en constante augmentation) c’est parce que nous la finançons par nos impôts en amont.
De plus, à long terme, le retraitement ou  le stockage des déchets, le démantèlement des anciennes centrales et le travail de dépollution nécessaire, rendent cette énergie bien moins compétitive que les énergies renouvelables. D’ailleurs les «ratés» du nucléaire, tel Superphénix qui a été fermé après 12 ans d’exploitation continuellement interrompue par des pannes diverses et qui a coûté 9, 7 milliards, témoignent de la cherté de cette énergie.
Le nucléaire ne serait pas polluant ? Les catastrophes nucléaires infirment immédiatement cette thèse. Mais même l’exploitation normale et quotidienne pose des problèmes : l’exploitation minière de l’uranium est très polluante et génère des problèmes sanitaires graves. Et que dire du problème insoluble de la gestion des déchets nucléaires dont on ne sait que faire, hormis vouloir les enterrer avec tous les risques environnementaux et sanitaires à très long terme (pollution de la terre, des nappes phréatiques, etc.).
Laisser le problème aux générations futures sur plusieurs milliers d’années, voilà bien une solution capable de satisfaire les capitalistes : «après moi le déluge, tant que je me fais des profits immédiatement», est la devise de chaque capitaliste !
Il n’y a pas d’avenir dans le nucléaire, comme il n’y a pas d’avenir dans les énergies fossiles, mais les capitalistes n’en ont que faire tant que cela permet d’engendrer des milliards de bénéfices qui viendront remplir leurs coffres. C’est donc bien à ce système, à cette classe sociale parasitaire qui nous mène droit dans le mur, qu’il faut s’en prendre, si on veut en finir avec le nucléaire.
Yann Venier
Quel mouvement contre le nucléaire ?
 La catastrophe de Fukushima, l'incapacité des classes dirigeantes à résoudre cette crise, la menace que de tels événements se reproduisent, conduisent de plus en plus de travailleurs et de jeunes à remettre en question la production d'énergie nucléaire.
Ainsi, la question de «sortir du nucléaire» renforce son écho auprès d'une grande partie de la population. Mais comment peut-on faire pour y arriver ? Quel mouvement peut nous permettre de lutter efficacement contre le nucléaire et les risques majeurs qu'il représente pour la planète et les populations ? Au sein du mouvement alter mondialiste, plusieurs groupes, associations et réseaux (Greenpeace, Sortir du nucléaire, Action climatique-justice sociale) organisent depuis des décennies des actions de sensibilisation et d'information sur les dangers du nucléaire : rassemblements, manifestations, blocage de trains de transport de déchets nucléaires... Se qualifiant souvent d'apolitique, leur objectif est de convaincre l'opinion publique et de peser sur les dirigeants au pouvoir pour envisager le développement des énergies renouvelables, l'abandon du nucléaire, la limitation des consommations d'énergie. Dans la pratique, cela reste sans effet : Sarkozy déclarait, peu de temps après les événements au Japon, que rien ne pourrait affecter la politique du tout nucléaire. Bien évidemment, dans un système où règne la loi du profit et où le nucléaire représente un juteux marché pour l'économie française, l'avenir de la planète et des populations est loin d'être une priorité pour les capitalistes.

Pas de propositions du côté des partis de la Gauche traditionnelle

Suite à la catastrophe de Fukushima, le PS a simplement demandé un audit sur les centrales françaises. Qu'est-ce que cela pourrait changer au problème, sachant qu'au Japon, les autorités vantaient la fiabilité et la sécurité des centrales ? Europe Ecologie se prononce pour un référendum sur la question du nucléaire. Il est illusoire de croire qu'en France, le gouvernement pourrait organiser un tel référendum, et s'il l'organisait, la majorité des forces politiques actuelles étant pro-nucléaires, on se doute que la question posée serait des plus ambiguës. On voit également que des pays comme l'Allemagne qui ont programmé la sortie du nucléaire retardent continuellement la fermeture des centrales ; et pour cause : selon l’hebdomadaire «Der Spiegel», chaque centrale opérationnelle en Allemagne génère en moyenne un millions d’euros de bénéfices par jour. La perle de l'opportunisme va à Nicolas Hulot, dont l'association est sponsorisée par EDF et qui pendant longtemps avait entretenu une position floue sur la question du nucléaire. Aujourd'hui, voulant se positionner comme potentiel présidentiable au sein d'Europe Ecologie - Les Verts, il revoit sa copie déclarant que Fukushima lui a ouvert les yeux et se prononçant pour la sortie du nucléaire et la fermeture des centrales.

 Quel mouvement pour lutter contre le nucléaire ?

Pas question de faire confiance aux classes dirigeantes pour prendre en compte nos intérêts et se soucier réellement de l'environnement. La lutte contre le nucléaire passera donc forcément par la construction d'un mouvement de masse des travailleurs et de la jeunesse. Ce mouvement devra également se construire en lien avec les travailleurs des centrales nucléaires qui sont obligés de travailler pour vivre mais qui ne décident rien et risquent leur vie, subissant plus que quiconque les conséquences de ce type de production d'énergie. Ce combat s'inscrit dans la lutte contre le système capitaliste et les aberrations qu'il génère et pour un système socialiste, où le secteur de l'énergie serait nationalisé sous le contrôle et la gestion des travailleurs.
Lise
Un programme socialiste pour sortir du nucléaire
L'énergie nucléaire représente un danger important pour la planète et l'être humain. Cela n'est pas un scoop. Le non traitement des déchets, les rejets radioactifs dans l'air et l'eau, la pollution engendrée et ses conséquences néfastes semblent peu importer à ceux qui décident de tout sur la planète, les capitalistes. Et pour cause, en France, le nucléaire représente un fleuron majeur de l'économie française. Areva, par exemple, annonce dernièrement que les événements au Japon «n'ont pas eu d'impact significatif sur la performance du groupe au premier trimestre 2011». Le chiffre d'affaire du groupe s'établit à 1,979 milliards d'euros soit une hausse de 2,2%. L'entreprise a également annoncé que son carnet de commandes atteignait 43,5 milliards d'euros au 31 mars 2011.
Des milliards d'euros, des profits gigantesques, voilà les raisons qui poussent les classes dirigeantes à ne jurer que par le nucléaire sans envisager sérieusement le développement d'énergies alternatives. Profits et intérêts des populations sont incompatibles. Or, lutter contre l'expansion du nucléaire et pour en sortir s'impose. Mais cela nécessite un vrai programme de rupture avec le capitalisme et des revendications remettant entièrement en cause le fonctionnement actuel de ce système.

L'énergie hors des mains du privé ! Pour un secteur public de l'énergie !

Dans de nombreux pays, le secteur de l'énergie est dans les mains d'entreprises privées. Et partout, ces entreprises ont démontré leur inaptitude à gérer la production d'énergie nucléaire : pas de réels moyens pour l'entretien correct des centrales souvent vétustes, pas d'investissement dans la recherche concernant le traitement des déchets, mensonges éloquents lors des accidents dont les conséquences sont souvent archi minimisées, ce qui retarde l'organisation des secours et la mise en sureté des populations. Le privé, en quête constante de profit maximum, est donc incapable de gérer le secteur de l'énergie dans l'intérêt et en fonction des besoins des populations. Il faut donc retirer l'énergie des griffes du privé !

Nationalisation du secteur de l'énergie sous le contrôle et la gestion des travailleurs, sans rachat ni indemnités pour les actionnaires !

La (re)nationalisation des centrales est indispensable pour sortir la production d'énergie de la logique du profit. Mais cela doit se faire sous le contrôle et la gestion démocratiques des travailleurs. Actuellement les  travailleurs qui bossent dans les centrales permettent aux actionnaires de faire des profits, mais ne décident jamais de quoi que ce soit. Ils subissent quotidiennement les risques liés au nucléaire : manipulations dangereuses, expositions radioactives... Or c'est à eux de reprendre le contrôle des centrales et de décider de leur fonctionnement. Cela permettrait immédiatement de renforcer les conditions de sécurité, assurerait d'ores et déjà une réelle transparence sur le mode de production de l'énergie nucléaire.  Cela  permettrait progressivement d'envisager le développement d'énergies alternatives tout en prenant en compte et en assurant la formation pour une reconversion des travailleurs du secteur. De plus, la collectivisation des capitaux du secteur libérerait suffisamment de moyens pour une recherche scientifique publique massive dans les énergies renouvelables, afin de sortir au plus vite et du nucléaire et des énergies fossiles.

Pour le développement d’une recherche scientifique publique, indépendante des actionnaires et du privé !

La majeure partie de la recherche scientifique est financée par des entreprises privées. Cela oriente donc directement les résultats des travaux effectués dans le sens qui arrange les entreprises. Face au marché que représente le nucléaire, aucun réel effort n'a donc été porté sur la recherche scientifique pour le développement d'énergies propres et renouvelables. Les capitalistes développent les énergies renouvelables mais uniquement dans la mesure où elles sont rentables car pour l’instant subventionnées et surfent ainsi sur la «vague verte». Ce n’est pas réellement une politique énergétique alternative.
Pour permettre de sortir du nucléaire et d’assurer la transition vers les énergies alternatives, investir massivement dans la recherche publique est une absolue nécessité. Cela permettrait de consacrer les moyens suffisants aux travaux de recherche nécessaires autour des différentes sources d'énergie que peuvent représenter le solaire, l'éolien, le biogaz...

Seul le socialisme permettra d'en finir réellement avec le nucléaire

Un tel programme pour en finir avec le nucléaire ne peut pas être appliqué dans le cadre du capitalisme. Il ne peut non plus être mis en place à l'unique échelle d'un pays ou d'une entreprise.  Pour imposer de telles revendications sur la question du nucléaire, il faudra également passer par une transformation des modes de production et des échanges économiques en nationalisant, sous le contrôle et la gestion des travailleurs, les grands secteurs de l'économie. Dans ce cadre, ce sont les travailleurs eux-mêmes, en lien avec la population, qui peuvent organiser la production en tenant compte de tous les critères (sociaux, environnementaux...) grâce à un plan de production, anticipant sur les besoins à court et à long terme, établissant la disponibilité des ressources, les délais, les capacités de travail. Seul le socialisme peut permettre d'aller dans ce sens. Une réalisation fondamentale de la révolution socialiste, en permettant que les travailleurs prennent le pouvoir, sera cette réorganisation de la production. Des comités dans les entreprises, les bureaux, les quartiers, et tant d’autres lieux, pourront établir leurs besoins et leurs possibilités. Des représentants élus et révocables pourront établir, avec l’aide de connaissances désormais réellement accessibles au plus grand nombre, une planification démocratique de la production. C'est seulement dans ce cadre que peu à peu, nous pourrons sortir définitivement du nucléaire.
Cette perspective socialiste est la seule issue possible pour se remettre dans une marche cohérente, où les besoins de tous ne soient plus balayés aux dépends des profits d'une poignée de capitalistes.
Lise de Luca


Partager cet article
Repost0
20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 21:31

Gaz de schiste : la lutte continue

 

Depuis que les projets de prospection de gaz de schiste en France ont été rendus public fin 2010, avec des risques de  menaces écologiques et pour la santé, dus à la méthode d’extraction, la population s’est mobilisée. Dans toutes les régions concernées, des collectifs se sont crées, et une coordination nationale a vu le jour. Devant cette mobilisation exceptionnelle, le gouvernement a décidé de reculer. Début 2011, les ministères de l’écologie et de l’énergie avaient crée une mission d’expertise afin d’éclairer le gouvernement sur les choix à propos de l’extraction des huiles et gaz de schiste.

Mais ça n’a pas suffit, le gouvernement a décidé de soumettre en mai à l’assemblée nationale une loi interdisant l’exploitation des huiles et gaz de schiste ainsi que l’abrogation des permis de recherche déjà accordés aux multinationales de l’énergie. A l’approche des élections, le gouvernement cherche à calmer la population et à se donner une bonne image. On parle également d’une réforme du code minier à venir, code qui donne toute liberté aux multinationales d’exploiter le sous-sol du pays dès que l’Etat a accordé des permis d’exploration ou d’exploitation.

 

Des « experts » au service des capitalistes.

La mission d’expertise composée d’ingénieurs des mines et d’ingénieurs des ponts et chaussées, a rendu en avril un rapport d’étape en faveur de l’exploitation.

Ces ingénieurs d’Etat détiennent le monopole de l’expertise technique. Jamais remis en cause, leurs rapports sont considérés comme incontestables, et les politiques suivent. Nés avec la révolution industrielle, ces ingénieurs ont au cours de l’histoire toujours favorisé la technique et l’exploitation au détriment de l’écologie. Pures produits du capitalisme, ils sont le rouage nécessaire pour faire accepter aux politiques les projets des multinationales capitalistes, quelque en soient les conséquences sur le plan environnemental ou social.

 

Les lobbies pétroliers et les multinationales à la manœuvre.

Alors que des catastrophes écologiques se produisent régulièrement aux USA et au Canada, les lobbies et dirigeants assurent que l’exploitation en France sera mieux contrôlée et sans risque. Plus de démocratie et de surveillance seraient donc le remède, mais le problème vient bien de la méthode même de fracturation hydraulique difficilement contrôlable, sans compter les centaines de produits chimiques nécessaires à la fracturation de la roche.

Les multinationales de l’énergie jouent la provocation. En avril, la multinationale Schuepbach Energy, détentrice du permis d’exploration de Villeneuve de Berg (Ardèche), a déposé un recours en justice pour excès de pouvoir contre plusieurs communes dont les maires ont interdit la prospection de gaz de schiste par arrêté municipale, ce qui démontre le mépris total des multinationales pour la population.

 

Il faut rester mobilisé.

Le sous-sol français détiendrait plusieurs milliers de milliards de m3 de gaz de schiste. Avec un tel potentiel, et vu les enjeux énergétiques et économiques au niveau mondial, il est certain que la questions du gaz de schiste va revenir rapidement dans le débat public.

Dans le système capitaliste, la planète comme les travailleurs sont exploités au maximum pour fournir toujours plus au moindre coût. Mais notre planète est limitée en ressources naturelles, et nous avons déjà des technologies pour utiliser les énergies renouvelables plutôt que les énergies fossiles. Tout est question de choix, et dans une société capitaliste, seuls les secteurs qui rapportent du profit et sont portés par les lobbies sont développés, quelque en soient les conséquences sociales ou écologiques.

 


Partager cet article
Repost0

Luttons contre le FN

Affiche

Journal L'Egalité

Journal-Egalite-158.png

"Le sens réel du mot d'ordre d'égalité ne peut résider que dans l'abolition des classes sociales" Lénine  

Pour en savoir plus     Abonnez-vous

Comité pour une Internationale Ouvrière

logo-CIO.JPG

www.socialistworld.net

 

Gauche Révolutionnaire, séction française du

Comité pour une Internationale Ouvrière

  Le capitalisme est un système mondial et il doit être combattu à la même échelle. C'est pourquoi la Gauche révolutionnaire fait partie d'une organisation marxiste internationale: le Comité pour une Internationale Ouvrière (CIO), un parti mondial actif sur tous les continents. Notre lutte en France s'inscrit dans le cadre d'une lutte des travailleurs du monde entier pour un société socialiste car si la révolution socialiste éclate sur le plan national, elle se termine sur l'arène internationale. La démocratie ouvrière et la planification socialiste de la production ne peuvent se limiter à un seul pays. C'est d'ailleurs l'isolement de la Russie soviétique qui a conduit à sa dégénérescence à partir de 1924.

     Le CIO est une organisation socialiste internationale qui comprend des sections dans quarante-cinq pays sur tous les continents.

L'histoire du CIO, Comité pour une Internationale Ouvrière