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Présentation

  • : Gauche Révolutionnaire Drôme Ardèche, section française du Comité pour une Internationale Ouvrière
  • : "Pour une société démocratique socialiste" La Gauche Révolutionnaire lutte pour un monde débarrassé de la misère et de l'exploitation. Un monde où l'économie sera organisée démocratiquement par les travailleurs eux-mêmes pour satisfaire les besoins de tous. Pour cela, il faut en finir avec le capitalisme et sa loi du profit. C'est par le socialisme, par une Révolution, par la planification démocratique de l'économie que pourra commencer à se mettre en place une société démocratique socialiste
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« Le prolétariat se servira de sa suprématie politique pour arracher petit à petit tout le capital à la bourgeoisie, pour centraliser tous les instruments de production entre les mains de l’Etat, c’est-à-dire du prolétariat organisé en classe dominante, et pour augmenter au plus vite la quantité des forces productives. [...] les antagonismes des classes une fois disparus dans le cours du développement, toute la production étant concentrée dans les mains des individus associés, alors le pouvoir public perd son caractère politique. Le pouvoir politique, à proprement parler, est le pouvoir organisé d’une classe pour l’oppression d’une autre. Si le prolétariat, dans sa lutte contre la bourgeoisie, se constitue forcément en classe, s’il s’érige par une révolution en classe dominante et, comme classe dominante, détruit par la violence l’ancien régime de production, il détruit, en même temps que ce régime de production, les conditions de l’antagonisme des classes, il détruit les classes en général et, par là même, sa propre domination comme classe.

A la place de l’ancienne société bourgeoise, avec ses classes et ses antagonismes de classes, surgit une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous. »

marxMarx / Engels
Manifeste du parti communiste
1847
16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 21:24
Mali : l'intervention de l'armée française va amplifier le chaos

 

Mali l'intervention de l'armée française va amplifier le chaos

  La soudaine décision d'une intervention militaire française directe au Nord-Mali ne vient pas de nulle part. Voici quelques semaines que les préparatifs se font. Hollande et Fabius l'avaient annoncé, ils comptaient intervenir, sous une forme ou sous une autre, prochainement au Mali pour «aider le président malien à contrer l'offensive d'islamistes» ayant pris le contrôle des deux tiers du Nord du Pays. L'écroulement prévisible de l'armée malienne et de l’État malien ont accéléré les choses.
     Le 11 janvier dernier, la France a donc lancé l'opération Serval, et des premiers combats ont eu lieu, avec leurs premiers morts. D'ores et déjà l'état-major annonce une intervention qui prendra le temps qu'il faut, des semaines voire plus. L'ancien premier ministre Villepin parle d'un possible «enlisement». Car cette intervention française, sous couvert de lutte contre le terrorisme, a bien d'autres motivations et d'autres enjeux, tout comme les «guerres contre le terrorisme» en Afghanistan ou en Irak, qui continuent encore 10 ans après avoir commencé.

 

Par Leila Messaoudi

Dernière mise à jour : ( 16-01-2013 )

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Que se passe-t-il dans le Sahel et au Mali depuis un an ?


  L'offensive victorieuse des forces insurgées de l'hiver 2012 (une alliance entre islamistes d'Al Qaïda au Maghreb Islamique, AQMI, ou d'Ansar Dine, et des indépendantistes du MNLA) aura eu comme rapide conséquence une scission dans l'Etat malien, Un putsch, organisé par un militaire, le capitaine Sanogo, déposera le président, officiellement pour incompétence dans la lutte contre les insurgés, ce putsch a reçu le soutien de la France et des autres pays impérialistes.
     Mais il n'a pas suffit, à lui tout seul, à restaurer une autorité suffisante dans le pays pour battre les insurgés qui ont continué d'avancer malgré leurs fortes divisions internes.    Les impérialistes, et notamment l'Etat français, ont donc fait peu à peu le choix de s'impliquer plus fortement en faveur du gouvernement provisoire malien, Sanogo devenant petit à petit le nouvel homme fort du régime. Les pays voisins ou proches ont peu à peu également apporté un soutien au régime et vont désormais lui apporter un soutien militaire concret, craignant que l'instabilité déborde rapidement les frontières maliennes.

Suites de la colonisation et crise du capitalisme = un pays décomposé

     Si le Mali est dans un tel état de décrépitude, ce n'est pas non plus par hasard. Pays issu de la colonisation française, le Mali a des aspects artificiels et son État central a tenu grâce à la répression de différents mouvements sociaux ou des mouvements des minorités culturelles.
 Mais ce sont les différentes politiques menées au service de l'impérialisme qui ont définitivement délabré le pays. En échange d'investissements étrangers, le FMI a fait adopter au Mali, en 97-98, des politiques néo libérales. Sous le nom de Plan d'Ajustement Structurel, il fut dicté au Mali de privatiser les quelques services publics, de tourner l'économie agricole vers l'exportation du coton au détriment d'autres cultures, et en 94, la monnaie en cours, le Franc CFA, avait été dévalué de 50%. Il s'en est suivi que derrière les chiffres officiels de la croissance, c'est à un délabrement du pays et de son économie, désormais tournée vers les exportations au détriment du développement intérieur, que l'ont a assisté. Les régions éloignées de la vallée du fleuve Niger subissant les plus importants reculs. Les cours du coton se sont effondrés en 2005, entraînant les producteurs dans la ruine. Aujourd'hui encore, le coton est vendu à perte par les paysans.
     Désagrégation de l'Etat, effondrement économique, voilà le tableau de la situation réelle du Mali et qui explique l'incapacité de l'Etat malien de se maintenir sans aide extérieure, tout comme l'absence de soutien dans la population, car cette période s'est évidemment accompagnée d'une dictature corrompue, celle de Amadou Toumani Touré, lui-même putschiste en son temps.
     Une nouvelle dévaluation possible du franc CFA comme cela est discuté au sein du FMI aurait des conséquences très aggravantes, tournant l'économie encore plus vers l'exportation et empêchant toute importation de produits nécessaires à la population.

Les intérêts français au Sahel

     Les pays du Sahel sont donc historiquement des territoires dominés par l'ex-puissance coloniale française qui les a en grande partie créés pour ses propres intérêts. Sénégal, Mauritanie, Mali, Algérie, Burkina Faso, Tchad, font partie des pays du Sahel, région située entre le Sahara et les savanes d'Afrique. Tous à peu de choses près anciennes colonies françaises. Cette région est, à bien des égards, stratégique pour la France. Bien entendu il s'agit d'abord de maintenir son influence sur la région mais aussi il faut sauvegarder des intérêts français sur place. Ainsi Areva possède une mine au Mali d'extraction de l'Uranium. Ce sont d'ailleurs des salariés français d'Areva qui sont actuellement otages dans cette région. Le développement de groupes islamistes et de milices dans cette région menace directement des intérêts stratégiques du capitalisme français. D'autant que le Sahel est un des rares territoires dont le sous-sol n'a pas été encore exploré et exploité : un vivier en perspective. Le Mali est déjà le 3ème exportateur d'or africain (derrière le Ghana et l'Afrique du Sud), et certains y voient le futur premier, entrant dans le top 10 mondial.

La politique malienne de la France

     Longtemps la France a parié sur les Touaregs du Niger très proches pour enrayer la montée des islamistes d'AQMI. Mais un accord tactique ponctuel entre les Touaregs et AQMI a bouleversé l’équilibre des forces. Désormais même si cet accord a été cassé par les islamistes, les Touaregs ne sont plus un contre-pouvoir suffisant aux yeux de l'ex- puissance coloniale qu'est la France.
     Pendant les années 1960 le MNLA avait un caractère progressiste mais aujourd'hui en s'alliant avec ce qui se fait de pire, comment peut-il encore prétendre défendre les droits démocratiques et légitimes du peuple touareg et s'allier avec les tenants d'une dictature islamiste ?
     De leur côté, AQMI et Ansar Dine ne sont pas homogènes, et surtout, ce qu'ils ont fait à Tombouctou (massacres, réquisitions de maisons etc.) montrent qu'ils ne sont pas non plus des libérateurs, comme on pouvait s’y attendre. En réalité, ces forces occupent un espace. Ils sont venus avec ces mercenaires permanents que sont les djihadistes et autres, libérés par l'explosion de la Libye. Ce sont les mêmes islamistes qu'à Benghazi ; ceux qui ont pu tuer dans l'œuf la révolution libyenne, grâce à l'aide des impérialistes. Selon Human Rights Watch, ils auraient ainsi commencé à constituer des troupes d'enfants-soldats avec comme objectif d'avoir une guerre sainte contre le petit «Satan français».
     Alors quitter le bourbier d'Afghanistan pour celui du Sahel semble hasardeux. Il s'agit bien encore d'utiliser la puissance de frappe militaire de la France pour des intérêts économiques et géopolitiques comme l'on fait les présidents précédents. La France en ne faisant rien risquait de se trouver peu à peu mis à l'écart par les États-Unis qui avaient commencé des missions de renseignements dans la région… C'est pourquoi Hollande a décidé de faire lui-même le boulot, quitte à s'engager dans une guerre et à appuyer un pouvoir corrompu.

Un ex ministre du dictateur Traoré au pouvoir


     Le gouvernement malien actuel ne brille pas par son caractère démocratique. Hollande et Fabius se lancent dans une offensive militaire au sol en appui de l'armée de Diango Sissoko. Président actuel du Mali. Il est arrivé au pouvoir le 11 décembre dernier 2012. Dans un pays en détresse, où des militaires putschistes et des politiciens médiocres se disent tous les «redresseurs» de la démocratie, le choix de Diango Sissoko a été fait. Pourtant il s'agit du fidèle des fidèles du régime autoritaire de Moussa Traoré tombé en mars 1991 suite à une révolte, Diango Sissoko était secrétaire général de la présidence avec rang de ministre. Mais il a su reprendre peu à peu pieds dans l'appareil d’État, et dès 2002 se retrouve dans le cabinet du celui qui a évincé Traoré.   
     En réalité, le Mali divisé ne retrouve pas son poids politique et son influence dans la région. Alors faute de solution, on reprend les mêmes et on espère retrouver un peu de calme. C'est en quelque sorte le choix de la France et la raison de l'intervention militaire actuelle. Si l'Etat malien explose, ça laisserait un vide politique au Sahara central et au Sahel. La France a tout intérêt à garantir un pouvoir fort au Mali, voire autoritaire, au risque de voir les intérêts français attaqués et des groupes islamistes incontrôlés accéder à la capitale Bamako.

Non à l'intervention française au Mali-Nord !

     D'un point de vue international, l'intervention française au Mali Nord est bien accueillie par les autres pays. En France, quasiment tous les partis politiques soutiennent la prise de position de Hollande. Mélenchon ou Mamère dénoncent la non-consultation de l'Assemblée nationale mais ne s'opposent pas clairement à la guerre.
Pourtant est-ce justifié d'intervenir militairement dans la région ?
     Les images d'habitants de Bamako accueillant avec joie l'intervention française laissent à penser que cette intervention est juste, humainement et moralement, qu'il s'agit d'empêcher des groupes islamistes de mettre à feux et à sang et d'imposer des lois réactionnaires justifiée par la Charia (laquelle n'est qu'une interprétation réactionnaire du Coran). Tout se passe comme si c'était une guerre juste tant les milices doivent régner avec des éléments de terreurs et de spoliation. Cependant, les populations du Nord Mali font avec la domination des islamistes, même si on compte plus de 300 000 déplacés.
     Si l'on monte vers le Nord du Mali, on rencontre par exemple trois villes, aujourd'hui contrôlées par AQMI et des villages où les militants armés islamistes viennent se marier et ou des services ont été remis en place. Là l'Etat malien n'existait quasiment plus, ce sont certaines milices qui jouent le rôle de l'Etat et organisent en partie la société. On en peut pas dire que les populations étaient favorables aux islamistes, mais elles ne sont pas en faveur de l'Etat malien actuel, abandonnées depuis des décennies."
     Bien entendu, on ne peut pas se satisfaire de cette situation. Mais là encore les inégalités et la misère sont le lit de la montée de ces forces réactionnaires. Une vraie alternative à ces islamistes ne viendra pas du gouvernement français qui propose de réinstaller les mêmes corrompus qu'avant ou d'autres qui le deviendront.
     Il y a fort à parier que l'intervention militaire française va renforcer les tensions. D'autre part l'entrée en guerre a déclenché l'état d'urgence dans tout le pays. Impossible pour des Maliens opposés à la guerre et à AQMI de publier désormais dans la presse leurs points de vue, la censure est réinstallée. Seule une lutte résolue pour les droits de tous au nord comme au Sud à vivre décemment et le contrôle par la population des ressources du pays pour les besoins de tous permettra de réduire l'influence et de stopper les islamistes.
- Autodétermination des peuples du Sahel et du Sahara comme de chaque peuple du pays, sur la base d'une liberté des droits, de la tolérance, et de la démocratie.
- Les richesses du Mali appartiennent au peuple malien, nationalisation du sous-sol, et financement d'un vrai plan de développement économique sur la base de la satisfaction des besoins de la population
- Retraits des troupes françaises et de la Cedeao, contre l'impérialisme, ce ne sont pas de bombes et d'avions dont le peuple malien a besoin, mais d'une coopération économique basée sur des échanges réellement équitables et sur un développement économique qui ne soit pas fait selon les intérêt des multinationales françaises ou autres.
- Non à l'état d'urgence, pour le rétablissement de toutes les libertés démocratiques au Mali
La seule solution serait que la population malienne en se réunissant dans les quartiers et sur les lieux de travail puisse s'organiser, définir ses revendications et s'armer pour refuser toute dictature que ce soit celle qui va se mettre en place grâce à l'aide de la France ou celle que les islamistes veulent mettre en place.
Ce sont les révolutions tunisiennes et égyptiennes qui montrent la voie : impérialisme, dictature militaire ou islamiste dégage !
L'intervention militaire française n'est pas la solution. 
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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 11:39
Afrique du Sud : Fondation du Workers and Socialist Party

La récente fondation du Workers and Socialist party (WASP) est un évènement qui a le potentiel de changer le paysage politique de l'Afrique du Sud tout comme la lutte de Marikana l'a fait au niveau industriel. A la base de cette initiative se trouvent le Democratic Socialist Movement (affilié au Comité pour une Internationale Ouvrière) et des représentants des comités de grève de Bokoni Platinum à Limpopo, Royal Bafokeng and Murray and Roberts à Rustenburg et North West and KDC à Carltonville. Le lancement de ce nouveau parti a eu lieu en dépit de faits apparemment sans rapport, mais qui sont très susceptibles des actes délibérés de sabotage : le retrait de l'autorisation de tenir le meeting au stade de Limpopo quelques heures à peine avant sa tenue, les très dures conditions de libération des dirigeants du comité de grève de la mine de platine de Bokoni et le boycott de l'événement par les médias.

Communiqué de presse initialement publié le 17 décembre par le Comité Exécutif du DSM, les représentants du comité de grève de la mine de Bokoni, de Harmony Gold, d'Anglo Gold Ashanti, de Royal Bafokeng et de Murray Roberts.

En dépit de ces difficultés pour cet événement qui devait être un rassemblement et une conférence de presse destinés à annoncer l'intention de lancer un nouveau parti et pour célébrer la libération sous caution des dirigeants du comité de grève de la mine de Bokoni, les représentants qui ont pu être présents après l'annulation du rassemblement n'étaient pas découragés et étaient déterminés. Les participants ont été très inspirés par la lecture de quelques messages de solidarité issus des mines de Harmony Gold, d'Anglo Gold Ashanti ainsi que des organisations sœurs du DSM au Nigeria, au Venezuela, en Chine et ailleurs, y compris de la part de paul Murphy, élu du Socialist Party irlandais au parlement Européen.

La nécessité d'un parti comme le Workers and Socialist Party a été clairement mis en évidence par les rapports des divers dirigeants de comités de grève au sujet de la situation qui existe dans les mines dans le pays suite à la grève. A Bokoni, un état d'urgence a été imposé et les travailleurs trouvés dans les villages environnants et qui n'étaient pas au travail ont été forcés de se présenter à la mine. A Harmony Gold, les travailleurs ont repris la grève et, ailleurs, le mécontentement couve sous la surface. Le plus grand nombre de revendications pour lesquelles les travailleurs ont fait grève dès le mois d'août, en payant le prix d'une grande perte de revenus et des vies sacrifiées suite au massacre de Marikana, restent insatisfaites.

La fondation du WASP fut modeste, en présence de 20 délégués seulement, et a concrétisé l'idée d'une alternative basée sur un programme socialiste s'engageant à la nationalisation des secteurs dominantes de l'économie et notamment de l'industrie minière. Le WASP devra considéré comme l'une de ses revendications clé la nationalisation des mines sous la propriété, la gestion et le contrôle direct des travailleurs dans le cadre d'un processus conduisant à la transformation socialiste de la société, seule base sur laquelle une solution durable aux problèmes des mineurs et de la classe ouvrière dans son ensemble peut être trouvée.

Cet événement est donc la première étape historique dans le processus de lancement d'un parti de masse des travailleurs construit sur les comités de grève, le premier bataillon dans la lutte pour unir les travailleurs des mines, des usines, des fermes, des communautés ainsi que les étudiants en vue de créer une force redoutable, le 21 mars 2013.

Le WASP devra se distinguer de tous les autres partis politiques par son programme clairement socialiste, son approche de la politique électorale, mais aussi sur le terrain des luttes. Ses représentants publics seront soumis à la révocabilité immédiate et toucheront le même salaire qu'un travailleur. Il devra faire la différence face à l'ANC, où tous les candidats en lice pour la présidence du parti sont engagés dans la préservation de l'asservissement de la classe ouvrière sous le capitalisme - le système dont le WASP est dédié à l'abolition.

Dans les prochains jours et mois menant à son lancement, le WASP va mobiliser du soutien en sa faveur avec une résolution appelant à la construction du parti, afin de populariser l'idée d'une alternative au sein de formations organisées telles que les syndicats, les organisations communautaires, les mouvements sociaux et les organisations politiques, toutes invitées à adopter cette résolution pour rejoindre le WASP. Le WASP va se battre pour unifier les protestations des services publics, les luttes étudiantes contre les frais de scolarité inabordables et les luttes sur les lieux de travail en général, contre les licenciements et la flexibilité. Dans le cadre de la mobilisation pour le lancement du WASP, ses militants se rendront dans tout le pays afin de récolter un million de signatures en vue de se présenter aux élections de 2014. Le WASP mènera également une campagne pour la révocation de tous les représentants politiques incompétents et corrompus afin de les remplacer par des représentants du WASP – des représentants des travailleurs, au salaire des travailleurs. Le WASP va se lancer de tout son poids dans les campagnes de lutte contre la corruption.

Une série de rassemblements régionaux sont prévus pour adopter la résolution qui sera la base du programme du WASP, en direction du lancement officiel du parti en mars.

 

source : site du Parti Socialiste de Lutte, section belge du CIO

lien vers le site

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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 16:49
Perspectives mondiales : ‘‘L’ère de l’austérité’’ prépare des convulsions sociales sismiques

Nous vivons une des périodes les plus dramatiques de l’Histoire

Les travailleurs grecs, suivis par les portugais et les espagnols, sont à l’avant-garde du mouvement contre cette interminable austérité. Plus personne ne peut aujourd’hui affirmer que la classe ouvrière reste passive face aux attaques du système capitaliste malade et pourrissant. Sa résistance s’est exprimée par une série de grèves générales épiques, mais elle a encore à créer un parti de masse ainsi qu’une direction dignes d’elle pour cette bataille entre travail et capital qui va dominer le début du 21ème siècle. La tâche du Comité pour une Internationale Ouvrière (CIO), grâce à la clarté théorique de ses idées liée à un programme orienté vers l’action, est d’aider à créer cette nouvelle direction, une direction capable d’assurer la victoire de la classe ouvrière.

En savoir plus

 

Ce texte est un résumé du projet de document sur les perspectives mondiales discuté lors de la dernière réunion du Comité Exécutif International (CEI) du Comité pour une Internationale Ouvrière (CIO) qui a eu lieu en décembre. Le document final est disponible, en anglais, sur le lien suivant.

Le caractère instable des relations mondiales (qui peuvent entraîner l’éclatement d’un conflit dans de nombreux endroits du monde et à n’importe quel moment) s’est illustré lors des récents affrontements entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza. Ils se sont limités à un échange de roquettes et de missiles et un accord de cessez-le-feu a été atteint, mais la guerre pourrait reprendre et un assaut d’Israël sur la Bande de Gaza n’est pas à exclure. En retour, des troubles auraient lieu dans le Moyen-Orient.

D’autre part, une ou plusieurs guerres régionales sont toujours de l’ordre du possible. La Syrie représente un véritable baril de poudre avec le régime de Bachar el-Assad assiégé et menacé d’être renversé, mais avec une opposition divisée sur des lignes sectaires. Les véritables socialistes ne peuvent soutenir ni Assad ni l’opposition, mais doivent s’orienter vers les masses que nous pouvons atteindre avec une voie clairement indépendante basée sur un programme et des perspectives de classe.

Certaines minorités du pays recherchent encore la protection d’Assad par craintes des conséquences d’une victoire de l’opposition, laquelle bénéficie clairement d’un soutien prédominant de la part de la majorité sunnite de la population, avec une influence grandissante significative d’organisations du type d’Al-Qaïda. De plus, l’intervention de la Turquie contre le régime a augmenté la tension entre les deux pays. Des affrontements armés pourraient avoir lieu entre eux, ce qui pourrait devenir hors de contrôle. Une intervention de l’Iran dominé par les chiites pour soutenir les chiites en Syrie n’est pas non plus à exclure. Pareillement, le conflit pourrait déborder au Liban avec l’éclatement de conflits sectaires. Cela en retour pourrait conduire Israël à saisir l’opportunité de lancer des attaques aériennes contre les supposées infrastructures nucléaires iraniennes, avec sans doute en riposte des salves de missiles et de roquettes de la part de l’Iran et du Hezbollah contre les villes et infrastructures israéliennes.

Au cours du récent conflit, le régime israélien et la population, plus largement, ont été pris de court par la capacité des roquettes du Hamas de frapper au cœur même de Tel Aviv. Le CIO s’oppose aux prétendues ‘‘frappes chirurgicales’’ d’Israël (qui ne sont en rien chirurgicales) qui ont tué au moins 160 Palestiniens. Mais nous ne soutenons pas pour autant les méthodes du Hamas, qui a lancé des roquettes à l’aveugle contre les villes les plus peuplées d’Israël. Cela a uniquement servi à jeter la population d’Israël dans les bras de Netanyahou, dont les actions punitives seraient soutenues par 85% de la population tandis que 35% soutiendraient maintenant une invasion de Gaza, opération qui verrait des centaines et des milliers de Palestiniens tués ou mutilés, de même que des Israéliens. Le peuple palestinien a le droit de résister aux méthodes terroristes de l’Etat Israélien, mais cette tâche peut être mieux accomplie par des mouvements de masse dans but de faire séparer la classe ouvrière d’Israël du régime vicieux de Netanyahou. En cas d’invasion de Gaza ou d’un autre territoire occupé, le peuple palestinien a tous les droits de résister, avec des armes si nécessaire, contre les envahisseurs.

 

Les mineurs sud-africains montrent la voie

Nonobstant l’influence des facteurs géopolitiques comme les guerres sur le cours des évènements (ce qui peut, sous certaines circonstances, sérieusement altérer nos perspectives), les principales caractéristiques de la situation présente sont l’approfondissement de la crise du capitalisme mondiale et la réponse combattive des la classe ouvrière et des pauvres.

Cela est symbolisé par le magnifique réveil de la classe ouvrière sud-africaine à la suite des mineurs. Ces grèves héroïques, à l’instar des révolutions au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, ont inspiré la classe ouvrière des pays industriels avancés. Un élément ‘‘d’Afrique du Sud’’ pourrait lui aussi être exporté en Europe avec un mouvement similaire au sein des syndicats afin de renverser les dirigeants qui refusent d’organiser la classe ouvrière pour sérieusement résister aux attaques du capitalisme.

A la suite des mineurs, d’autres pans de la classe ouvrière d’Afrique du Sud sont eux aussi entrés en action dans cette grève qui est en ce moment la plus grande et la plus sanglante au monde.

Cette lutte a également été caractérisé par un haut degré de conscience de la classe ouvrière (un héritage qui a su être préservé après les révolutions avortées des années 1980, avant la fin du régime de l’apartheid). Cela s’exprime par l’aspiration à la construction de nouveaux syndicats combattifs pour les mineurs afin de remplacer le syndicat officiel des mineurs, complètement corrompu, le NUM. Confrontés à l’ANC tout aussi corrompue, les mineurs (avec l’aide du Democratic Socialist Movement, le DSM, section du CIO en Afrique du Sud) ont lancé un appel pour un nouveau parti de masse des travailleurs. Cela ne peut que renforcer les revendications du même type portant sur la question de la représentation indépendante de la classe ouvrière dans tous les pays (c’est-à-dire la majorité) où la masse des travailleurs n’a pas de parti, pas même un capable de les représenter ne fut-ce que partiellement.

Même le magazine The Economist, la voix du grand capital, a déclaré : ‘‘le meilleur espoir pour le pays dans les années à venir est une scission réelle dans l’ANC entre la gauche populiste et la droite afin d’offrir un vrai choix aux électeurs.’’ C’est surprenant, sinon incroyable, au premier abord. Aucun journal capitaliste ne propose cela pour la Grande Bretagne ! Mais ce qui alarme The Economist, c’est que face au discrédit de l’ANC (un fossé de la taille du Grand Canyon existe à présent entre les seigneurs, chefs et rois de l’ANC et la classe ouvrière), les masses appauvries ont commencé à se tourner brusquement vers la gauche, vers les véritables militants pour le socialisme, les membres du DSM. Ils vont donc remuer ciel et terre pour essayer d’empêcher les masses d’aller dans notre direction, même si cela signifie de mettre en place une alternative ‘‘populiste’’ pour bloquer le développement d’un vrai parti de masse des travailleurs.

 

Les élections américaines

Le plus important évènement de cette période, au moins dans l’Ouest capitaliste, a été la réélection d’Obama aux USA. Il a été le premier président à être réélu depuis 1945 avec un taux de chômage supérieur à 7,5% dans le pays. Certains stratèges du capital (ou certains imaginant l’être) ont tiré des conclusions complètement fausses hors du résultat de cette élection. Ils affirment que la principale raison pour laquelle Obama a été élu, c’est que le peuple américain blâmait Bush, l’ancien président, pour les catastrophes économiques actuelles. Cela a sans doute été un facteur, certes, mais ce n’était ni le seul, ni le plus décisif. Une grande polarisation a pris place dans la société américaine avec les électeurs d’Obama (malgré leur déception face à son bilan) se rendant massivement au bureau de vote pour empêcher le candidat des 0,01% des riches et des plutocrates, Romney, de remporter les élections.

Il y avait une réelle peur de ce que signifierait une victoire de Romney, qui aurait fait tourner à l’envers la roue de l’histoire, briser les aides sociales et les réformes limitées dans la santé, etc. Cela a fait accroître la participation électorale qui, même si elle n’était pas aussi élevée qu’en 2008, était néanmoins d’un niveau historique. Le vote populaire a été serré, Obama l’emportant par 50,8% contre 47,5%. Mais il est crucial que la majorité des femmes l’aient soutenu, avec une majorité encore plus forte concernant les jeunes femmes. Il a aussi gagné 80% du vote des minorités (Latinos et Afro-Américains), bien sûr, et des sections significatives de travailleurs syndiqués (dans l’automobile par exemple) ont milité pour lui et l’ont soutenu. Dans cette élection, ce n’était pas seulement une question de victoire du ‘‘moindre mal’’ pour Obama pour ‘‘arranger l’économie’’. Bien sûr, il ne sera pas capable de le faire, à cause du caractère de la crise économique.

Le magnifique résultat de la candidate de Socialist Alternative aux élections de la chambre des représentants de l’Etat de Washington (un splendide 28% des suffrages) a été un triomphe non seulement pour nos camarades Américains mais pour l’ensemble du CIO.

C’était la confirmation du fait que présenter des candidats des travailleurs indépendants peut conduire au succès, et à un nouveau parti de masse des travailleurs. De plus, cela s’est produit au cœur même de la plus grande puissance capitaliste au monde. Cette élection est un avant-goût de ce à quoi nous pouvons nous attendre ailleurs dans la prochaine période, en particulier en Afrique du Sud et en Europe, et cela montre le potentiel qui existe dialectiquement aux USA pour les idées et le programme du socialisme.

L’héritage des trahisons social-démocrates et staliniennes n’existe pas aux USA, ce qui en fait un terrain encore plus favorable pour les vraies idées du socialisme en comparaison de nombreux endroits d’Europe et d’ailleurs à ce stade. De notre point de vue, il en va de même pour la victoire d’Obama. Son deuxième mandat pourrait préparer la voie à la création d’un troisième parti, mais d’un parti de la classe ouvrière cette fois, socialiste, radical et populaire. Bien sûr, toutes les perspectives sont conditionnées par la façon dont l’économie se développera aux USA et dans le monde entier.

 

L’économie mondiale fait face à une série de crises

L’économie américaine (l’une des seules à ré-atteindre le niveau de production d’avant 2008) a ralenti pour atteindre son rythme le plus faible depuis 2009, avec une croissance de moins de 2% alors que, simultanément, toutes les plus grandes économies mondiales ont perdu de la vitesse. Si les Républicains refusent un accord avec Obama, si les USA échouent face à la falaise fiscale, cela pourrait presque automatiquement plonger l’économie mondiale (fondamentalement stagnante) dans une nouvelle dépression encore plus profonde. Les intérêts des capitalistes devraient logiquement forcer les Républicains à chercher un accord avec Obama. Mais le système politique des USA, conçu à l’origine pour une population prédominée par les petits fermiers au XVIIIème siècle, est maintenant complètement dysfonctionnel, de même que le Parti Républicain.

En 2009, lors de l’un de ses discours parmi les plus révélateurs devant les banquiers américains, Obama a déclaré : ‘‘Mon administration est tout ce qu’il y a entre vous et les fourches.’’ Mais lors des élections, cela ne lui a pas pour autant apporté le soutien de la bourgeoisie américaine dans son ensemble, qui a en général préféré Romney. Cela tend à montrer qu’une classe ne reconnait pas toujours ce qui est dans son meilleur intérêt ! Ce sont les stratèges et les penseurs de la classe dominante, parfois en opposition avec ceux qu’ils sont sensés représenter, qui sont préparés à défendre les meilleurs intérêts des capitalistes et à planifier le chemin à suivre. Aujourd’hui, le problème pour eux est que les différentes routes qui mènent toutes le capitalisme à la ruine.

Leur perte de confiance est visible dans leur refus d’investir ainsi que dans les avertissements des institutions sacrées du capitalisme : le FMI, la Banque Mondiale, etc. Leurs perspectives de sortie rapide hors de la crise actuelle ont toutes été balayées. Dorénavant, ils sont plongés dans un pessimisme total. Le premier ministre britannique David Cameron et le Gouverneur de la Bank of England ont averti que la crise peut durer encore une décennie, et c’est le même son de cloche au FMI. Le thème des ‘‘banques zombies’’, d’abord employé au Japon, est à présent utilisé pour décrire non seulement les banques mais aussi les économies de l’Amérique, de l’Europe et du Japon. Comme dans le cas du Japon, les économistes bourgeois prédisent une ‘‘décennie perdue’’ pour certains pays et pour l’ensemble de l’Europe. Ils comparent cela à la dépression de 1873 à 1896, au moins en ce qui concerne l’Europe. Martin Wolf, du Financial Times, réfléchit ainsi : ‘‘l’âge de la croissance illimitée est-il terminé ?’’ en citant beaucoup une nouvelle étude ‘‘La Croissance Economique des USA Est-Elle Terminée ? L’Innovation Hésitante Confronte Les Six Vents Contraires’’. (NBER Working Paper no 18315)

Cela a posé la question essentielle du rôle de l’innovation dans le développement du capitalisme, et en particulier dans l’amélioration de la productivité au travail. Les auteurs de l’étude mentionnée ci-dessus ont conclu qu’il y avait eu ‘‘trois révolutions industrielles’’ depuis 1750 qui ont été cruciales pour le développement du capitalisme.

La première s’est située entre 1750 et 1830, a vu la création des machines à vapeur, du filage du coton, des chemins de fer, etc. La deuxième était la plus importante des trois avec ses trois inventions principales : l’électricité, le moteur à combustion interne et l’eau courante avec la plomberie, dans une période relativement courte, de 1870 à 1900. Ces deux révolutions ont pris à peu près 100 ans pour que leurs effets se répandent complètement dans l’économie. Après 1970, l’augmentation de la productivité a nettement ralenti, pour un certain nombre de raisons. La révolution informatique et internet (décrits par les auteurs comme la révolution industrielle n°3) ont atteint leur apogée à l’ère d’internet, fin des années 1990. Selon cette étude, son principal impact sur l’économie s’est altéré au cours des 8 dernières années. Les chercheurs en concluent que, depuis les années 2000, l’invention a largement été concentrées dans les appareils de loisir et de communication qui sont plus petits, plus smart et ont plus de capacités, mais ne changent pas fondamentalement la productivité du travail ou le niveau de vie de la même manière que la lumière électrique, les voitures à moteur et la plomberie. Cela ne veut pas dire que la science et la technique n’ont pas le potentiel de considérablement rehausser la productivité, mais le problème est posé par l’état actuel du capitalisme en déclin, incapable de développer pleinement le potentiel de ses forces productives. La baisse tendancielle du taux de profit (et les baisses réelles de rentabilité) décourage les capitalistes d’adopter des innovations qui pourraient développer les forces productives.

Il y a ensuite le problème de la ‘‘demande’’ qui en retour a conduit à ‘‘une grève de l’investissement’’, avec un minimum de 2000 milliards de dollars de ‘‘capital au chômage’’ dans la trésorerie des entreprises américaines. Et le problème du surendettement par-dessus tout. Styajit Das, du Financial Times, admoneste la bourgeoisie américaine qui ‘‘parait incapable d’accepter la vérité : la perspective d’une croissance économique faible ou nulle pour une longue période. (…) Le maintien de la croissance nécessite toujours plus d’emprunts. En 2008, aux USA, 4 ou 5 dollars de dettes étaient nécessaires pour créer 1 dollar de croissance, contre 1 ou 2 dollars dans les années 1950. A présent, la Chine a besoin de 6 ou 8 dollars de crédit pour générer 1 dollar de croissance, une augmentation de 1 à 2 dollars par rapport à il y a 15 ou 20 ans.’’

Le capitalisme ne fait pas face à une crise, mais à une série de crises. Ses partisans essaient de faire accepter à la classe ouvrière la perspective d’une croissance faible, voire de pas de croissance du tout, et ainsi qu’elle soit plus encline à accepter de voir ses conditions de vie se réduire drastiquement, comme en Grèce. Nous devons contrer cela par notre programme et en mettant en avant les possibilités illimitées (évidentes même aujourd’hui) qui sont présentes pour autant que la société soit organisée de façon rationnelle et planifiée, c’est-à-dire grâce à l’instauration du socialisme.

 

L’insoluble crise de l’Europe

La crise économique en Europe est la crise la plus sérieuse à laquelle fait face le système capitaliste. Cette crise parait insoluble avec la politique d’austérité qui ne fonctionne clairement pas, l’éclatement de conflits et la mise en garde du FMI contre ‘‘l’austérité excessive’’ appliquée par les gouvernements nationaux en Europe avec la bénédiction des autorités de l’UE et de la Banque Centrale Européenne (BCE). La BCE a d’un côté cherché à implanter, comme l’US Federal Reserve et la Bank of England, une forme de keynesianisme par l’achat d’obligations d’Etat ainsi qu’en accordant des prêts meilleurs marché à certaines banques et pays. Mais de l’autre, ces mêmes autorités (la ‘‘Troïka’’) ont été l’instrument des politiques d’austérité. Pourtant le FMI critique ‘‘l’effet multiplicateur’’ négatif qui s’opère quand une austérité drastique est appliquée (coupes dans les dépenses d’Etat, pertes d’emplois, etc.) car cela réduit les revenus de l’Etat. La BCE et les gouvernements nationaux rétorquent avec l’argument de ‘‘l’absolue nécessité’’ de faire des coupes dans les dépenses d’Etat, accompagnées de toutes les autres mesures d’austérité, de privatisation, etc. Mais en dépit de toutes les attentes, l’austérité a eu pour effet d’éteindre les braises économiques qui subsistaient encore durant la crise.

Il est vrai que les politiques keynésiennes ont échoué à générer la croissance. Dans la situation actuelle, cela revient à ‘‘pousser un objet avec une corde’’. Cela a conduit les nouveaux keynésiens, comme l’ancien monétariste thatchérien Samuel Brittan, à faire pression pour des mesures plus audacieuses ; il défend ce qui revient à une ‘‘chasse au trésor’’ géante, dans une tentative désespérée de faire bouger l’économie. Il suggère, en plaisantant seulement à moitié, d’enterrer des montagnes de cash, et que les aventuriers qui les découvriraient aillent les dépenser ! Il n’y a pas d’indication que cela se produise, cependant. Les largesses qui ont été distribuées jusqu’ici ont été utilisées pour payer les dettes, pas pour augmenter les dépenses. C’est une indication du désespoir de la classe dominante pour une amélioration, à ce stade. Le keynésianisme a été partiellement essayé et a échoué, mais cela ne signifie pas que, face à une explosion révolutionnaire, les capitalistes ne vont pas recourir à des mesures keynésiennes de grande ampleur. Des concessions peuvent être accordées, et par la suite les capitalistes vont tenter de les reprendre par le biais de l’inflation.

Même à présent, les autorités européennes tentent d’éviter que la Grèce soit en défaut de paiement en suggérant que plus de temps lui soit donné pour payer. Cela ne va pas empêcher les attaques sauvages contre la classe ouvrière grecque, qui sont appliquées sans état d’âme par l’UE. Cela ne va pas non plus résoudre les problèmes de base de la Grèce, qui vont encore s’accumuler avec la dette colossale. Un défaut de la Grèce est donc toujours probable, ce qui aura d’énormes répercussions dans toute l’Europe, dont en Allemagne, lourdement endettée envers les banques d’autres pays. Il est même possible que l’Allemagne elle-même prenne l’initiative de quitter la zone euro, telle est l’opposition politique intérieure contre la politique de renflouement. Même la proposition de donner à la Grèce plus de temps pour payer ses dettes rencontre une opposition de la part des capitalistes allemands parce que cela signifierait d’effacer une petite partie de leur dette. Il est possible que, en ce qui concerne l’Espagne et certains autres pays, ‘‘la canette soit envoyée plus loin’’. Mais, en fait, la canette va devenir trop grosse pour pouvoir être envoyée au loin ! Par conséquent, une rupture de la zone euro reste en jeu.

Même les Chinois sont alarmés par la tournure des événements en Europe. Un haut fonctionnaire Chinois, Ji Liqun, assis au sommet d’un fond souverain d’Etat de plus de 350 milliards d’euros, a averti que le public européen est à un ‘‘point de rupture’’. Auparavant, il avait argumenté que les Européens devraient travailler plus, mais il reconnait maintenant que la profondeur de la colère publique pourrait conduire à un ‘‘rejet complet’’ des programmes d’austérité. ‘‘Le fait que le public descende dans les rues et recoure à la violence montre que la tolérance du public en général a atteint ses limites’’, a-t-il commenté. ‘‘Les syndicats sont maintenant impliqués dans des protestations organisées, des manifestations et des grèves. Ca sent les années ‘30.’’ Ses préoccupations inexprimées sont que l’exemple de la classe ouvrière européenne puisse faire des vagues en Chine. Il craint d’autre part pour la sûreté des investissements chinois en Europe.

 

La Grèce est la clé de la situation

En ce moment, l’Europe est la clé de la situation mondiale : c’est là que la lutte des classes est la plus aigüe, c’est là que se trouvent les plus grandes opportunités pour une percée de la gauche et des forces révolutionnaires. Mais s’il en est ainsi, la Grèce est en conséquence la clé de la situation en Europe, suivie de près par l’Espagne et le Portugal dans la chaine des maillons faibles de l’Europe capitaliste. Comme Trotsky le disait de l’Espagne dans les années ‘30, non pas une mais 3 ou 4 révolutions auraient été possibles si les travailleurs grecs avaient une direction prévoyante et un parti de masse à sa tête. Le jour de la dernière grève générale, un programmeur informatique grec a commenté dans le journal britannique The Guardian : ‘‘Personnellement, je suis épaté qu’il n’y ait pas encore eu de révolution.’’ La télévision britannique a aussi commenté que seulement 3% de la population soutient effectivement les mesures d’austérité du gouvernement et de la Troïka. Avec tous les tourments que les Grecs sont forcés d’endurer, à la fin du programme d’austérité actuel, la dette de la Grèce sera encore de 192% du PIB ! En d’autres termes, il n’y a absolument aucune chance que cette dette soit payée. L’austérité sans fin est cependant l’avenir que le capitalisme a décrété pour le peuple grec.

Toutes les conditions pour la révolution ne sont pas seulement mures, mais pourries. 19 jours de grève générale (parmi lesquelles quatre de 48h et le reste, de 24h) témoignent des réserves colossales d’énergie dont disposent les travailleurs grecs et de leur capacité à résister. Cependant, ils en ont conclu que, malgré une lutte magnifique, la Troïka et les capitalistes grecs n’ont pas encore capitulé. Il est donc nécessaire de se tourner vers le front politique, vers l’idée d’un gouvernement de gauche capable de montrer la voie pour sortir de la crise. Ce processus a trouvé place malgré le fait que les masses soient sceptiques vis-à-vis de Syriza et de sa direction. Des sections significatives des masses sont prêtes à soutenir Syriza, qui reçoit actuellement 30% de soutien dans certains sondages, mais ils ne sont pas prêts à rejoindre ses rangs et à s’engager activement. Il y a une part de cet élément dans beaucoup de pays. La forte déception consécutive à l’échec des partis ouvriers a entraîné un scepticisme extrême envers ceux-ci, même ceux qui sont formellement de gauche. La volonté est bien présente de soutenir les formations et partis de gauche aux élections, mais pas de leur donner du temps et de l’énergie en s’engageant dans leurs rangs et en les construisant. Les travailleurs ont été déçus dans le passé et craignent d’être à nouveau laissés tomber. Bien sûr, cet état d’esprit peut et va être modifié une fois qu’ils auront vu ces partis véritablement accomplir ce qu’ils ont promis. Cependant, au lieu d’aller vers la gauche, les partis de gauche en général - et Syriza en particulier - ont eu tendance à aller vers la droite, en baissant leur programme et en ouvrant même leurs portes à d’ex-dirigeants de la social-démocratie (comme le Pasok en Grèce) qui ont ouvertement joué un rôle de briseurs de grève dans la dernière période.

Dans les circonstances de la Grèce, les tactiques souples employées par nos camarades grecs - tout en restant fermes sur le programme - répondent aux besoins de cette situation très complexe. Nous devons avoir l’œil non seulement sur les forces de gauche à l’intérieur de Syriza, mais aussi sur les forces importantes qui se situent à l’extérieur et qui, dans certains cas, ont revu leurs positions politiques. Nous ne pouvons pas dire à quel moment le gouvernement actuel va s’effondrer (car il va surement s’effondrer), avec la probable arrivée au pouvoir d’un gouvernement de gauche emmené par Syriza. Mais nous devons être préparés à une telle éventualité, dans le but de pousser ce gouvernement vers la gauche, tout en aidant à créer des comités démocratiques populaires qui peuvent en même temps soutenir le gouvernement contre la droite mais aussi faire pression pour la prise de mesures en défense de la classe ouvrière. Il n’est pas impossible qu’une nouvelle force semi-massive significative émerge des tactiques dans lesquelles nous nous sommes à présent engagés.

Cela implique non seulement une concentration sur les développements dans la gauche et dans les partis des travailleurs mais aussi contre les dangers de l’extrême-droite, et en particulier celui de la montée du parti fasciste Aube Dorée, dont le soutien est récemment monté jusqu’à 14% dans les sondages, mais qui est maintenant descendu autour des 10%. Une des raisons de cette diminution est la formation de comités de masse antifascistes, que nous avons aidé à initier et dans lesquels nous avons attiré des travailleurs, des jeunes et des réfugiés. Ce travail est d’une importance exceptionnelle et pourrait être le modèle pour le genre de situation à laquelle la classe ouvrière peut être confrontée dans beaucoup d’autres pays à l’avenir.

Si la classe ouvrière et la gauche échouent à mener à bien une révolution socialiste, l’Histoire témoigne qu’ils devront en payer de lourdes conséquences. Les tensions sociales qui existent en Grèce ne peuvent être contenues pour toujours dans le cadre de la ‘‘démocratie’’. Il y a déjà une guerre civile voilée, avec plus de 90% de la population opposée aux ‘‘un pour cent’’ et cela peut exploser en un conflit dans le futur. Quelques éléments d’extrême-droite en Grèce ont discuté de l’idée d’une dictature, mais ce n’est pas immédiatement à l’agenda. Tout mouvement prématuré qui paraitrait imiter le coup d’état militaire de 1967 pourrait provoquer une grève générale totale, comme en Allemagne en 1920 avec le Putsch de Kapp, et entraîner une situation révolutionnaire. De plus, un coup d’Etat ne serait pas acceptable en ce moment pour l’impérialisme, la ‘‘communauté internationale’’, dans cette ère de ‘‘démocratie et de résolution des conflits’’.

Dans un premier temps, les capitalistes vont plus probablement recourir à une forme de bonapartisme parlementaire, comme le gouvernement Monti en Italie, mais en plus autoritaire. La position économique et sociale risquée de la Grèce va demander un gouvernement plus ferme et plus à droite qu’en Italie, avec le pouvoir de renverser le parlement ‘‘en cas d’urgence’’. Si cela ne fonctionne pas, et qu’une série de gouvernements de caractère similaire est incapable de forcer l’impasse sociale, et si la classe ouvrière, faute d’un parti révolutionnaire conséquent, échoue à prendre le pouvoir, alors les capitalistes grecs pourraient passer à une dictature ouverte.

Nous devons avertir la classe ouvrière que nous avons encore du temps en Grèce, mais nous devons utiliser ce temps pour préparer une force capable d’accomplir un changement socialiste de société. Le 14 novembre dernier, la réponse dans toute l’Europe a illustré que les luttes de la classe ouvrière sont liées entre elles. Si les travailleurs grecs brisaient les chaines du capitalisme et en appelaient aux travailleurs de l’Europe de l’Ouest, ou au moins aux travailleurs du Sud de l’Europe, il y aurait une énorme réponse pour un appel pour une confédération socialiste - qui impliquerait probablement l’Espagne, le Portugal et peut-être l’Irlande dans un premier temps, sinon l’Italie.

 

La Chine à la croisée des chemins

Comme le montre le fait que la première visite d’Obama après sa victoire électorale était en Asie, l’impérialisme américain a identifié ce continent comme une région-clé (plus importante que l’Europe, par exemple, stratégiquement et économiquement). Il s’agissait en partie de réaffirmer l’enjeu économique de l’impérialisme américain mais aussi à avertir la Chine de l’importance des intérêts stratégiques militaires des USA. Cela paraissait nécessaire à cause de la réaffirmation militaire de la Chine, qui a été révélée récemment dans les clashs de la marine chinoise avec le Japon à propos d’îles inhabitées contestées. Le Japon commence à construire ses forces militaires, seulement pour sa ‘‘défense’’ bien sûr ! Cela signifie que l’Asie va devenir un nouveau dangereux théâtre de conflits militaires, avec la montée du nationalisme et la possibilité de conflits déclarés, où les diverses puissances seront préparées à se confronter les unes aux autres, avec les armes si nécessaire, afin de renforcer leur influence, leur pouvoir et leurs enjeux économiques.

La Chine est le colosse de l’Asie, la deuxième puissance au monde après les USA. La façon dont elle se développe va avoir un effet énorme, peut-être décisif, sur la région et le monde. Et la Chine est certainement à la croisée des chemins, comme son élite dirigeante le comprend bien. Comme beaucoup de groupes dirigeants dans l’Histoire, elle sent les tensions contradictoires monter d’en bas et est incertaine concernant la façon de les gérer. Les érudits Chinois décrivent la situation actuelle du pays à The Economist comme ‘‘instable à la base, découragée dans les couches moyenne, hors de contrôle en haut.’’ En d’autres termes, en ce moment, les ingrédients pour une révolution fermentent en Chine. Le temps des taux de croissance spectaculaires de l’ordre de 12% est révolu. La Chine est aujourd’hui telle une voiture embourbée dans la neige : les roues tournent mais le véhicule n’avance pas. La croissance s’est probablement contractée entre 5 et 7%. Le régime revendique une certaine ‘‘reprise’’ mais ne s’attend pas au retour d’une croissance à deux chiffres. Cela va automatiquement affecter les perspectives pour l’économie mondiale. Un taux de croissance de plus de 10% n’était possible que par l’injection de ressources, qui est monté jusqu’à 50% du PIB investi dans l’industrie, ce qui est énorme et sans précédent. Cela a en retour généré du mécontentement et du ressentiment contre la croissance des inégalités et la dégradation de l’environnement ainsi que contre l’accaparation illégale des terres collectives par des fonctionnaires avides.

Cela et les conditions de surexploitations dans les usines ont généré une opposition énorme parmi les masses avec 180.000 manifestations publiques en 2010 (et ce chiffre a augmenté depuis), en comparaison à l’estimation officielle de 40.000 en 2002. Le retrait du ‘‘bol de riz en fer’’ (la sécurité sociale) et les attaques contre la santé et l’éducation ont ajouté au mécontentement. Cela a forcé la direction à réintroduire un minimum de couverture-santé. La direction chinoise est hantée par la gestion de ce volcan et par la voie économique à adopter. Le village de Wukan s’est soulevé il y a un an et a été victorieux après des batailles avec la police pour réclamer des terres qui leur avaient été volées par la bureaucratie locale. Ceci était symptomatique de ce qui se passe sous la surface en Chine : une révolte souterraine qui peut éclater à n’importe quel moment. A cette occasion, les fonctionnaires locaux ont battu en retraite mais d’un autre côté, les manifestants n’ont pas donné suite à leur mouvement. Il semble que cet incident et beaucoup d’autres sont ‘‘de petits soulèvements qui ne cessent de bouillonner à travers toute la Chine.’’ (Financial Times)

Beaucoup de protagonistes pensent naïvement que si seulement les seigneurs de Pékin connaissaient l’échelle de la corruption, ils interviendraient pour y mettre fin. Quelque chose de similaire se produisait en Russie sous le stalinisme. Au départ, les masses tendaient à absoudre Staline de toute responsabilité dans la corruption, pour laquelle il n’aurait pas été ‘‘au courant’’. Cela était considéré comme étant le crime de la bureaucratie locale et non pas de Staline lui-même. Mais l’arrestation de Bo Xilai et le procès de sa femme ont aidé à dissiper ces illusions dans la Chine actuelle. Il a été accusé d’avoir abusé de sa position pour amasser une fortune, acceptant d’énormes pots-de-vin tout en permettant la promotion de ses amis à de hauts postes. Bo, membre du sommet de l’élite (un prince rouge, fils d’un dirigeant de la révolution chinoise) est accusé de complicité de meurtre, de corruption passive et de corruption à grande échelle. Cela pose naturellement la question de la manière dont il a pu s’en sortir si longtemps.

En réalité, ce ne sont pas ces crimes (bien qu’ils soient probablement vrais) qui ont conduit à son arrestation et à son procès imminent. Il représentait un certain danger pour l’élite et faisait campagne pour un poste au plus élevé en évoquant, élément très dangereux pour l’élite, certaines expressions radicales du maoïsme associées à la Révolution Culturelle. En faisant cela, il aurait pu inconsciemment libérer des forces qu’il n’aurait pas été capable de contrôler, qui auraient pu aller plus loin et exiger des actions contre les injustices du régime. Qui sait comment cela se serait terminé ?

Le régime chinois est en crise. Il est assez visiblement divisé sur les prochaines étapes à accomplir (en particulier sur la question économique). Un prince rouge l’a exprimé brutalement au Financial Times : ‘‘La meilleure époque de la Chine est révolue et le système entier a besoin d’être remanié.’’ Les commentateurs bourgeois de journaux comme The Economist, le Financial Times, le New York Times, etc., ont récemment recouru à la terminologie qu’utilise le CIO, en décrivant la Chine comme ‘‘un capitalisme d’Etat’’. Ils n’ajoutent pas la clause que nous y ajoutons, ‘‘un capitalisme d’Etat avec des caractéristiques uniques’’. Cela est nécessaire pour différencier notre analyse de la position rudimentaire du Socialist Workers Party et d’autres, qui décrivent inexactement les économies planifiées du passé de cette façon. Le sens de la marche de la Chine est clair. Par le passé, le secteur capitaliste a augmenté au détriment des entreprises d’Etat. Mais récemment, et en particulier depuis le plan de relance de 2008, il y a eu une certaine recentralisation et le pouvoir économique a tendu à être plus concentré dans le secteur d’Etat, à tel point que maintenant les entreprises d’Etat pèsent maintenant 75% du PIB total. D’un autre côté, selon The Economist : ‘‘Les experts ne s’accordent pas à dire si l’Etat représente la moitié ou un tiers de la production chinoise, mais sont d’accord pour dire que cette part est plus basse qu’elle l’était il y a deux décennies. Depuis des années, depuis la fin des années 1990, les entreprises d’Etat paraissent battre en retraite. Leur nombre a décliné (à environ 114000 en 2010, une centaine d’entre elles étant des champions nationaux contrôlés centralement), et leur part dans l’emploi a chuté. Mais à présent, même alors que le nombre de compagnies privées a augmenté, la retraite de l’Etat a ralenti et, dans certaines industries, s’est inversées.’’

Il est clair qu’une discussion féroce a lieu derrière les portes fermées de l’élite. Les ‘‘réformateurs’’ sont en faveur d’un programme déterminé de démantèlement du secteur d’Etat pour se tourner de plus en plus vers le ‘‘marché’’. Ils proposent de lever les dernières barrières à l’entrée et l’action du capital étranger. Selon la rumeur, le nouveau ‘‘dirigeant’’ Xi Jinping, malgré la rituelle rhétorique du ‘‘socialisme avec des caractéristiques chinoises’’ soutient ces réformateurs. D’un autre côté, ceux qui ont proposé l’ouverture, dans l’économie mais aussi avec des réformes ‘‘démocratiques’’ limitées, paraissent mis à l’écart. Des études ont été réalisées sur la façon dont d’anciennes dictatures comme la Corée du Sud aurait réussi une ‘‘transition froide vers la démocratie’’. Elles ont eu lieu quand l’expansion économique ne s’était pas épuisée et même alors, il s’agissait d’un contexte de mouvement de masses. La ‘‘transition’’ proposée en Chine prend place au milieu d’une crise économique massive. Il paraitrait que les dirigeants chinois étudient avidement le rôle de Gorbatchev en Russie. Il avait d’abord l’intention de ‘‘réformer’’ le système et a fini par présider son démantèlement. Dans la Chine actuelle, des réformes importantes d’en haut provoqueront une révolution d’en bas. On ne peut pas exclure qu’une période ‘‘démocratie’’ très faible (avec le pouvoir encore aux mains des anciennes forces, comme aujourd’hui en Egypte avec l’armée et les frères musulmans au pouvoir) pourrait se développer après un soulèvement révolutionnaire en Chine. Mais cela ne serait qu’un prélude à l’ouverture des vannes à un des plus grands mouvements de masse dans l’Histoire.

 

Conclusions

En quatre ou cinq ans de crise économique mondiale dévastatrice, nous pouvons conclure qu’il y a des perspectives très favorables pour la croissance du marxisme, avec toutefois certaines réserves compte tenu du fait que la conscience (la vision large de la classe ouvrière) doit encore rejoindre la situation objective, qui peut encore être décrite comme prérévolutionnaire, surtout à l’échelle mondiale.

Les forces productives n’avancent plus, mais stagnent et déclinent. Cela a été accompagné d’une certaine désintégration sociale de certaines sections de la classe ouvrière et des pauvres. En même temps, de nouvelles couches de la classe ouvrière se créent ainsi que de parties de la classe moyenne (prolétarisées) et sont forcées d’adopter les méthodes traditionnelles de la classe ouvrière avec les grèves et les organisations syndicales. Le pouvoir potentiel de la classe ouvrière reste intact, même entravé et affaibli par les directions syndicales droitières ainsi que par la social-démocratie et les partis ‘‘communistes’’.

Le CIO n’a pas encore fait de percée décisive dans un pays ou un continent. Cependant, nous avons maintenu notre position globale en termes de membres et, surtout, nous avons augmenté notre influence dans le mouvement ouvrier. Beaucoup de travailleurs sympathisent et regardent de notre côté, ils peuvent nous rejoindre sur base des événements et de notre militantisme. Nous devons faire face à la situation en formant et préparant nos sympathisants pour le prochaine période tumultueuse, dans laquelle de grande opportunité se présenteront de renforcer les organisations et partis du CIO et l’Internationale dans son ensemble.

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 22:46
17-11-2012
Gaza : Non à la terreur d’Etat Israélienne !

Il faut infliger une défaite à l’offensive électorale désespérée de Netanyahou, Lieberman et Barak

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Le gouvernement Israélien a déclaré que son assaut brutal contre la Bande de Gaza, l'opération ''Pilier de Défense'' sera une ''large campagne''. Il menace d’un ''conflit prolongé''. Au nombre des attaques se trouve l’assassinat du dirigeant militaire du parti islamiste Hamas, Ahmed Jabari, tandis que de nombreux Palestiniens sont morts des suites de la terrifiante pluie de missile.
Le gouvernement Israélien a tourné le dos à l’accord de cessez-le-feu qui avait été négocié pour arrêter les attaques militaires des deux côtés. Les assassinats de Palestiniens par les forces armées israéliennes de ces derniers mois ont joué un rôle central dans l’escalade du conflit dans le Sud d’Israël et à Gaza. Il n'a pas fallu attendre longtemps pour que des gouvernements déclare considérer que la responsabilité principale du conflit revient au Hamas à cause des tirs de roquettes depuis Gaza. Ils se préparent clairement à reproduire le silence qui a caractérisé les puissances occidentales lors des précédents assauts du régime israélien contre Gaza, en 2008 et 2009.
Par des correspondants du CIO 
''Je suis responsable de notre choix d’exiger le tribut le plus lourd'' a déclaré le Premier Ministre israélien Benjamin Netanyahou. Les Palestiniens craignent une répétition des bombardements et de l’invasion de Gaza connus lors de l’Opération Plomb Durci, quand 1400 personnes ont été massacrées, dont 314 enfants. Des signes alarmants indiquent qu'une invasion du terrain est considérée, car les congés des soldats israéliens ont été annulés et des réservistes ont été rappelés.
En plus du nombre effroyable de Palestiniens morts ou blessés, des civils israéliens ont été tués dans la ville Israélienne de Kiryat Malakhi quand leur immeuble a été touché par un missile palestinien. Netanyahou et sa clique savaient pertinemment que leur assaut conduirait à ce genre de riposte. Mais leur but n'a jamais été d’encourager la paix et la sécurité pour les Israéliens ou pour les Palestiniens, mais de servir leurs propres intérêts.

La recherche de voix

Dans une déclaration émise le 14 novembre, le Mouvement de Lutte Socialiste (la section du CIO en Israël/Palestine) a expliqué qu’un facteur-clé dans le choix du moment de l’assaut est la volonté du gouvernement d'accroître son soutien en vue des élections législatives prévues en janvier. Le gouvernement prétend fortifier la sécurité d’Israël. Ces dernières semaines, les sondages ont montré que Likud Beytenu, le nouveau parti fusionné formé par Netanyahou et Lieberman, perdait du soutien.
Le Mouvement de Lutte Socialiste a déclaré : ''le gouvernement capitaliste de Netanyahou fait des efforts désespérés pour changer le planning des élections prévues en janvier afin de marginaliser les problèmes sociaux explosifs, dont Lieberman dit qu’il est ''malade d’en entendre parler''. Les assassinats opérés par le gouvernement israélien ces derniers mois ont joué un rôle central dans l’escalade des conflits dans le Sud et à Gaza.
''La décision du gouvernement de maximaliser les menaces d’actions militaires de représailles ainsi que les menaces d’actions punitives contre l’Autorité Palestinienne [de la Cisjordanie], font partie de la campagne électorale des politiciens nationalistes. Ils ont peur de perdre leurs sièges et veulent jouer avec les vies des Israéliens ordinaires.
''Le gouvernement espère approfondir encore les divisions entre Israéliens et Palestiniens, afin de remporter plus de voix. C’est cependant un pari particulièrement risqué dont Netanyahou, Lieberman et Barak peuvent définitivement perdre le contrôle. Il n’est pas encore clair à cette étape quel sera le degré, d’une part des attaques aériennes à Gaza (il a été déclaré qu’elles dureraient au moins plusieurs jours) et d’autre part de la réponse des milices palestiniennes à Gaza. Cette semaine, un certain nombre d’enfants et d’adolescents de Gaza ont déjà payé de leurs vies la cruelle campagne électorale de Likud Beyteny et du ministre de la sécurité Barak, et aujourd’hui 14 novembre, un autre bébé et une petite fille innocents ont été tués.''
Les dirigeants des principaux partis ''d’opposition'' Yachimovitch (Travailliste), Lapid (Yesh Atid) et Mofaz (Kadima) se sont vite rangés du côté du gouvernement et ont parlé d’une seule voix, sans réserve, sans même faire semblant d’offrir la moindre réelle alternative aux plans étroits, dangereux et fous du gouvernement actuel.
En plus de leurs objectifs électoraux, les dirigeants israéliens veulent empêcher une nouvelle demande de reconnaissance des palestiniens par les Nations Unies, se prémunir de toute pression pour des pourparlers de paix de la part du président américain Obama et essayer de contrer tout renforcement du Hamas en résultat des changements et tensions majeurs dans cette région – en Egypte, en Syrie, au Liban, etc.
Le Mouvement de Lutte Socialiste argumente que le gouvernement parie ''que l’offensive contre Gaza ne mènera pas à de vives protestations régionales et mondiales. Le gouvernement espère exploiter la guerre civile en Syrie et la montée des tensions au Liban pour porter un coup au Hamas à Gaza. Mais les développements en Syrie et au Liban ne vont pas nécessairement empêcher le possible développement de protestations significatives en Egypte, avec l’appel à défendre les habitants de la Bande de Gaza contre un autre bain de sang comme pendant l’opération Plomb Durci en 2008 et 2009.''
La stratégie sanguinaire de Netanyahou, Lieberman et Barak peut échapper à leur contrôle et leur retomber dessus en enflammant les relations entre les pays et les situations en leur sein. Il y a déjà des manifestations et des protestations qui éclatent dans les pays arabes et dans le monde entier, ainsi que dans les territoires palestiniens. En Egypte, frontalière de Gaza, un appel à défendre les habitants de Gaza a été fait pendant les manifestations. En Israël, Le Mouvement de Lutte Socialiste a immédiatement argumenté que ''l’opposition aux plans guerriers de Netanyahou, Barak et Lieberman peut et doit être organisée, en Israël et dans les territoires palestiniens aussi, de façon à empêcher une escalade du conflit militaire. Des premières protestations ont commencé à être organisées et devraient être étendues.''
En plus d’appeler à des manifestations, le Mouvement de Lutte Socialiste appelle les organisations ouvrières israéliennes, dont la fédération syndicale Histadrut et les mouvements sociaux, à dénoncer publiquement l’offensive et à participer à et prendre l’initiative de manifestations contre celle-ci.
  • Stop au massacre ! Pour la fin des tirs de missiles et des autres attaques contre Gaza!

  • Non à cette guerre du gouvernement israélien aux ordres du grand capital et des colonies !

  • Pour la fin du blocage de la bande de Gaza, pour l'ouverture de la frontière Gaza-Egypte !

  • Pour le retrait immédiat de l'armée israélienne des territoires palestiniens !

  • Pour une lutte de masse des Palestiniens, sous leur contrôle démocratique, afin de lutter pour une réelle libération nationale !

  • Pour le soutien de la classe ouvrière, à travers le Moyen-Orient et à travers le monde, pour la lutte des Palestiniens !

  • Pour des organisations indépendantes des travailleurs en Palestine et en Israël!

  • Pour une lutte visant à instaurer des gouvernements de représentants des travailleurs et des pauvres afin de mettre un terme à l'oppression, de défendre les droits démocratiques et de rompre avec le capitalisme et l'impérialisme !

  • Pour l'instauration du socialisme démocratique en Palestine, en Israël et à travers le Moyen Orient, avec garantie des droits démocratiques pour toutes les minorités nationales !

Dernière mise à jour : ( 17-11-2012 )
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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 22:40

La lutte des mineurs continue ! Pour la justice sociale !

Par David


La grève des mineurs de Marikana a transformé la situation en Afrique du Sud, annonçant une lutte offensive des travailleurs. Elle s’est répendu aux les autres mines augmentant la confiance et la détermination des travailleurs. Elle peut marquer le début d’une nouvelle ère dans le mouvement révolutionnaire du pays.

L’Afrique du Sud est le pays le plus inégalitaire au monde, les travailleurs vivent dans la misère, la famine et sont exploités : un travailleur noir moins bien payé qu'un blanc, gagne 18 rands/jour (l’équivalent de 1,23€) et 6 millions de sud-africains vivent avec moins de 10 rands/jour. Le taux de chômage atteint les 25% et culmine à 50% chez les jeunes. Les travailleurs continuent à vivre dans une pauvreté écrasante alors qu’une élite au pouvoir (ANC, Cosatu (syndicat majoritaire), patrons) se gave de la sueur et du sang de la population.

 

Une répression féroce de l’Etat et la trahison des directions syndicales !


Face à la lutte exemplaire des mineurs, l’Etat continue sa politique de répression et d’intimidation ; les attaques sur les mineurs continuent. Le 30 octobre, la police a encore tiré et gazé à la mine d’Amplats. Le gouvernement ANC, la Cosatu et leurs amis capitalistes tentent par tous les moyens de diviser les travailleurs et de casser la grève dans le sang et la terreur : 12 000 mineurs licenciés, arrestations sur des charges inventées, intimidations, corruptions…

Mais, les mineurs sont déterminés et organisés et ces luttes rappellent le combat mené contre l’apartheid et la détermination des masses à en finir avec ce régime capitaliste barbare. Les jeunes et les travailleurs exigent un changement de société. Ils n’ont pas reculé et continuent à se battre pour un salaire minimum de 12 500 rands. Les directions syndicales et de l’ANC, associés aux patrons, défendent un programme économique néolibéral agressif, avec des privatisations massives des services publics qui ont mené à une paupérisation grandissante de la classe ouvrière. Il est devenu clair qu’un gouffre sépare l’élite noire au pouvoir et la classe ouvrière frappée de plein fouet par la pauvreté.

 

Une alternative socialiste


Le Democratic Socialist Movement, section sœur de la Gauche Révolutionnaire en Afrique du Sud, a été l’initiateur de comités de grève dans les différentes luttes. Le travail de nos camarades a permis aux mineurs de former un Comité National de grève où la jeunesse, les travailleurs (syndiqués et non) et les femmes peuvent démocratiquement organiser leur lutte. Le comportement de l’ANC et de la Cosatu depuis le massacre de Marikana et après leur trahison sociale et politique a exacerbé la colère de la classe ouvrière. Leur crédibilité en a pris un grand coup, partageant avec la classe capitaliste la même peur et le même dégoût de la classe ouvrière. Le DSM participe également à la construction d’un nouveau parti de masse des travailleurs basé sur un programme socialiste, outil nécessaire pour défendre réellement leurs intérêts.

Le Comité National de Grève et le DSM, réuni le 13 octobre, proposent une marche massive devant les locaux de l’ANC. Après leur meeting qui a rassemblé plus de 200 délégués de grève, ils ont proposé l’organisation d’une grève générale et des manifestations d’ampleur nationale. Il y a une réponse enthousiaste aux idées du DSM parmi les travailleurs, ce qui indique un grand potentiel pour le développement d’un nouveau parti de masse des travailleurs. Il devra se doter d’un programme socialiste, afin de défendre plus encore les intérêts de la classe ouvrière d’Afrique du Sud, avec la nationalisation des mines, du secteur bancaire et pour une distribution des terres. Nos camarades sont les seuls à proposer une alternative socialiste qui renverse le capitalisme.

 

Appel à la solidarité ouvrière internationale et aux dons


La grève, commencée dans les mines de platine de Lonmin à Marikana, se poursuit dans plusieurs autres mines d’Afrique du Sud. Il y a maintenant plus de 100 000 mineurs en grève. Il est, donc, clair que la seule façon pour que les grèves réussissent est d’unir tous les travailleurs qui sont dans les luttes isolées vers une lutte coordonnée et massive. Les mineurs commencent à s’organiser en mettant en place des comités de grève sur différents sites en lutte.

Le Comité National de coordination de grève lance un appel international aux travailleurs à travers le monde, aux délégués syndicaux, aux syndicats et à toute organisation pour les soutenir. La solidarité internationale permet d’encourager les travailleurs dans leur combat. Il est nécessaire de faire connaître leur combat, de populariser la lutte grâce à des motions de soutien dans les syndicats ainsi que des collectes de dons pour les aider à poursuivre leur lutte.

Nous invitons tous les lecteurs, sympathisants, jeunes, travailleurs et camarades à soutenir le Comité National de coordination de grève des travailleurs sud-africains. Nous avons un besoin urgent de ressources pour financer le travail d’organisation. Vu l’ampleur du travail, il est important de répondre à cet appel, nos intérêts sont les mêmes, d’autant que les travailleurs sont en en grève depuis plusieurs semaines maintenant sans percevoir de salaire. Leur lutte ne doit pas s’arrêter là, c’est pourquoi tous les dons pour la lutte sont donc les bienvenus.

Standard Bank, South Africa, Workers Defence Fund 300495986 018 505 SBZAZAJJ

 

Une brochure pour approfondir

La Gauche Révolutionnaire va publier une brochure sur l’histoire du mouvement ouvrier en Afrique du Sud et la lutte actuelle. L’analyse du CIO et de la Gauche Révolutionnaire permet de faire le lien entre la situation des mineurs et une alternative socialiste au régime capitaliste qui persiste en Afrique du Sud.

 

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 22:59
14 novembre journée européenne de mobilisation : Assez de payer pour leur crise ! Non aux mesures d'austérité !

Plus d'un tiers de la population au chômage total ou partiel, des expulsions de logements, des cantines d'écoles, des hôpitaux fermés ...A travers toute l'Europe, et en particulier en Grèce, Espagne et Portugal, les plans d'austérité plongent chaque mois dans la misère des dizaines de milliers de travailleurs travailleuses et leurs familles de plus. L'austérité touche sévèrement d'autres pays d'Europe comme l'Italie ou l'Irlande. Il semble que le tour de la France est en train de venir.

Désormais les poids lourds de l'Union européenne ne peuvent plus cacher la situation. Loin d'être derrière nous la crise continue ses ravages. Le chômage, les plans de licenciements pleuvent en France, au Royaume-Uni ; la misère grandit comme en France avec 19,6 % des enfants vivant dans la pauvreté !

Prospérité pour les riches, austérité pour les autres...

Avec Hollande, beaucoup s'attendait à ce qu'il n'y ait pas de vrai changement mais au moins un ralentissement des attaques. Mais en fait, il n'aura pas attendu longtemps pour déployer une politique en faveur des riches et des grands patrons. D'un côté, 7 milliards de cadeaux à la banque Peugeot, de l'autre, l'acceptation des 3800 licenciements dans ce groupe automobile qui a accumulé les profits ces dernières années. D'un côté, Total qui va certainement avoir 12 milliards de profits en 2012 selon les dernières publications, de l'autre, en s'appuyant sur le rapport de l'ex-patron d'Airbus Louis Gallois, 20 milliards de cadeaux aux grandes entreprises sous forme d’allègement de cotisations et payés en augmentant les taxes sur notre dos (TVA et CSG). Sans parler des mesures d'austérité qui vont accompagner ce plan : nouvelles réductions de budget dans les services sociaux, dans la Santé etc.

Toutes ces mesures sont inacceptables, c'est aux riches, aux banques, aux grands patrons, aux groupes d'actionnaires de payer pour cette crise dont nous ne sommes pas responsables ! Ce n'est pas le «travail» qui coûte cher, puisque sans travail rien n'est fabriqué, ce sont les dividendes aux actionnaires et la course aux profits. Construisons une riposte d'ensemble pour rejeter le plan Hollande-Gallois !

Tous ensemble !

Partout dans les pays les plus attaqués, la riposte s'est engagée à travers des journées de grève et mobilisation massives. La Grèce depuis 2009 connaît des journées de grève générale, et l'Espagne et le Portugal ont connu des journées de grève générale gigantesques. Pour la première fois depuis que la crise s'est étendue à l'Espagne, une date commune de mobilisation est enfin avancée par la confédération européenne des syndicats pour le mercredi 14 novembre.

Nous avons besoin d'une vraie mobilisation de tous les travailleurs, travailleuses, jeunes, chômeurs et retraités en Europe.

Une journée de grève à l'échelle européenne permettrait de montrer la puissance des travailleurs en lutte. Bloquer l'ensemble des transports en Europe (ports- trains- avions- camions...), de la production, des échanges de services et financiers, et manifester par millions en même temps pour refuser l'austérité et les plans des différents gouvernements, permettrait de construire une première étape dans la lutte pour cesser de payer la crise.

Une grève générale européenne devrait être construite longtemps à l'avance et permettre à tous les travailleurs de s'y joindre sur la base d'un programme de revendications et d'actions communes, selon les développements des luttes dans chaque pays. Pour cela, nous avons besoin de mots d'ordre d'action clairs contre tout licenciement, aucune expulsion de logement, contre les coupes budgétaires dans les services publics, pour une hausse significative des salaires...

Construire une vraie riposte du monde du travail et des jeunes !

Le gouvernement Ayrault et Hollande annoncent une accélération dans la politique d'austérité et il ne s'arrêteront pas à ce premier plan, Dans le privé, les licenciements vont continuer de pleuvoir pour permettre d'engranger toujours plus de profits. Il faudra donc une riposte d'ensemble pour stopper ces plans.

Le 14 novembre en France, le mot d'ordre des principaux syndicats est contre l'austérité en proposant des rassemblements mercredi mais sans aucun appel clair à la lutte et à la grève dans aucun secteur. L'heure est pourtant à la riposte dans l'action commune des jeunes et des travailleurs, or la préparation de cette journée européenne est insuffisante.

Dès à présent, dans les rassemblements et manifestations, dans les lieux de travail et d'études, il faut discuter d'une vraie riposte organisée des travailleurs, des chômeurs et des jeunes en France et en Europe. L'unité est une force essentielle pour les travailleurs. Il nous faut une véritable journée de grève interprofessionnelle, préparée par des actions et des discussions sur les lieux de travail et d'étude, dans les quartiers, pour organiser la riposte tous ensemble, contre l'austérité et pour refuser de payer plus encore la crise du capitalisme !

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 12:20
Journée d’action internationale le 14 novembre : un tournant potentiel

Pour une grève générale dans toute l’Europe du Sud le 14 novembre !

Mobilisation en Drôme Ardèche


A valence, 14h, champ de mars

A montélimar, 10h, au théâtre

A Dieulefit, 18h, devant le temple

A Privas, 10h, préfecture

Aubenas, 14h30, champ de mars

Annonay, 14h, Super U

Le Cheylard,14h, mairie


 

Grève générale 14 novembre europe sud

  • Vers une grève générale dans toute l’Europe!
  • A bas les gouvernements de la Troïka!
  • A bas l’Europe des marchés!
  • Pour une Europe démocratique et socialiste des travailleurs!

Le 17 octobre dernier, les ''dirigeants'' européens se sont rassemblés pour préparer un sommet des chefs d’Etat à Bruxelles. Il s'agissait de l'énième réunion de crise depuis que la crise économique capitaliste et les bouleversements politiques et sociaux qui en découlent ont commencé à ébranler les fondations du ''projet d’unité européenne'' des patrons.

 

Déclaration du Comité pour une Internationale Ouvrière


 

Il est donc peu surprenant que ce sommet, comme ceux qui l’ont précédé, se soit terminé sans la moindre indication des étapes nécessaires pour stabiliser les crises économique et de la dette explosives du continent. Sous la direction de la Troïka (FMI, BCE et UE), des marchés et des dirigeants politiques capitalistes, l’Europe continue à marcher vers un profond désastre social, une accélération de la récession économique et une politique de la terre brûlée d’attaques contre les conditions de vie et les moyens d’existence des travailleurs, des jeunes, des chômeurs et des retraités de tout le continent. Rien que ces trois dernières semaines, les gouvernements de Grèce, du Portugal et d’Espagne ont introduit de nouveaux plans d’austérité, les derniers en date d’une série d’offensives sans fin.

Cependant, le même jour dans la même ville, un sommet de la Confédération Européenne des Syndicats a pris une décision importante : une journée européenne d’action des travailleurs contre l’austérité. Cela pourrait potentiellement représenter un tournant dans la lutte des travailleurs.

Le 14 novembre a été déclaré journée d’action européenne, avec au moins des grèves générales coordonnées confirmées au Portugal et en Espagne, une demi-journée de grève générale appelée par le plus grand syndicat italien, la CGIL, accompagnées par des manifestations de masse dans les autres capitales Européennes. Ce sera une journée de lutte internationale d’un plus haut niveau que ce que l’on a pu voir auparavant, et la première tentative d’une grève générale coordonnée depuis le début de la crise.

Le Comité pour une Internationale Ouvrière se réjouit de cette décision et va lutter pour s’assurer que le 14 novembre soit un succès qui jette les bases d’autres actions généralisées. Une journée de grève et de manifestations réussie peut envoyer un message d’unité, montrer la colère des travailleurs de toute l’Union Européenne et aider à surmonter le sentiment d’isolement qui existe parmi certaines couches des travailleurs et des jeunes dans des pays comme la Grèce.

Depuis le début de la crise actuelle, le CIO a souligné le besoin d’une coordination de la riposte dans toute l’Europe - y compris dans cette déclaration publiée juste avant la déclaration finale par la CES - et a pris des initiatives concrètes pour populariser et promouvoir l’action internationale, au-delà des manifestations Européennes symboliques appelées par la CES jusqu’à maintenant. La décision concrète de la direction de la CES de coordonner l’action du 14 novembre, qui découle logiquement du caractère continental des attaques contre les travailleurs et de la montée de la riposte, est aussi le résultat de l’augmentation de la pression de la base dans le mouvement ouvrier, en particulier en Espagne et au Portugal et dans les autres pays du Sud de l’Europe. Même si cette décision vient sur le tard et résulte d’une pression massive pour que l’action soit construite, le 14 novembre représente un développement essentiel et libère de sa bouteille le génie de la grève générale internationale. Cela pourrait poser les bases d’une lutte internationale d’un niveau encore plus haut dans la période à venir.

Cependant, l’ampleur de cette action largement acceptée par les dirigeants du mouvement syndical Européen n’a pas encore été clarifiée. Dans beaucoup de pays, les directions syndicales hésitent et reportent l’appel à l’action.

En Espagne et au Portugal, ils ont été obligés d’appeler à une grève générale. En Italie, le COBAS a appelé à une grève alors que le CGIL n’a pas encore décidé. En dehors de la péninsule Ibérique, il y a clairement la base pour augmenter le nombre de pays dans lesquels une grève générale pourrait et devrait avoir lieu, si les directions syndicales appelaient à la grève. En Grèce, cinq grèves générales ont déjà eu lieu cette année, et la coalition gouvernementale pourrie vient juste de donner son accord à une série de mesures brutales pour plus de destruction des vies de la population, notamment la semaine de travail de 6 jours. L’inclusion du 14 novembre en tant que date-clé dans la lutte en cours du mouvement ouvrier grec pour en finir avec le gouvernement de la Troïka et pour un gouvernement ouvrier est possible et représenterait une unité dans la lutte des combattants de la classe ouvrière grecque avec ceux qu’ils ont inspirés en Espagne et au Portugal.

Les conditions existent pour que le 14 novembre inclue une grève générale dans tout le Sud de l’Europe. En Espagne et au Portugal, l’appel à la grève existe déjà. En Grèce, en Italie, à Chypre et à Malte, la question se discute. En Belgique, des couches importantes du mouvement syndical se sont déclarées pour une grève générale le 14 novembre. Dans toute l’UE, il y a de la colère et l’exigence de l’action. Même dans certains pays où il n’y a pas encore eu d’appel, la situation est mûre pour un appel à une grève générale.

Nous insistons sur l’urgence d’organiser des manifestations de solidarité les pays où il n’y aura pas d’appel officiel à la grève générale. Suite à une journée d’action internationale, incluant une large grève dans le Sud de l’Europe le 14 novembre, un plan d’intensification et d’élargissement de l’action internationale pourrait être mis en place.

 

Le cauchemar de la crise

L’aggravation du cauchemar de la crise dans toute l’Europe et la détermination de la classe ouvrière et des jeunes à résister créent les conditions pour un tel processus. Le 20 octobre, 150.000 personnes ont manifesté à Londres contre l’austérité ; il y a eu une pression énorme sur les dirigeants du Trade Union Congres pour appeler à une grève générale de 24 heures et trois des principaux secrétaires généraux se sont déclarés en faveur de cette grève. Les dirigeants du TUC ont été forcés de discuter d’une telle possibilité en grande partie grâce à la lutte pour une grève générale de 24 heures par les syndicalistes organisés dans le National Shop Stewards Network (NSSN). En Grande Bretagne comme dans d’autres pays, la législation antisyndicale rend l’organisation d’une grève générale très compliquée mais cela ne peut pas être utilisé comme excuse pour l’inaction des dirigeants syndicaux.

En Irlande, des dizaines de milliers de personnes continuent à refuser de payer la ''household tax'' de la Troïka. En France, le tournant du gouvernement Hollande vers l’austérité quelques mois après son élection prépare le terrain pour une nouvelle période de confrontations de classe. Ainsi nous voyons qu’il y a la base pour les socialistes et les militants ouvriers et jeunes d’avoir en vue une grève générale de toute l’Europe, même si ce n’est pas réalisable dans l’immédiat. L’action du ''14N'' pourrait être un tremplin important pour une campagne en faveur d’une telle grève. Mais appeler simplement à la grève n’est pas suffisant. Une telle campagne doit être reprise dans les lieux de travail et dans tout le mouvement ouvrier, être expliquée et popularisée, en créant la confiance et en développant une stratégie pour dépasser les lois antisyndicales qui sont utilisées comme obstacles à la grève générale dans des pays comme Grande Bretagne et l’Allemagne.

Malgré l’importance d’un plan international d’action coordonnée, il est important que cette question ne soit pas utilisée pour freiner la lutte de classe dans un pays donné. L’action internationale coordonnée découle organiquement du calendrier de la lutte des classes de chaque pays, et commence avec la lutte contre les gouvernements et patrons nationaux. En Espagne, au Portugal et en Grèce par exemple, nous ne devons pas laisser le besoin de coordination à un niveau continental permettre aux bureaucraties bureaucrates de freiner l’action après le 14 novembre. Des grèves de 48 heures, par exemple, sont une étape essentielle pour construire la dynamique contre les gouvernements affaiblis de la Troïka et des gros capitalistes dans ces pays.

Le 14 novembre doit être le début et non la fin de la lutte pour unifier la résistance des travailleurs de toute l’Europe

 

  • A bas l’UE capitaliste !
  • Pour une Europe des travailleurs !

La lutte des classes européenne entre dans une nouvelle phase houleuse, où le renversement des gouvernements des partons va être à la portée des mouvements explosifs des travailleurs et des jeunes. Nous avons déjà vu avec le retrait forcé de l’attaque contre les salaires du TSU au Portugal comment on peut gagner contre les gouvernements pro-austérité et les représentants du capitalisme.

Cependant, nous pensons que pour obtenir des victoires durables et rompre avec le cycle de désespoir et d’appauvrissement, nos mouvements ont besoin d’être armés d’alternatives politiques pour investir la richesse de la société dans les emplois et la remontée des conditions de vie, et non dans le paiement des dettes des spéculateurs et le renflouement des banques.

Les véritables socialistes ont un rôle crucial à jouer en intervenant dans les batailles à venir pour populariser la lutte pour des gouvernements des travailleurs basés sur une telle politique et sur la nationalisation, sous contrôle démocratique, des banques et des principaux secteurs de l’économie. Pendant que les luttes des travailleurs européens se coordonnent à travers les frontières, nous voyons l’ouverture potentielle d’une alternative des travailleurs à l’UE capitaliste des marchés. Un mouvement international, sous le drapeau d’une lutte pour une confédération alternative démocratique et socialiste de l’Europe, égalitaire et sur base volontaire, est à l’ordre du jour.

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 22:19
Afrique du Sud : De l'apartheid à Marikana, la lutte pour la justice sociale se poursuit

Afrique du sud

 

Le succès de la grève des mineurs de Marikana a transformé la situation en Afrique du Sud et a annoncé une reprise de la lutte des travailleurs. La grève s'est répandue comme une trainée de poudre vers les autres mines et a énormément augmenté la confiance des travailleurs d’Afrique du Sud. Cette grève des mineurs a marqué le début d'une nouvelle ère dans le mouvement révolutionnaire du pays.

 

Le massacre de plus de 40 mineurs lors de ‘‘scènes rappelant les pires commises lors de l'apartheid’’ (Business Day, 17/08/2012) a choqué le cœur de la société sud-africaine et catapulté le pays sur le front des luttes ouvrières du monde entier, attirant le soutien et la solidarité de travailleurs de tous les continents.

Cette lutte a rappelé aux travailleurs les plus âgés les anciens souvenirs du combat mené contre le régime raciste de l’apartheid (un régime de ségrégation appliqué de 1948 au début des années ‘90). Pour les plus jeunes, un grand intérêt a été suscité. Ce n’est qu’en 1994 que la majorité noire de la population a finalement pu réellement en finir avec l’apartheid en élisant, au cours des premières élections libres du pays, le premier gouvernement du Congrès National Africain (ANC), suite à un accord négocié avec l’élite du pays.

Le monde entier avait retenu son souffle le 11 févier 1990, le jour de la libération historique de Nelson Mandela, après 27 ans de prison. Les espoirs et les rêves de la majorité de la population pour une nouvelle Afrique du Sud reposaient sur ses épaules : une nouvelle Afrique du Sud libérée de l'oppression et de l'exploitation féroce et sans pitié d'une minorité blanche. Cette libération fut le fruit de dizaines d'années de luttes au cours desquelles le régime de l'apartheid a tenté de noyé la révolution dans le sang. Le massacre de Sharpeville en 1960 et l'héroïque révolte de la jeunesse à Soweto en 1976, où 100 jeunes ont été massacrés par la police (voir l’encadré ci-dessous) ont montré la détermination des masses à en finir avec l'apartheid.

L'adoption de la Charte de la Liberté par l'ANC en 1955 a été une expression de l'exigence d'un changement révolutionnaire de la société par les travailleurs. Cette charte appelait à la nationalisation des secteurs-clé de l'économie et déclarait : ‘‘La richesse nationale de notre pays, l'héritage des Sud-Africains, doit être rendu au peuple, la richesse minérale du sous-sol, les banques et le monopole industriel doivent être rendus propriété publique dans leur entièreté.’’

 

Les luttes des travailleurs

Entre 1961 et 1974, le nombre de travailleurs noirs employés dans l'industrie minière d'Afrique du Sud a doublé. Ce fut là une véritable explosion de la classe ouvrière organisée, qui l’a propulsée sur le devant de la scène. En 1973, les grèves des dockers ont réellement bouleversé l'Afrique du Sud tout entière et ont emmenés les luttes vers un changement qualitatif d’importance.

Ces grèves de masse ont embrasé l'imagination des travailleurs du monde entier, qui ont démontré leur solidarité aux luttes avec des manifestations de solidarité, de actions de lobbying et de boycotts. Nombreux sont les travailleurs qui ont commencé à s'engager politiquement par le biais du soutien à leurs frères et sœurs d’Afrique du Sud.

Ensuite, les mouvements des travailleurs des années ‘80 ont conduit à la naissance de la fédération syndicale Congress of South African Trade Unions (COSATU) en 1985. La COSATU a adopté la Charte de la Liberté en 1987, soutenant que ‘‘Le socialisme signifie la liberté’’. Son plus grand affilié, le Syndicat National des Mineurs (NUM), mené par l'ancien militant Cyril Ramaphosa, était à la tête des grèves de masse, et le COSATU a initié une série de grèves générales qui ont rendu le pays ingouvernable et ont précipité la chute de l'apartheid.

Mais aujourd’hui, 20 ans après la fin de l'apartheid, qu'en est-il des espoirs et des rêves des travailleurs, cristallisés dans la Charte de la Liberté ? Le Comité pour une International Ouvrière et ses sections à travers le monde ont expliqué qu'après la chute du stalinisme et le virage à droite des directions sociale-démocrates et des syndicats à travers le monde, le régime blanc de Frederik de Klerk a su reconnaître le potentiel d’un partage du pouvoir avec l'ANC. Avec cet accord, les intérêts économiques fondamentaux du capitalisme n'ont pas été menacés, car la direction de l'ANC a elle aussi viré à droite. Dans les faits, elle a trahi la lutte révolutionnaire.

 

L'échec de l'ANC

L’Afrique du Sud est actuellement le pays le plus inégalitaire au monde, les 10% les plus riches de la population profitant de 60% des richesses alors que la moitié la plus pauvre se partage 8% de celles-ci ! Près d'un quart des foyers d'Afrique du Sud font quotidiennement face à la famine. Le travailleur moyen gagne 18 rands (l'équivalent de 1,23 euros) par jour, mais 44% d'entre-eux (c'est-à-dire 6 millions) vivent avec moins de 10 rands par jour. Le taux de chômage atteint les 25%, et culmine à 50% chez les jeunes. Cela signifie concrètement que les travailleurs continuent à vivre dans une pauvreté écrasante.

Un mineur a récemment fait part de ses conditions de vie dans la presse britannique : ‘‘Nous passons 8 heures sous terre. Il fait très chaud, et nous sommes privés de la lumière du jour. Parfois, le seul moyen d'avoir de l'air est d'utiliser la tuyauterie.’’ Sa cabane ne dispose pas d'électricité, ni d'eau courante, et deux familles se partagent les toilettes situées à l'extérieur. (The Guardian, 7/9/12)

Mis à part l'éphémère programme de reconstruction et de développement lancé lors des toutes premières années du gouvernement, qui a donné naissance à des améliorations limitées pour la classe ouvrière noire, l'ANC a poursuivi un programme économique néolibéral agressif, avec des privatisations massives des services publics tels que l'électricité et l'eau, qui ont mené à une paupérisation grandissante de la classe ouvrière. Cela a alimenté une kyrielle de luttes communautaires pour l'accès au logement et la distribution des services durant de longues années.

Par exemple, la fin des subventions de la distribution d'eau à Kwa Zulu Natal en 2000 a provoqué la plus grande épidémie de choléra de l'histoire du pays, les travailleurs s'étant vus forcés de boire aux fleuves et aux bassins de barrage car ils ne pouvaient se permettre de payer l'eau courante, devenue trop chère.

Des grèves massives du secteur public contre les privatisations en 2007 et en 2010 ont ébranlé le gouvernement de l'ANC, qui fait partie d'une tripartie avec le COSATU et le Parti Communiste d'Afrique du Sud (PCAS). Les divisions se sont répandues dans l'alliance à cause de l'abandon manifeste de la classe ouvrière par l'ANC, devenu le larbin des grands patrons et du capitalisme. Certains leaders du COSATU ont aussi rejoint les rangs de l'élite et ont abandonné leur lutte. Ainsi, Cyril Ramaphosa a été payé 76.000 euros l’an dernier en tant que directeur non-exécutif de la société minière Lonmin (dont dépend le site de Marikana), et est ainsi devenu le symbole du gouffre qui sépare la nouvelle élite noire et la majorité frappée de plein fouet par la pauvreté.

 

Une alternative socialiste

lutte des travailleurs

Suite au massacre de Marikana, la crédibilité de l'ANC en a pris un grand coup. Cet événement a prouvé qu'il partage avec la classe capitaliste la même peur et le même dégoût de la classe ouvrière. ‘‘L'ANC était dans l'esprit et l'âme des noirs, il avait presque acquis une propriété mystique. Mais maintenant ils ont perdu foi en lui. Le lien est brisé, et cela s'est passé à la télévision.’’ (The Guardian 7/9/12). Alors que la récession économique se poursuit, les patrons, soutenus par le gouvernement de l'ANC, continueront à vouloir se délester du fardeau sur les épaules des travailleurs. On ne s'attend donc plus seulement à des luttes explosives, mais à une séparation dans la tripartie et au sein-même de l'ANC.

Le Socialist Democratic Movement (Mouvement Socialiste Démocratique, section du Comité pour une Internationale Ouvrière en Afrique du Sud) propose une grève générale à Rustenburg, et projette une grève et une manifestation d'ampleur nationale.

La pression internationale des travailleurs et des militants doit être maximisée. La réponse enthousiaste aux idées du DSM parmi les travailleurs indique un grand potentiel pour la développement d'un nouveau parti de masse des travailleurs doté d'un programme socialiste, afin de défendre plus encore les intérêts de la classe ouvrière d'Afrique du Sud.

Photo ci-contre: des mineurs en grève lisent le journal de nos camarades sud-africains du Democratic Socialist Movement

 


 

La révolte de Soweto de 1976

Par Roger Shrives

En 1976, le régime de l'apartheid a été ébranlé par une révolte héroïque lancée par des milliers d'étudiants de la ‘‘commune’’ de Soweto, près de Johannesburg. La police a tué près de 140 personnes du 16 au 17 juin 1976, principalement à Soweto, et 600 autres en tentant de mettre fin à une année de révolte.

L’Afrique du Sud subissait alors toujours le régime de l'apartheid et son principe du ‘‘développement séparé’’ servant à racialement discriminer, dominer et priver de ses droits la majorité noire du pays ainsi qu'à assurer une vaste offre d'emploi à faible rémunération.

La gouvernement nationaliste au pouvoir a insisté pour que certaines leçons soient uniquement enseignées en Afrikaans, associé à la minorité dirigeante, particulièrement pendant l'apartheid. Les étudiants ont commencé a boycotter les cours d'Afrikaans et ont élu un comité d'action qui est devenu plus tard le Conseil Représentatif des Étudiants de Soweto (CCES). La campagne a commencé avec une manifestation le 16 juin.

La police a réagi en recourant au gaz lacrymogène, balancé sur une foule forte de 12.000 personnes. Les étudiants ont répondu par des jets de pierres. La police a ensuite tiré directement sur la foule. Hector Petersen, 13 ans, fut l'une des premières victimes, abattu sous les yeux de sa sœur et de ses amis. Le système éducatif a donc été l'étincelle qui mit le feu à de nombreuses autres manifestations durant l'apartheid, particulièrement dans les communes.

A l’époque, nos camarades britanniques du Militant (le prédécesseur du Socialist Party à l’époque où nous représentions l’aile marxiste du parti travailliste) décrivaient Soweto comme ‘‘un baril de poudre attendant une allumette pour le faire exploser’’ avec ‘‘des camps de concentration virtuels. (…)Un million d'Africains sont massés dans Soweto. La moitié de la population est sans emploi et donc sans autorisation de rester, à la merci des assauts de la police.’’ Cet article mettait en contraste les terribles conditions de vie dans les communes avec celles des classes moyennes blanches.

La révolte de Soweto a changé la conscience politique de la classe ouvrière noire sud-africaine. Les jeunes de la commune d'Alexandrie, au nord de Johannesburg, ont constaté leur incapacité à battre les forces de l'apartheid seuls, et ont mobilisé leur parents pour les soutenir. Le 22 juin 1976, plus de 1000 travailleurs de l'usine automobile Chrysler ont arrêté de travailler. Ce fut la première action de grève menée en soutien aux étudiants.

A Soweto, le CCES a pris la responsabilité d'organiser une marche des étudiants dans Johannesburg le 4 août, et durant 3 jours s'est déroulée la première grève générale politique depuis 1961. Le gouvernement est revenu sur le sujet des cours en Afrikaans, mais le révolte s'était développée et ciblait maintenant le régime lui-même.

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 19:08
Elections présidentielles aux Etats-Unis
Avec un bilan difficile, Obama tente de briguer quatre nouvelles années à la Maison blanche. Son adversaire républicain, Mitt Romney est un patron multimillionnaire mormon spécialisé dans la délocalisation et le démantèlement d’entreprises, qui prône un libéralisme fort et une destruction des services publics.
Par M. Helot


Obama Romney Elections Etats-Unis

La crise du capitalisme a fait des ravages dans l’industrie américaine. Aujourd’hui le chômage est à plus de 8%, les actifs toxiques qui ont fait exploser le secteur financier en 2008 sont toujours présents. Le pays subit une crise du logement sans précédent.
54% des électeurs américains estiment qu’Obama «ne mérite pas un second mandat». Et 52% des Américains se déclarent «dans une situation moins bonne aujourd’hui qu’il y a quatre ans». En 2008 les commentateurs bourgeois européens décrivaient Obama comme un réformateur qui allait prendre des mesures pour redresser l’économie et stabiliser les marchés. Quatre ans plus tard la politique d’Obama a sauvé les profits des banques. Les minorités, noire et latino principalement, qui avaient permis à Obama de devenir le premier président noir des USA ont vu leurs conditions de vie continuer à se détériorer et les discriminations augmenter.
Internationalement, le retrait des troupes d’Irak a permis d’intensifier la guerre en Afghanistan provoquant des milliers de morts civils et l’exécution médiatique de Ben Laden en mai 2011 a assuré un peu de crédit.

Après Occupy, les élections...

Le mouvement Occupy Wall Street a secoué l’ensemble de la société américaine. La lutte des classes a resurgi après des années sans mouvements sociaux, les grèves industrielles ont augmenté. Au pic du mouvement, des militants Occupy et des travailleurs en grève sont arrivés à bloquer une journée le port d'Oakland.
Ce mouvement sans précédent va avoir une importance dans ces élections. La colère contre les injustices du capitalisme s'est développée, une partie importante de la population dénonce les profits astronomiques des riches et des banques quand des usines ferment ou que les gens perdent leur emploi ou leur maison. La question des inégalités et des dégâts du capitalisme s’inviteront dans la campagne.
Romney et Obama semblent aujourd'hui au coude à coude. Romney peut l’emporter en se basant sur la déception des années Obama, mais son image de riche capitaliste peut aussi se retourner contre lui après cette phase de radicalisation. De plus Obama possède encore une grande popularité dans les minorités qui pourrait faire de nouveau la différence.
Le sentiment de défiance vis-à-vis de la domination des deux partis républicain et démocrate se développe depuis Occupy. Aujourd’hui, les États-Unis déclinent en tant que puissance incontestable sur le plan international. Le retour de la lutte des classes est un changement majeur dans la situation. Une nouvelle phase de lutte et de politisation permettrait de poser la question du socialisme à une plus large échelle au-delà des clichés et des amalgames entre socialisme et stalinisme plus forts aux USA qu’ailleurs.
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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 19:41
L'enlisement du conflit Syrien

 

Voilà déjà un an et demi que les conflits ont débuté en Syrie. Né dans la vague des révolutions qui ont secoué le Maghreb et le Moyen-Orient au printemps 2011, le soulèvement populaire syrien s'enlise et prend les allures d'une guerre civile particulièrement meurtrière.
Par Rachel M.

Des aspirations révolutionnaires aux conflits sectaires

Le mouvement d'opposition au gouvernement d'Assad a commencé en mars 2011 avec des manifestations de masse contre le chômage, la pauvreté croissante et la corruption du régime. D'emblée, la répression du mouvement a été extrêmement forte, tortures et massacres étant monnaie courante. Afin de consolider sa résistance et répondre à la violence, la population s'est organisée en comités locaux démocratiques et les rebelles ont rapidement été poussés à prendre les armes. L'absence d'outil pour prendre en main le soulèvement, tel qu'un syndicat indépendant ou un parti de masse des travailleurs, a fait que cette défense armée n'a pu être liée à un programme politique exigeant la fin de la dictature d'Assad et un véritable changement économique et social. Cette absence d'unité de la population derrière un programme commun a favorisé la dérive vers des tensions ethniques et communautaires de plus en plus fortes, encouragée par Assad pour asseoir son régime. Aujourd'hui, la population est prise au piège dans ce conflit devenu purement militaire et dénué de tout appui sur les volontés démocratiques des masses en lutte au départ. La majorité des victimes sont des civils et le nombre de réfugiés dans les pays voisins a dépassé les 200 000 rien que pour ce mois d'août.
La Syrie est un terrain où s'affrontent par procuration des puissances internationales : Russes et Iraniens soutiennent le régime d'Assad alors qu'Arabes et Turcs se rangent du côté des rebelles, avec le soutien de puissances occidentales comme les EU, la Grande Bretagne ou la France.
Mais aucune de ces forces ne se soucie réellement de l'amélioration des conditions de vie de la population syrienne. Chacune y voit juste l'opportunité d'y développer ses propres intérêts économiques et politiques. C'est pourquoi notre internationale, le CIO, ne soutient pas  l'intervention de l'OTAN, celle-ci ne représentant pas un gage d'amélioration pour le futur des syriens. Rien ne laisse entrevoir aujourd'hui une fin proche de ce conflit. Les divisions sectaires se renforçant, cela pourrait mener à un éclatement de la  Syrie en diverses enclaves ethniques. Sur ce thème, le conflit syrien s'exporte d'ailleurs déjà et menace d'embraser les pays voisins comme le Liban ou la Turquie.
Quelles perspectives pour le peuple syrien ?
La population doit s'unir à la fois contre le régime brutal et meurtrier d'Assad, mais aussi contre la mise en place d'un régime réactionnaire pro-capitaliste qui ne ferait que renforcer les tensions ethniques. En s'inspirant des révolutions en cours en Égypte et en Tunisie, et en développant une solidarité de classe au delà des frontières, les travailleurs syriens doivent se rassembler dans un parti de masse pour y développer un programme socialiste qui garantisse les droits de chaque minorité ethnique et une politique sociale en faveur de tous. Il est de notre devoir, en tant que socialiste internationaliste, de tout faire pour aider les travailleurs syriens à s'organiser et à construire cette unité de classe dont ils ont besoin pour sortir de l'horreur qu'ils subissent.
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Luttons contre le FN

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Journal L'Egalité

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"Le sens réel du mot d'ordre d'égalité ne peut résider que dans l'abolition des classes sociales" Lénine  

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Comité pour une Internationale Ouvrière

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Gauche Révolutionnaire, séction française du

Comité pour une Internationale Ouvrière

  Le capitalisme est un système mondial et il doit être combattu à la même échelle. C'est pourquoi la Gauche révolutionnaire fait partie d'une organisation marxiste internationale: le Comité pour une Internationale Ouvrière (CIO), un parti mondial actif sur tous les continents. Notre lutte en France s'inscrit dans le cadre d'une lutte des travailleurs du monde entier pour un société socialiste car si la révolution socialiste éclate sur le plan national, elle se termine sur l'arène internationale. La démocratie ouvrière et la planification socialiste de la production ne peuvent se limiter à un seul pays. C'est d'ailleurs l'isolement de la Russie soviétique qui a conduit à sa dégénérescence à partir de 1924.

     Le CIO est une organisation socialiste internationale qui comprend des sections dans quarante-cinq pays sur tous les continents.

L'histoire du CIO, Comité pour une Internationale Ouvrière