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Présentation

  • : Gauche Révolutionnaire Drôme Ardèche, section française du Comité pour une Internationale Ouvrière
  • : "Pour une société démocratique socialiste" La Gauche Révolutionnaire lutte pour un monde débarrassé de la misère et de l'exploitation. Un monde où l'économie sera organisée démocratiquement par les travailleurs eux-mêmes pour satisfaire les besoins de tous. Pour cela, il faut en finir avec le capitalisme et sa loi du profit. C'est par le socialisme, par une Révolution, par la planification démocratique de l'économie que pourra commencer à se mettre en place une société démocratique socialiste
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Citation

« Le prolétariat se servira de sa suprématie politique pour arracher petit à petit tout le capital à la bourgeoisie, pour centraliser tous les instruments de production entre les mains de l’Etat, c’est-à-dire du prolétariat organisé en classe dominante, et pour augmenter au plus vite la quantité des forces productives. [...] les antagonismes des classes une fois disparus dans le cours du développement, toute la production étant concentrée dans les mains des individus associés, alors le pouvoir public perd son caractère politique. Le pouvoir politique, à proprement parler, est le pouvoir organisé d’une classe pour l’oppression d’une autre. Si le prolétariat, dans sa lutte contre la bourgeoisie, se constitue forcément en classe, s’il s’érige par une révolution en classe dominante et, comme classe dominante, détruit par la violence l’ancien régime de production, il détruit, en même temps que ce régime de production, les conditions de l’antagonisme des classes, il détruit les classes en général et, par là même, sa propre domination comme classe.

A la place de l’ancienne société bourgeoise, avec ses classes et ses antagonismes de classes, surgit une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous. »

marxMarx / Engels
Manifeste du parti communiste
1847
18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 21:57
Pourquoi nous appelons à voter Philippe Poutou
      Au moment du bouclage de ce journal, il n’est pas encore assuré que Poutou puisse réellement se présenter à l’élection présidentielle. Les difficultés à recueillir 500 signatures de maires sont compliquées par le blocage exercé par les grands partis, qui font pression sur certains maires pour qu’ils ne signent pas. Le caractère antidémocratique de ce mode de sélection est à l’image d’un système où seuls ceux qui ont de gros moyens financiers peuvent réellement faire campagne.
     De ce point de vue, la candidature de Poutou est bien différente. Simple ouvrier d’usine et non pas politicien professionnel, Poutou est présenté par le NPA pour justement défendre la classe des travailleurs, et les opprimés en général. Dans une période où la crise frappe durement les plus modestes, présenter un candidat qui a permis, avec ses collègues de travail, d’empêcher la fermeture complète de l’usine Ford de B
lanquefort près de Bordeaux, est plus qu’un symbole. 

Par A.R..

L'Egalité n°154 (Mars-Avril2012)

 

 

Campagne encore confidentielle…

     Certes, les sondages ne le créditent pas d’un score important mais nous sommes encore à des semaines de l’élection. Une partie des difficultés est d’ailleurs liée à la crise du NPA qui n’a pas de politique réellement claire au delà de revendications sociales tout à fait correctes : augmentation des salaires, refus des licenciements etc.
     Ne développant pas un programme transitoire pour renverser le capitalisme et le remplacer par le socialisme, la candidature Poutou est un peu en demi-teinte, parlant beaucoup des luttes nécessaires mais ne leur donnant qu’une perspective défensive. Or les travailleurs peuvent être d’accord avec ces revendications, mais devant les énormes sacrifices qu’il faudrait pour les imposer, il est possible qu’ils ne voient pas l’utilité de voter Poutou pour les obtenir.
     Il faudrait que la campagne soit plus dénonciatrice du capitalisme, de la loi du profit, du règne des politiciens menteurs et de leurs amis voleurs.
Il faudrait dire qu’il faut les dégager tous.

…mais qui progresse.

     Il faut espérer que c’est dans cette direction que va avancer la campagne pour Poutou, en tous cas, c’est sur ces bases que nous appelons à voter pour lui. Parce que qui mieux qu’un travailleur d’usine peut dénoncer l’exploitation, les milliards de profits faits sur notre dos, les injustices ?
     Ceux qui voteront Poutou auront certainement les mêmes aspirations que les électeurs des autres partis à gauche du PS : en finir réellement avec ce système pourri qu’est le capitalisme. Il faudra alors trouver les moyens que tous ces électeurs luttent ensemble pour réellement en finir avec cette dictature des banques et des grands patrons.
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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 16:15

 

logo horizontal npa nouveau parti anticapitalisteLe NPA est-il toujours un pas vers un nouveau parti de lutte des travailleurs et de la jeunesse ?

 

 

Nous reproduisons ci-dessous, la déclaration votée à la majorité par la conférence nationale de la Gauche révolutionnaire des 4 et 5 février 2012.

Le courant Gauche révolutionnaire quitte le NPA.

 

La crise du capitalisme, la pire depuis celle de 1929, continue de faire des ravages et de justifier des politiques d’austérité sans précédent contre les travailleur, en France et dans de nombreux pays. Ceci a entraîné à la fois des mobilisations de masse (comme la Grèce le montre encore ces jours-ci) mais aussi de nombreuses difficultés, encore présentes aujourd’hui. Il y a d’un côté une rage et une colère contre ce système, les politiciens à son service, les banques etc. et de l’autre une incapacité à pouvoir agir du fait de l’inertie des directions nationales des syndicats et des partis dit de gauche.

Les travailleurs se retrouvent sans outil politique pour élaborer une stratégie collective et un programme pour leurs luttes. L’absence d’un parti de lutte des travailleurs et de la jeunesse entraîne de nombreux autres problèmes, notamment qu’il n’y a pas de voix indépendante qui parle à une échelle de masse dans le débat politique national qui est largement dominé par des partis se plaçant dans le cadre du capitalisme et n’offrant aucune perspective réelle autre que différentes formes d’austérité. La nécessité d’une alternative au capitalisme, de la construction d’une société socialiste et démocratique, où l’économie sera planifiée et organisée démocratiquement par les travailleurs eux mêmes, en lien avec la population, permettant de satisfaire tous les besoins et de tenir compte de tous les critères (énergétique, sociaux, environnementaux etc.), n’apparaît pas dans les discussions politiques et n’est donc pas appropriée par les travailleurs, la jeunesse et les autres couches de la société. Cette question n’est pas nouvelle, depuis la faillite finale du stalinisme et la conversion totale du PS au capitalisme (sans que le PCF ait rompu avec lui), il n’y a plus de parti qui représente, même partiellement, les travailleurs, et plus généralement, tous les opprimés et leurs intérêts. C’est pour cela que depuis des années, la Gauche révolutionnaire (tout comme les autres sections de son internationale, le Comité pour une internationale ouvrière, CIO/CWI) défend la nécessité de nouveaux partis de masse des travailleurs et de la jeunesse, partis de lutte contre le capitalisme et pour le socialisme. C’est pour cela que, quand a été lancée l’idée d’un nouveau parti, le NPA, qui s’adresse réellement à la masse des travailleurs, des jeunes et des opprimés, nous avons dès le départ annoncé que nous y étions favorables et que nous voulions participer à le construire.

Nous avons donc participé aux débats et aux instances nationales du NPA, y compris dans la période précédent sa fondation, participé aux débats sur ses textes, écrit de nombreuses contributions et milité activement pour le parti. Pour nous, il s’agissait d’aider et de participer à un premier pas vers un nouveau parti de masse contre le capitalisme, un parti qui organise les travailleurs, les jeunes, et permette de discuter démocratiquement et fraternellement des tactiques et des stratégies pour les luttes, et des moyens de leur donner une perspective réellement socialiste. En tant que courant socialiste révolutionnaire, il nous semblait que le NPA pouvait réellement être ce pas en avant, même si le programme restait encore assez incomplet. Nous ne cherchions pas à imposer le notre mais le verser au débat.

C’est pour cela que nous avons essayé de proposer de discuter de manière suffisamment approfondie à chaque fois que la situation l’imposait.

Le NPA s’est lancé sur la base du succès électoral de la LCR et de son candidat O. Besancenot à la présidentielle de 2007 où il était arrivé en tête des candidats à la gauche du PS. Depuis, sa popularité a continué d’être importante, et cela a rendu le NPA encore plus attractif. Il y avait un important potentiel, d’autant plus que le déclenchement de la crise du capitalisme en 2007-2008, même s’il n’allait pas amener mécaniquement les gens à s’organiser, rendait encore plus nécessaire un discours résolument anti-capitaliste. Lors du déclenchement de la crise et à ses différents stades, avec des luttes d’ampleur comme celle en Guadeloupe, ou celles contre les plans de licenciements, et ,plus récemment, avec les révolutions au Maghreb et au Moyen Orient, ou encore la catastrophe de Fukushima, le NPA aurait dû être un cadre d’élaboration collective. Les révolutions en Tunisie et en Egypte ont enregistré leur première victoire (chasser les dictateurs), ébranlé les fondements même du système en place parce que la classe des travailleurs est entrée massivement en grève et en lutte. Ce rôle décisif des travailleurs a permis au mouvement initié par la jeunesse de continuer, faisant que le processus révolutionnaire est toujours en cours. Mais la direction du NPA n’a pas voulu utiliser ces fantastiques évènements pour réaffirmer un projet socialiste révolutionnaire basé sur la lutte collective des travailleurs en lien avec la jeunesse et les masses opprimées.

Lors des luttes contre les fermetures d’entreprise au printemps 2009, nous avions proposé que le NPA prenne l’initiative de rencontres locales ou régionales de travailleurs, de syndicalistes, de jeunes, pour discuter tous ensemble d’une stratégie pour les luttes, et sous les formes qui seraient appropriées aux situations. Alors que les directions nationales des syndicats n’organisaient aucune lutte nationale de masse, laissant les travailleurs se débrouiller entreprise par entreprise, pour être finalement battus, de telles rencontres auraient permis de prendre des initiatives, et de tenter de les coordonner nationalement. Ceci n’a ni été entendu, ni été discuté. Tout au mieux des rencontres nationales ont eu lieu sans objectifs réels et sans propositions d’orientation réellement élaborées pour intervenir dans les luttes, les syndicats etc.

Nous avons de nouveau formulé cette proposition lors de la lutte pour les retraites à l’automne 2010, conscients que la grève générale, nécessaire à ce moment là pour battre le plan de Sarko-Fillon-Woerth, ne se décrète pas et ne peut être réduite à un slogan. Nous avons obtenu le même résultat, c’est à dire rien. Malgré des initiatives locales (intersyndicales larges par exemple), il n’y a eu aucun instrument national pour cette lutte pas plus que pour construire le NPA comme un parti capable de présenter une alternative à la fausse stratégie des directions syndicales relayées par des forces comme le PS ou le Front de gauche. Le NPA ne s’est pas renforcé lors de cette lutte car il est resté sur le terrain de la revendication sociale sans la lier à une volonté de virer Sarkozy et sa politique. C’est une erreur d’approche qui n’est pas nouvelle mais qui est encore plus grave en période de crise économique. Au lieu de voir que la colère a d’abord un fond politique, liant exigences sociales et rejet du système, et que c’est cela qui met les masses en mouvement, on se concentre sur les revendications sociales comme devant permettre ensuite, une fois atteint un certain seuil, de déboucher sur une situation de grève générale, elle même devant mûrir ensuite pour devenir révolutionnaire. Dans la réalité, c’est la volonté, confuse souvent, d’en finir avec « ça » qui amène à la lutte de masse. La question des retraites était là pour unifier, mais ne constituait pas le véritable fond du mouvement qui lui était « on a déjà une vie pourrie, on refuse que cela s’aggrave encore au profit des plus riches », autrement dit, on veut changer de vie, changer ce système. Ne présentant pas un programme clair mais restant à un niveau politique que la lutte elle-même dépassait en multipliant les slogans pour dégager Sarkozy sans se limiter à la question de l’attaque sur les retraites, le NPA a raté l’occasion d’apparaître comme le parti qui permet à la base de s’organiser pour définir une stratégie et la proposer aux millions de travailleurs et de jeunes alors en lutte. La ligne officielle du NPA était qu’il fallait qu’un « secteur » parte et serve de locomotive, sur le modèle d’autres grèves comme 2003 ou 95. Non seulement on ne peut pas plaquer à chaque fois des schémas, mais en plus, la grève de 95 qui avait battu Juppé-Chirac à l’époque, avait été préparée des semaines durant par des luttes, des assemblées générales etc. notamment chez les cheminots. Dans la période actuelle, alors que de nombreux militants du NPA sont souvent très actifs, le NPA en tant que parti n’a pas pris de réelle initiative. Pourtant, aujourd’hui encore, de telles rencontres de travailleurs et de jeunes seraient indispensables, quand on voit le nombre de grèves que les directions syndicales laissent isolées, et comment certains (PS, dirigeants de la CFDT mais pas seulement…), tentent de tout ramener à la seule élection présidentielle pour justifier de ne rien faire.

Sur des questions cruciales comme la catastrophe nucléaire de Fukushima, ou les révolutions au Maghreb ou au Moyen-Orient, la priorité du NPA est de participer à des « collectifs » sans réellement défendre une ligne politique spécifique et claire, qui ferait le lien entre ces évènements et la lutte pour le socialisme. Il aurait fallu de manière transitoire, en liant les aspirations et les revendications actuelles au fait qu’elles ne pourront se réaliser qu’en construisant le socialisme. Car pour en finir réellement avec les dictatures, l’impérialisme, ou les dangers que fait courir à l’environnement le mode de production anarchique du capitalisme, il n’y a pas d’autre moyens que de construire un monde débarrassé de l’exploitation de l’homme par l’homme. Au lieu de prendre exemple de la catastrophe de Fukushima pour montrer la nécessité d’une économie planifiée démocratiquement, le NPA concentre ses mots d’ordre sur « la sortie du nucléaire en 10 ans », ce qui ne réglera pas la question énergétique si nous restons dans le cadre du capitalisme. Lors du déclenchement de la crise et de la mise en place du sauvetage des banques et des plans de renflouement, nous avons proposé que le NPA adopte le mot d’ordre de nationalisation du secteur bancaire et financier sous le contrôle des travailleurs et de la population, proposition rejetée sans même être débattue. Même si les formules utilisées aujourd’hui se rapprochent un peu de cela, le NPA a raté sur ce sujet comme sur de nombreux autres, d’apparaître comme un parti ayant un programme clair à défendre.

4 ans après les premières discussions sur le NPA, au vu de son évolution et de ses débats actuels, il était grand temps de faire un bilan de celui-ci, de notre participation, et de déterminer si oui ou non ce parti peut encore être un premier pas vers un nouveau parti des travailleurs et si notre participation a encore un sens.

Ce que ce parti a permis

Le NPA a été lancé en ayant un grand écho, non seulement du fait de la popularité de Besancenot, mais également parce qu’il rompait avec les habitudes des années précédentes, en en appelant directement aux travailleurs, aux jeunes, à ceux qui veulent lutter et se débarrasser du capitalisme. Les premiers militants venaient donc d’horizons extrêmement différents. Certains étant d’organisations existant bien avant, ayant des propositions programmatiques, des secteurs d’intervention ou des pratiques militantes déjà ancrées, d’autres étant dans les syndicats ou des associations, et d’autres encore qui s’organisaient pour la première fois. Les rencontres militantes permettaient donc de nombreux échanges d’idées. Elles avaient un réel succès, preuve que cette volonté d’échange traversait tous le NPA. Cela permettait de découvrir des approches différentes, ou des thématiques qui avaient été peu approfondies. Les militants d’entreprise, de quartiers, dans la jeunesse avaient ainsi la possibilité d’enrichir les expériences militantes de chacun, groupe politique ou militant individuel, et ce fut le cas pour la Gauche révolutionnaire. Il restait la difficulté de dépasser certaines habitudes de formulation mais avec des discussions suffisamment fraternelles, approfondies et ouvertes, il était possible d’avancer.

Nous avons pour notre part proposé nos expériences, notre analyse socialiste révolutionnaire et internationaliste, même s’il a pu y avoir des incompréhensions (involontaires ou non), ou encore des approximations de notre part. Notre soucis a néanmoins toujours été de proposer nos idées au débat, sans négliger les différences qui pouvaient encore exister ni les sujets qui étaient abordés. La propriété publique des moyens de production, le contrôle des travailleurs et de la population sur celle-ci, la planification démocratique de l’économie tenant compte de toutes les questions (environnement, énergie, conditions de travail, besoins et ressources disponibles) ne sont pas de simple slogans mais constituent de vrais objectifs que les travailleurs, les jeunes etc. peuvent réaliser pour satisfaire leurs aspirations à en finir avec cette société d’oppression et d’exploitation.

Aucune question, du nucléaire au racisme, du sexisme à la destruction de la nature, du logement à la pauvreté n’a de réelle solution dans le capitalisme où l’inégalité, l’aliénation et l’exploitation règnent.

Nous avons dès le départ dit que nous construirions le NPA en tant que section de notre internationale, tout comme d’autres. Cela aurait dû permettre à la fois de confronter les différentes analyses des différents courants internationaux, leurs expériences notamment quand ils sont les seuls à exister dans certaines régions du globe. Cela aurait dû permettre de discuter de l’internationale de masse pour le socialisme qui est nécessaire. Hormis quelques débats pendant les premiers mois du NPA, cette préoccupation n’a jamais été réellement prise en compte. L’internationalisme n’est qu’un slogan au NPA où beaucoup ne s’inquiètent de ce qui se passe ailleurs que dans la mesure où cela les aide contre la bourgeoisie  impérialiste françaises et de quelques autres pays. La portée et la sens des nombreux mouvements qui ont eu lieu de part le globe n’ont jamais été discutés sur le fond.

Depuis le début, notre proposition était que le NPA adopte un fonctionnement large et ouvert, reprenant le fil du mouvement ouvrier d’avant le stalinisme. Le NPA étant un jeune parti, dont le programme mettrait du temps à se forger, il fallait un fonctionnement permettant réellement à chaque courant, local ou national, de présenter ses idées, dans et hors du parti, sous la forme qu’il souhaitait. A l’intérieur du parti, la plus grande fraternité se devait d’exister dans les débats, et la plus grande franchise quant aux idées également. Ce dernier aspect a malheureusement souffert de fortes suspicions de certains envers les militants déjà organisés avant mais ne venant pas de la LCR, voire même contre des militants ayant des propositions nouvelles. Pour notre part, nous avions dit que nous construirions le NPA en tant que courant, doté de son journal (L’Egalité, où sont développés nos analyses, nos propositions pour les luttes etc.), et en maintenant nos structures et nos moyens pour continuer nos discussions propres (notamment les débats de notre internationale), et enfin nos bulletins réguliers dans la jeunesse, tout en diffusant le matériel du NPA, notamment dans les entreprises où nous intervenions avant, ou dans les manifs. Nous nous réservions le droit d’éditer des tracts de notre courant en cas d’approche différente sur le fond d’avec le matériel du NPA. C’était le meilleur moyen, si tous les courants avaient adopté un tel fonctionnement, que dans ces premiers temps du parti, les idées de tous puissent être largement discutées et testées.

Enfin, nous proposions que le fonctionnement intègre réellement les militants ne venant pas de la LCR, et que donc les structures et commissions du NPA soit refondues et repensées, laissant une large place aux « nouveaux ». Ce ne fut pas le cas. Bien que la LCR soit formellement dissoute, toutes les structures du NPA étaient celles de la LCR, avec les mêmes équipes d’animation et les mêmes responsables. Sur une écrasante majorité des sujets, des revendications, les débats ont été très limités et on a abouti la plupart du temps à des formules de compromis souvent floues, voire à la reprise, par défaut de discussion suffisante, des formulations de la LCR.

Les raisons d’un échec

Alors que la crise du capitalisme entamée en 2007-2008 ouvrait d’énormes possibilités pour un parti anti-capitaliste de gagner une certaine audience, alors que les grèves par dizaines de début 2009 montraient une volonté de résistance des travailleurs, le NPA n’a pas profité de cette situation. Dès la fin des élections européennes, le NPA a complètement changé de profil. Un appel commun NPA/PG, publié le lendemain du CPN de juin sans avoir été discuté durant celui-ci, réorientait entièrement le parti. Il décidait que la priorité du NPA allait être la discussion avec les autres partis à la gauche du PS, en vue des élections régionales.

Ce débat a alors complètement dominé la vie du parti, y étouffant peu à peu la vie politique. Cela a abouti, du fait de la plate-forme adoptée par la majorité de la direction de l’époque (qui allait devenir la P1), au fait que d’une région à l’autre, le contenu politique du matériel ou les accords avec d’autres forces, étaient très différents et parfois sur des bases extrêmement faibles.

Et les choses n’ont fait qu’empirer depuis, tant au niveau de l’absence de démocratie, que de la priorité au débat sur la tactique dans les élections. Exit l’appel aux travailleurs et aux jeunes inorganisés, la discussion sur les luttes, comment on y intervient et de ce qu’on y défend, ou encore des autres sujets centraux qui ont été renvoyés à des commissions quasiment toutes issues de l’ex-LCR.

L’ambiance tendue, les polémiques très dures (pour ne pas dire plus), ont fait qu’aucun débat n’était serein. Les dernières réunions nationales (Congrès, Conférence nationale, CPN) étaient horribles de ce point de vue, dégoûtant à chaque fois de nouveau militants.

Et ceci est loin d’être fini, on voit les mêmes tensions et les mêmes blocages sur l’élection présidentielle et certainement bientôt sur les législatives, d’une autre manière puisque le NPA n’a qu’une « majorité » de circonstance, sans accord politique réel à l’issue de la conférence nationale de juin 2011.

Loin de tirer le bilan de tout cela, les 3 principales fractions qui dominent le NPA (toutes des fractions historiques de la LCR) étouffent la vie politique de celui-ci. La P2, considérée comme « l’aile gauche du parti », et dont nous avons été cofondateurs, a préféré une alliance au sein de la direction, plutôt que d’essayer de devenir un espace d’élaboration à la base, pour un NPA large mais centré sur la classes des travailleurs et la jeunesse. Depuis son lancement le NPA a perdu plus de la moitié de ses membres et cela va s’accélérant.

La crise était surmontable si l’on avait repris le débat de fond, et qu’un fonctionnement plus démocratique, qui implique réellement l’ensemble des militants à la discussion et aux décisions, soit mis en place.

C’est l’inverse qui s’est produit avec la Conférence Nationale où les militants n’avaient qu’à s’exprimer pour ou contre des textes qu’ils n’avaient jamais été invités à élaborer collectivement.

Aucun bilan réel, c’est à dire analysant les erreurs politiques de manière sereine n’a été ébauché. Les uns accusent les autres de ne pas être assez « révolutionnaires », et ces derniers disent que les premiers ne sont pas assez « unitaires », et cela s’arrête là. Mais l’un des problèmes majeur du NPA est qu’il n’approfondit jamais ses discussions, ne prend pas le temps de rediscuter de ses slogans et revendications en fonction des changements de la situation, du niveau de conscience ou de nouveaux évènements. Alors que les premiers temps du parti avaient vu une volonté d’élaboration, certes assez chaotique, elle a vite été supplantée, au nom d’un faux consensus, par des formules souvent issues de l’ex-LCR ou de la mouvance alter-mondialiste, selon les cas. Que ce soit sur les licenciements, avec l’utilisation du slogan « interdiction des licenciements » quelque soit la situation de la lutte et sans préciser comment cela se ferait (par une loi ? par un veto syndical ? ou par la nationalisation/socialisation sous le contrôle des travailleurs ?), sur la dette publique (refus pendant longtemps, d’avoir le mot d’ordre clair de nationalisation sous le contrôle des travailleurs et de la population de l’ensemble du secteur financier -banques, assurances…-, et même aujourd’hui, les formules varient d’un texte à l’autre), sur l’environnement (où l’essentiel du débat a semblé être de savoir si on est pour une sortie du nucléaire en 10 ou 20 ans)… et ce ne sont que des exemples, aucune de ces questions n’a été débattue de manière fraternelle approfondie, en cherchant à comprendre ce que chacun mettait derrière certains slogans. Du coup, rien de tout cela n’a été relié à ce qui devrait faire le cœur du NPA, à savoir comment développer un programme pour intervenir dans les luttes et les construire de manière à ce qu’elles soient des pas, même minimes, pour développer le combat pour le renversement du capitalisme et son remplacement par le socialisme.

Finalement, c’est à chaque fois sur les campagnes électorales que l’on avait le plus de débats et du coup le plus d’affrontement. L’ancienne direction du NPA, aujourd’hui divisée, porte une lourde responsabilité dans ce résultat. Mais ce n’est pas mieux actuellement, puisque ce qui divise le plus le NPA aujourd’hui, ce sont à nouveau les élections, présidentielle d’abord, puis législatives à venir, avec là encore d’importants affrontement fractionnels auxquels s’ajoutent désormais des enjeux financiers. Les textes adoptés ne le sont que sur la base de rapports de force dans la direction nationale, et ils changent selon les sujets. Certains semblent même tenter d’arrêter le NPA d’une certaine manière, pour revenir à la LCR ? En tous cas, il a été fait usage des circulaires officielles du NPA pour restructurer la section française du Secrétariat Unifié de la IVème Internationale auquel était affiliée la LCR, sans même que les autres courants internationaux présents dans le parti (dont le notre, affilié au Comité pour une Internationale Ouvrière) soient informés et se voient offrir la même possibilité. Toutes fractions confondues, l’intervention du NPA dans les luttes, en tant que parti avec son programme à proposer est soit relégué au second plan, soit effectué de manière formaliste, quelques revendications faisant office de programme. Et depuis, les militants se sont largement fatigués et distancés, ceux de la GR compris.

Si l’on ajoute à cela que le fonctionnement n’a jamais été bon, que beaucoup de décisions ont été prises de manière opaque, beaucoup de militants ont tiré la conclusion que le parti leur était retiré des mains.

La direction du NPA n’a pas tiré les leçons de ce qui a fait les échecs des nouveaux partis de par le monde (Bloc de gauche portugais, P-Sol brésilien, Syriza en Grèce, SSP en Ecosse etc.). A force de chercher un résultat électoral avant tout, de ne pas prendre suffisamment de temps pour discuter de la tactique et de la stratégie dans les luttes, de ne pas mettre en avant une orientation claire, le parti n’est pas apparu comme un premier pas vers une véritable alternative aux partis pro-capitalistes, capable de partir réellement de la situation et des luttes actuelles (auxquelles pourtant bien des militants participent) pour développer des propositions essayant de tracer une voie vers le socialisme. Le NPA est apparu comme un parti « contre », contre le capitalisme, contre la droite, contre le nucléaire etc. mais pas comme un parti pour une société qui permette de se débarrasser peu à peu des problèmes engendrés par le capitalisme, c’est à dire une société socialiste.

La fin d’une étape

La dégradation soudaine depuis le congrès et, quelques semaines après, la décision d’O Besancenot, qui a surpris tous les militants, de ne pas se présenter à la présidentielle a encore plus fragilisé le parti. Aujourd’hui, celui-ci est divisé avec une petite majorité (composé de l’ancienne P2 que nous avions contribué à construire, et d’une partie de l’ancienne majorité dite P1A qui a partagé la direction du NPA avec ceux qui sont aujourd’hui dans la minorité, et donc contribué à la trajectoire qu’a suivi le parti et n’ayant toujours pas expliqué pourquoi ils avaient changé) qui soutient la candidature de Ph Poutou. C’est une candidature unique en son genre, qu’un ouvrier de l’automobile qui travaille encore dans son usine soit candidat à la présidentielle. Et c’est un ouvrier de l’automobile qui a, après plusieurs années de lutte avec des centaines de travailleurs de son entreprise, réussi à empêcher le groupe Ford de fermer totalement l’usine de Blanquefort. 1000 emplois ont ainsi été sauvés. La minorité, appelée « Gauche anticapitaliste » défend désormais le retrait de la candidature de Poutou sans proposer ce que le parti pourrait dire dans cette élection.

Le climat d’affrontement au sein du parti n’aide rien. De plus, le contenu de la campagne décidé par la direction du NPA est faible politiquement, se contentant d’aligner toute une série de revendications sociales (augmentation des salaires, arrêt des licenciements etc.) certes justes, mais bien en dessous de ce qu’il faudrait dire en cette période de crise profonde du capitalisme. A aucun moment la campagne n’est tournée vers l’idée du pouvoir, du renversement de ce système, ou du rejet du capitalisme. La formule « bouclier social » pour se protéger face à la crise ne tient pas compte du fait que l’offensive des capitalistes est telle que ce « bouclier » est impossible à mettre en œuvre dans les conditions actuelles et que cela les travailleurs le savent bien. Et lorsque les luttes seront d’un niveau suffisant, alors on ne se contentera pas de défendre l’idée d’un bouclier sociale mais bien celle du renversement de l’ordre capitaliste. La volonté de se débarrasser de Sarko profite du coup avant tout au PS, et le rejet des politiciens au service du système profite d’une certaine manière à Marine Le Pen et au FN d’un côté ou à Jean Luc Mélenchon de l’autre. Alors que Besancenot faisait campagne en 2007 d’une manière qui liait aspirations sociales, rejet de l’établissement politique, et volonté de renverser le capitalisme, la campagne du NPA reste centrée sur des revendications sociales qui ne font pas suffisamment écho au ras-le-bol général des politiciens, des politiques anti-sociales qu’ils mènent et du système capitaliste qu’ils servent.

Le principal candidat à gauche du PS, Jean Luc Mélenchon, utilise des slogans comme « prenez le pouvoir ! », le NPA reste cantonné à des revendications. Au lieu d’interpeller Mélenchon en disant « chiche ! discutons ensemble, comment faire ? » ou « prenons le vrai pouvoir, l’économie et la finance, nationalisons les banques et les multinationales, annulons la dette, luttons ensemble pour cela ! », la campagne du NPA reste axée autour de slogans, tout à fait justes comme « nous ne paierons pas leur crise » mais sans proposer cette orientation au débat avec notamment une force comme le Front de Gauche de Mélenchon. Comment faire pour ne pas payer la crise ?

Quant à la minorité du NPA, la Gauche anticapitaliste, elle soulève effectivement ce point. Mais c’est souvent pour en faire un élément de sa volonté de passer des accords électoraux avec le FdG ou des composantes de celui-ci aux législatives. Car la GA reste persuadée que c’est une percée électorale qui pourrait changer la situation alors que les bons résultats de la gauche radicale en Europe ces dernières années n’ont pas débouché sur un changement de situation. Et la priorité à la réussite électorale (laquelle n’est pas fausse en soi) amène souvent à multiplier les concessions aux éventuels partenaires. La GA a accepté, par exemple, qu’on pouvait se contenter du mot d’ordre de moratoire (suspension) de la dette dans le but de ne pas payer la dette « illégitime » (à savoir donc quelle serait la part légitime et laquelle ne le serait pas, et légitime par rapport à qui et à quoi d’ailleurs ?).

Nous continuerons donc à soutenir la candidature Poutou à la présidentielle. Parce qu’il incarne le combat des ouvriers de Ford contre la fermeture de leur usine, et donc celles de centaines de milliers d’autres. Et parce qu’il représente encore le projet qu’aurait pu devenir le NPA, un parti où les travailleurs, les chômeurs, les jeunes etc. se retrouvent, luttent et s’expriment ensemble.

Ceux qui vont voter pour Mélenchon ou pour Nathalie Arthaud de lutte ouvrière ne sont pas dans le camp adverse. Mais il reste à savoir ce que le Front de Gauche fera de son score, qu’il n’ira pas l’utiliser pour négocier des positions avec le PS, trahissant ainsi les aspirations profondes de ses électeurs à un vrai changement.

Et maintenant ?

En juin 2011, nous lancions une énième alerte devant un nouveau tournant désastreux. Devant les nouvelles querelles, nous disions qu’il ne fallait pas que : « l’ambiance « champ de bataille » qui règne parfois ne transforme le parti en champ de ruines. »

En tant que nouveau parti, le NPA est un échec dont témoigne la perte de près des 2/3 de ses adhérents mais aussi le fonctionnement sclérosé qui est le sien aujourd’hui. Le NPA risque l’explosion dans les mois qui viennent, une partie continuera alors sa route comme une sorte de « LCR-bis » tandis que l’autre se tournera vers les organisations à gauche du PS. Chez les militants, une partie suivra les premiers pour sauver un collectif militant, ce qui est bien compréhensible, mais l’actuelle direction qui suit cette route n’a plus l’ambition de créer un parti large. Quant aux dirigeants de la seconde partie, ils confondent la question d’un parti large avec celle du regroupement, qui devient prioritaire, de diverses forces à gauche du PS, ils ont eux aussi abandonné le projet d’un parti qui en appellerait directement aux travailleurs, aux jeunes et aux opprimés en général, même s’il est juste d’avoir une politique en direction des autres forces à gauche du PS.

Nous pensons que nous n'apportons plus rien au NPA, que nous avons participé à construire quelles qu'aient pu être les approximations de notre part. Nous sommes pour un parti pluraliste, où les militants décident, débattent fraternellement etc. aujourd'hui la factionalisation du parti ne permet plus cela.
L’échec du NPA ne signifie pas la fin de tout. Nous sommes pour garder un maximum de contacts avec tous ceux avec qui nous avons tenté de défendre un projet de parti de masse pour lutter contre le capitalisme, et donc notamment parmi les membres de la P2. Nous participerons à toute initiative qui permettra de continuer à débattre ensemble et nous nous retrouverons dans les luttes.

Le NPA aurait pu être redressé si, comme nous l’avions proposé, il avait remis les débats de fond au cœur des discussions. Il aurait pu rebondir s’il avait démocratisé son fonctionnement, en laissant plus d’espace à la base du parti, en prenant le temps nécessaire pour discuter lorsque de nouveaux sujets ou évènements surgissent. La situation interne du parti, entièrement dominé par l’affrontement au sein de la direction, ne permet plus cela. Quant à l’orientation politique, elle peut être considérée comme un peu plus « lutte de classe » qu’il y a un an, mais cela ne correspond pas à l’activité réelle du parti qui centre, une fois de plus, toute son activité sur les élections présidentielle et législatives. Alors que Ph Poutou déclare dans la presse, « il faut se battre, mais les gens n’y croient plus », il n’y a même pas eu de réponse du parti pour dire que non, ce n’est pas les « gens » qui n’y croient plus le problème, mais bien que toute la colère et la rage qu’ils ont contre ce système et ses injustices ne trouve pas de moyen de s’organiser et de se transformer en action.

C’est pour tout cela que nous pensons que la Gauche révolutionnaire n’a plus sa place à être un courant socialiste-révolutionnaire du NPA. Le NPA a échoué à être un premier pas vers un nouveau parti des travailleurs. Malgré le gâchis que représente cet échec, nous pensons que d’autres occasions se présenteront pour créer un nouveau parti pour le socialisme, et nous y participerons.

De grandes échéances de la lutte des classes sont à venir, la crise va s’amplifier dans l’année 2012, avec la possible récession en France, en Allemagne et dans de nombreux autres pays. Les luttes orageuses en Grèce, en Tunisie, en Egypte et ailleurs le montrent. La remontée du Front National, la défense des plans d’austérité capitaliste par le PS et le maintien d’une politique violente contre les travailleurs par le gouvernement et le patronat, contre laquelle ni la droite ni le PS ne s’opposent, devront rencontrer une résistance de masse des travailleurs, des jeunes, des chômeurs, des retraités, hommes ou femmes, français ou immigrés. La nécessité d’un plan de lutte et d’action, de la défense d’une alternative socialiste, démocratique, au capitalisme va s’amplifier encore.

Nous défendrons mieux les idées qui sont les nôtres, notre programme pour la révolution socialiste, en redevenant une organisation indépendante, en menant nos propres activités, sur des mots d'ordre qui nous sont propres. Tous ceux et toutes celles qui souhaitent continuer à débattre avec nous dans cette perspective, notamment tous ceux qui, déçus ou furieux de l’échec du NPA, veulent néanmoins construire un parti pour renverser le capitalisme peuvent nous contacter pour continuer la lutte ensemble.

 

Le 10/02/2012

Gauche Révolutionnaire

 

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2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 11:15
26-06-2011
Contribution du courant GR-CIO aux militants du NPA, été 2011,

Quelques réflexions à propos de la Conférence nationale et après

Le NPA est dans une période particulièrement délicate. L’euphorie des premiers mois est bien loin. Lors de l’appel, popularisé par Olivier Besancenot, à fonder un Nouveau Parti Anticapitaliste, des milliers de personnes se sont intéressées au processus. Nous même, la Gauche révolutionnaire, avons essayé d’aider à cela. Notre proposition a toujours été d’essayer de fonder un parti large, de faire du NPA un pas vers un nouveau parti des travailleurs pour lutter contre Sarkozy et le capitalisme. C’est ainsi que nous avons fait nos propositions, ou exprimé nos doutes, puis participé à la fondation de ce qui allait devenir la position 2 pour le congrès de février 2010.

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Alors que la crise du capitalisme, la plus importante depuis 1929, continue de dominer la situation, entraînant d’importants mouvements de masses, des grèves et même des révolutions, les principaux débats qui ont dominé le NPA ont toujours tourné autour de la tactique dans les élections. Alors que ce système est dans une impasse, que chaque catastrophe affectant la nature ou notre environement montre qu’il a fait largement son temps, que des institutions comme l’Union européenne sont en crise, nous n’en débattons quasiment pas. C’est un gâchis, car des milliers de jeunes et de travailleurs sont aujourd’hui révoltés par l’injustice profonde de ce système, mais n’ont pas d’outil politique pour transformer cette révolte en lutte permettant d’avancer vers une société alternative au capitalisme.

Une crise du NPA amplifiée par les régionales

La décision du CPN (du NPA) du mois de mai permet de discuter sur une campagne pour les présidentielles avec un camarade candidat pour le parti et des discussions permettraient que ce soit un camarade ouvrier de l’automobile (car ce secteur est encore et toujours attaqué) et c’est bien. Sans aucune animosité contre les camarades d’autres plateformes, si vraiment on veut sortir le NPA de l’impasse, c’est la seule solution. Ceci dit, ce n’est qu’une solution temporaire, car cela ne règle pas les problème du parti dans son ensemble.
La situation de crise, initiée par la discussion sur les régionales, connaît en fait une nouvelle étape. Le NPA n’a pas de politique centrale, il continue d’être un agrégat de commissions sans cohérence, générant crises, de tensions, et affrontements en place de débats.
La position A (Consultation de novembre 2009, ne pas confondre avec le texte A d’aujourd’hui), a entraîné une régionalisation du parti. Si nous avions continué dans ce sens, sans le vote du CPN de mai dernier, nous aurions été dans une situation encore plus critique pour les législatives. C’est pour cela que nous avons voté pour l’arrêt des discussions avec le FdG, car le contenu n’est pas clair si on se réfère aux régionales. Et d’ailleurs rien ne dit que ce vote sera suffisant pour empêcher des tactiques locales.
La décision d’Olivier Besancenot peut être compréhensible car elle est le produit du mauvais fonctionnement de la direction du NPA depuis sa fondation mais elle place le parti dans une situation très difficile. Sa décision ne nous a pas étonné, même si nous sommes en désaccord (quittons nous une grève au milieu ? même si ce refus est le reflet du dysfonctionnement de la direction du NPA mais Olivier a pris une décision qui n’arrange rien et c’est dommage qu’il n’y ait pas dans ce parti de moyens de discuter de ce genre de choses). Cette décision n’endommage pas seulement le NPA. C’est toute une partie des travailleurs et des jeunes qui est privée d’un porte parole. Les travailleurs ne sont pas contre que quelqu’un s’engage à fond en politique, c'est justement l'engagement d'Olivier aux côtés des travailleurs et de leurs luttes qui l'a rendu si populaire, car il n'était pas un candidat comme les autres, et il donnait confiance, certains disent aujourd’hui : « il nous reste qui alors ? ». Ce n’est certes pas à Olivier de porter l’ensemble des conséquences de la situation du NPA.
Avec l'inculpation de DSK, le PS va pouvoir jouer une carte « plus à gauche » (en tout cas un discours qui se voudra plus social) avec la candidature probable de Martine Aubry ou de François Hollande. Et vu le ras-le bol de la politique de la droite, ils ont des chances de l'emporter et d'enchaîner avec une majorité à l'assemblée. Le Front de gauche présente un programme de gestion du capitalisme (calqué sur celui de Mitterand en 1980-81) avec des accents radicaux pouvant convaincre des travailleurs de la possibilité de faire pression sur le PS dans un gouvernement de type « gauche plurielle bis ».
Pendant ce temps, avec Marine Le Pen, le FN aborde des questions plus sociales et est très bruyant sur la corruption des directions syndicales et sur celle des politiciens. Ce sera évidemment un ennemi important mais nous devons le combattre en redoublant de dénonciations contre les riches, les capitalistes, en défense des travailleurs, des jeunes et des « gens modestes ». C'est aussi avec une intervention prioritaire et coordonnée dans les entreprises et les luttes que nous devons le combattre.
Au vu de la situation politique et sociale il est donc problématique que le NPA se retrouve à nouveau divisé par une question électorale, à croire que les leçons de l'échec des régionales n'ont pas été tirées. Et le pire est aussi la manière, car les divisions du NPA se font dans une ambiance détestable, menaçant même l’avenir du parti. 3000 participants à la consultation nationale, avec peu d’AG discutant de la situation politique et de notre intervention dans celle-ci, cela doit interroger : le NPA n’est-il pas en train de se transformer en échec ?

On ne réglera pas la crise du parti en reportant tout sur une campagne électorale, fut-elle excellente

La CN risque de ne pas régler grand chose, ne jouant pas le rôle de nous préparer à la rentrée. Par exemple, il aurait déjà été difficile d'obtenir les parrainages pour Olivier Besancenot, cela sera encore bien plus difficile pour un candidat inconnu. Et même si nous menions une campagne active, vu la crise du parti et sa division cela sera au prix d'un investissement énorme, qui ne laissera sans doute pas assez de forces pour réagir aux soubresauts probables de la lutte des classes dans la période à venir. Le principal problème est que le parti ne s'y prépare pas. Et pire, il est toujours possible que le NPA n’ait pas de candidat ou surtout, pas assez de signatures. Comment une telle situation pourrait-elle être gérée sans risquer l'éclatement du parti, vu le peu de cohésion politique auquel nous sommes confrontés?
Au vu du texte A on peut se demander si le retournement d'une partie de la P 1 vers la P2 constitue un réel bilan politique des choix faits ces 2 dernières années ou une conséquence de la décision d’Olivier Besancenot. On s’étonne de ce revirement alors qu’en mars, il était toujours hors de question de voter avec la P2. Quelle politique va donc être proposée ?
La Gauche révolutionnaire a rejoint le NPA en tant que courant pour construire un nouveau parti des travailleurs pour le socialisme. Les bases de l'appel initial laissaient penser qu’il était possible de participer au NPA et de proposer cette orientation au débat, pour que tout le monde milite ensemble, cela nécessitait que soient menées ouvertement et fraternellement les discussions de fond sur le type de parti nécessaire dans la période en même temps que de poser les bases de fonctionnement démocratique pour permettre d'inclure dans l'élaboration politique tous les militants. Nous considérons que beaucoup d'occasions ont été manquées pour aller dans cette voie, et que le potentiel pour redresser la barre se tarit. C’est par une intervention cohérente dans la lutte des classes, au moyen d’un programme défendant clairement le socialisme, en rendant son fonctionnement plus démocratique et moins réservé aux spécialistes de l’affrontement fractionnel, qu’on pourra peut être redresser le NPA.
Nous continuerons pour notre part à contribuer à notre mesure à la clarification politique nécessaire pour que le NPA se dote d'un programme à même d'en faire un outils efficace pour les travailleurs, en souhaitant que l’ambiance « champ de bataille » qui règne parfois ne transforme pas le NPA en champ de ruines.
Alex CPN-comité Rouen Gauche, Virginie CPN-comité Paris 17, Cécile CPN-comité jeunes travailleurs Paris (membres du courant gauche révolutionnaire du NPA qui regroupe en France les membres du comité pour une internationale ouvrière, CIO/CWI)
 

gauche révolutionnaire 26

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 19:09
Contre Sarkozy et le capitalisme,
pour que le NPA soit un parti de lutte pour le socialisme

Contribution au débat et propositions de la Gauche révolutionnaire pour le congrès de du NPA de février 2011.

     Depuis l'annonce en Juin 2007 par la LCR de lancer un processus de création d'un nouveau parti anticapitaliste, la Gauche révolutionnaire a participé activement au lancement du NPA. Pour nous, il s’agit d’essayer de concrétiser un premier pas vers un nouveau parti de masse des travailleurs et des jeunes. Fondé il y a deux ans, le parti, auquel nous participons en tant que courant, a laissé s’accumuler un nombre de débats importants que le congrès ne permettra probablement pas de clarifier. Plusieurs orientations s’opposent. Il est improbable que l’une d’entre elles soit majoritaire, et les divergences qu’elles dévoilent devront continuer à être discutées pour permettre de tracer des perspectives plus précises pour le NPA.

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Que peut répondre le NPA dans la situation actuelle ?

    Après deux ans d'existence, le Nouveau parti anticapitaliste arrive à un moment crucial. Lors de sa fondation en février 2009, le NPA avait un potentiel important : grande popularité d’Olivier Besancenot, principal porte-parole, vague de grèves dans le secteur privé, rejet croissant du capitalisme du fait de la crise et des nombreuses mesures gouvernementales d’aide aux capitalistes, les seuls à ne pas payer la crise qu’ils ont pourtant largement contribué à déclencher. Près de 9000 personnes avaient adhéré au parti.
    Mais pour qu’un tel potentiel se réalise, le NPA devait devenir un lieu de débat régulier sur la situation politique, économique et sociale, un lieu d’élaboration d’une tactique et d’une stratégie pour les luttes, et pour construire une véritable alternative au capitalisme : le socialisme.
     Ça n'a pas été le cas. Le débat électoral a dominé ces deux années. Et le parti en tant que tel n'a pas saisi les luttes de 2009 pour se présenter comme l'outil politique pour traduire la colère montante contre Sarkozy et face à la crise. Alors que les classes dirigeantes et le patronat s'accordaient pour faire payer la crise aux travailleurs, que les plans de licenciements se succédaient, le NPA n'a pas mené une réelle campagne pour la défense de l'emploi, contre les licenciements, s'adressant à tous les travailleurs en lutte dans les entreprises, pour discuter de la nécessité de s'organiser et des stratégies pour les luttes. Face à chaque situation, le NPA a peu élaboré ses réponses et a souvent repris les positions de l’ex-LCR sans plus de débats. Les positions que l’on retrouve aujourd’hui dans les débats de congrès sont nées de cette situation. Elles traduisent des différences d'orientation importantes.
    Aujourd’hui, la majorité des travailleurs et des jeunes ne sont pas organisés. Ils ont pourtant massivement lutté ces dernières années contre les politiques capitalistes, contre la casse des acquis sociaux. Aujourd’hui, l'absence d'un parti des travailleurs pèse sur les luttes. Mais il y a un espace politique pour un NPA qui fait des propositions aux travailleurs en menant campagne sur ses bases et en développant le soutien aux luttes. En ayant la possibilité de s’organiser, les travailleurs et les jeunes les plus combatifs auraient plus confiance, seraient plus efficaces dans la construction de leur lutte et plus forts dans la bataille dans les syndicats pour une orientation combative. C’est à cette couche des travailleurs et des jeunes que ce nouveau parti doit s’adresser en priorité car il est évident que ce nouveau parti ne peut pas être un simple regroupement des forces politiques déjà existantes.
    Le NPA analyse justement le blocage des directions syndicales et la volonté grandissante des travailleurs et de jeunes de résister. Le NPA devrait mener et dire : c'est le moment de lancer le 2nd round et mener campagne pour une journée nationale de grève contre l'ensemble de la politique de Sarkozy pour renouer avec les mobilisations de l’automne. 
    La position 1, majoritaire, refuse d'orienter le parti dans ce sens. Elle propose ni plus ni moins de continuer. Son texte d’orientation ne consacre qu’une toute petite partie à la situation parmi les travailleurs. Alors qu’elle porte la responsabilité de cette situation, elle ne tire aucun bilan de cela. En fait, l’orientation proposée ne propose aucune priorité de construction et d’orientation, ce qui va faire que le parti va continuer à être une addition de campagnes diverses locales ou nationales sans lien clair entre elles.
    Les collectifs divers auxquels nous participons, et plus encore certaines alliances électorales que nous avons nouées localement depuis un an, ne sont pas un moyen plus rapide de politiser les plus radicaux. Bien au contraire. Faute de volonté de définir au préalable, les bases politiques claires sur lesquelles nous voulons mener les discussions et les campagnes de ces structures, le parti devient suiveur plutôt que force de proposition. Et quand vraiment le contenu n'est plus tenable, il y a rupture sans avoir fait avancer les débats..
    Ainsi la direction a décidé en janvier dernier de refuser de participer aux forums initiés par le Front de Gauche. Pourquoi ? Parce qu'il y a le PS. Cela aurait pourtant été l’occasion de défendre le programme du NPA auprès des militants de base du Front de Gauche, même si ces forums auront un impact et une importance limités.
    Et, pendant la période précédant les élections régionales, c’est cette même direction qui multipliait les rencontres avec les forces type Front de Gauche mais sans discuter du fond (sauf sur la question des exécutifs des Régions), et sans proposer des rencontre publiques ou des campagnes communes, pour décider ensuite que chaque région ferait à sa guise. Cette décision est difficilement compréhensible à une échelle large.  Pourtant, beaucoup de militants de gauche, de syndicalistes, de travailleurs estiment que nous sommes pas assez unis face à Sarkozy et au patronat. Le NPA n’y répond pas, ou seulement lors d’échéances électorales, avec des concessions programmatiques dangereuses faites au Front de gauche dans certaines régions. Par contre dès qu’il s’agit de luttes, le NPA continue d’en appeler à « toute la gauche », donc y compris le PS. Le problème n’est pas d’en appeler au PS en soit mais du contenu qu’on met. Le PS est un parti pro-capitaliste, même si son électorat reste formé avant tout de salariés. Ce doit être à ceux-ci que nous nous adressons en interpellant la direction du PS. Malheureusement, le NPA a parfois signé des appels allant dans l’autre sens, comme sur les Roms ou sur la Tunisie. Ce manque de clarté doit être combattu : on doit être pour l’unité mais sur des bases qui renforcent le camp des jeunes et des travailleurs. On devrait ainsi s’adresser plus souvent à la direction du Front de Gauche sur certaines luttes (licenciements, salaires, emploi, services publics…). De même, le NPA devrait se prononcer pour une journée nationale de grève et de manifestation contre la politique de Sarkozy pour renouer avec les mobilisations de l’automne.
    Le NPA a organisé le 11 décembre dernier une rencontre de travailleurs et jeunes qui a rassemblé 700 participants. Ceci a montré qu’il y a toujours un potentiel. Mais cette rencontre n’a débouché sur aucune proposition de campagnes. Alors même qu’il ne s’était pas préparé au mouvement de l’automne dernier, le NPA a vu une large majorité de ses militants aux premières lignes de la lutte contre la casse des retraites, l’occasion n’a pas été saisie de profiler le parti au moyen d’une large campagne sur la crise du capitalisme et le refus de la payer.
C'est l’intervention dans les luttes et son anticipation qui seront cruciales dans la période à venir pour pouvoir gagner le soutien des travailleurs et jeunes inorganisés à la recherche d’un outil pour défendre leurs intérêts, mais aussi pour gagner le soutien des travailleurs déjà organisés et plus expérimentés (syndicalistes, militants politiques et associatifs).
    Le bilan du NPA n’est pas que négatif car il a permis à de nouvelles personnes de militer, et à des courants politiques de travailler ensemble. Mais il y a toute une série de choses à corriger et débattre.

2) Le NPA parce qu'un
nouveau parti des travailleurs est nécessaire

     Le système capitaliste cherche toujours à se présenter comme le seul système économique viable, mais la situation internationale montre chaque jour le contraire. C’est en réalité un capitalisme fragilisé par ses contradictions qui s’illustre dans les guerres et les conflits, dans la misère grandissante parmi les 7 milliards d'êtres humains. Chacune des luttes sociales, chaque soulèvement, en Tunisie comme en Égypte, sont les conséquences directes des effets de la crise. Ils montrent l'impasse de ce système et exigent des anticapitalistes de porter l'alternative à une échelle beaucoup plus large. Les luttes en Tunisie et en Egypte ont mis le mot « révolution » à l’ordre du jour. Le NPA devrait s’en saisir, pas comme d’un mot d’ordre plaqué, mais en lui donnant un contenu socialiste.
    La révolution tunisienne ouvre une nouvelle période, et beaucoup disent qu’il faudrait faire comme en Tunisie pour faire dégager Sarkozy.
    Dans ce contexte de crise profonde du système, la concurrence entre impérialistes est accrue. L'Union européenne a bien du mal à maintenir un semblant d'unité économique, l'euro est menacé. Le départ de l'Allemagne ou de la Grèce de la zone euro ne sont pas totalement à écarter. Alors, il ne s’agit plus pour Sarkozy d’essayer de maintenir un rang mondial impossible à conserver mais de tout axer autour de quelques secteurs stratégiques, pour les intérêts de la haute bourgeoisie et des plus gros capitalistes français. Il sacrifie donc tout le reste afin de maintenir une dizaine de secteurs performants. Pour cela il est nécessaire d’accélérer les attaques contre les travailleurs et de détruire la santé ou encore l'éducation publiques.
    Pour maintenir les profits les capitalistes français doivent abaisser directement et indirectement le coût du travail, c'est-à-dire la part de la valeur créée par le travail de l’ouvrier que le patron lui concède. C’est le but de l’offensive générale du gouvernement et de la haute bourgeoisie : allonger la durée du temps de travail, maintenir la politique de bas salaires, remettre en cause tout ce qui garantissait encore quelques droits aux salariés à travers les cadres des conventions collectives ou des contrats, définis nationalement, accentuer la concurrence entre les travailleurs avec ou sans emploi.
    Cette politique de Sarkozy n’est pas liée qu’à une vision personnelle mais à une nécessité absolue du capitalisme français. Il n’y a pas de capitalisme amendable ou à visage humain. Aussi toutes les forces qui refusent de remettre en cause ce système visent donc de fait à servir cette politique. Le tout pour elles sera de placer un vernis plus ou moins opaque ou de placer quelques « mesurettes » pour faire baisser un peu la vapeur.
    Dès la campagne présidentielle on a pu constater que les programmes économiques du Ps et de l’UMP étaient proches. De plus en plus de travailleurs ont désormais conscience que le PS n’est plus directement dans leur camp. Strauss Kahn à la tête du FMI est le chef d'orchestre de l'austérité généralisée aux pays développés et de la misère dans les pays néo coloniaux pour maintenir les profits des capitalistes. Le PS, en tant que parti, est devenu un parti entièrement pro-capitaliste, un parti bourgeois qui ne défend plus les intérêts des travailleurs.
    Pour que cette société marche à l’endroit, c'est-à-dire pour les besoins de tous, c’est aux travailleurs de prendre les choses en mains. Les révolutions tunisienne égyptienne le montrent. Ce ne sont pas les entreprises qui créent les richesses mais les travailleurs qui y travaillent. Le programme du nouveau parti anticapitalistes doit montrer le rôle essentiel des travailleurs dans le fonctionnement du système capitaliste et les intérêts communs qu’ont tous les travailleurs. Le combat contre ce système qui n’apporte plus rien de bon durablement à la majorité des travailleurs et des jeunes doit être l’objectif du nouveau parti. La perspective du socialisme en alternative au capitalisme doit devenir une perspective crédible pour un nombre grandissant de travailleurs. La seule qui peut donner un avenir à l’humanité et à la planète. Dans notre matériel, publiquement, nous devons avancer la nécessité de cette alternative. Non pas de manière incantatoire, mais en s'appuyant sur des revendications transitoires, qui partent des conditions objectives et des préoccupations actuelles des travailleurs, sur l'emploi, le logement, les services publics, l'environnement.. pour mettre en avant la nécessité de rompre avec le capitalisme et construire le socialisme.

3- Quel fonctionnement pour quel nouveau parti?

     Le déclin numérique depuis la fondation est confirmé par la participation aux ag électives. La politique de la direction sortante ces deux dernières années n’a pas permis de comprendre les départs ni d'adopter une attitude offensive pour construire le parti. Cela limite du coup les débats et peut même faire courir le risque de les scléroser, en les tournant trop vers l’intérieur du parti et pas assez en lien avec les luttes, en confrontant ces diverses orientations, en en discutant démocratiquement et avec un maximum de travailleurs et de jeunes.
Le Conseil politique national (CPN, sa direction élue en congrès) n'a pas permis de laisser une large place aux débats, afin d’irriguer la vie politique du parti. En réalité, ceci ne s’est quasiment pas produit. Le mouvement ouvrier est pourtant assailli quotidiennement par les idées de la bourgeoisie, et il est traversé par différents courants. L'existence du NPA doit permettre de clarifier le programme et la méthode pour que les travailleurs renversent le capitalisme et réhabiliter les idées marxistes.
    Pourtant, il y a des débats dans le parti. Malheureusement, la tendance lourde est de les solutionner par des moyens organisationnels (pousser au départ des camarades comme ceux d'Avignon Nord, demander qu'un ensemble de militants ne soit pas considérés comme membres du parti...). Ceci montre la fragilité du parti et le manque de confiance dans sa politique.
    Le parti doit être attractif et rassembler des jeunes et des travailleurs qui veulent se battre contre le capitalisme et les attaques du gouvernement, sans critères de vêtement, de conviction religieuse ou philosophique. Il doit se fixer l’objectif d’être à l’image de la classe des travailleurs et de la jeunesse aujourd’hui. Un des enjeux est de s’adresser aux jeunes et aux travailleurs qui ne sont pas organisés et de les convaincre de le faire. Il y a de nombreux niveaux de conscience, beaucoup sont encore bas. Mais le parti peut s'adresser à une couche large sur ses propres bases. Pour cela, il faut construire le NPA comme un outil permettant de défendre les intérêts de la classe ouvrière, d’organiser les jeunes et les travailleurs dans la lutte contre la politique du gouvernement et contre le capitalisme.
Il est donc important que son fonctionnement soit réellement démocratique afin de permettre à tous ces nouveaux militants de s’impliquer dans la vie de ce nouveau parti, de participer à l’élaboration de son programme politique, de discuter de son orientation dans les luttes, de prendre des responsabilités.

    Il est probable que le NPA va voir coexister les différentes orientations quels que soient les scores du congrès. Il faudra alors continuer les débats, de manière ouverte et fraternelle, afin de ne pas faire du parti un champ de bataille qui risquerait de se transformer en champ de ruines.
    Le courant Gauche révolutionnaire (qui regroupe les membres en France du Comité pour une Internationale Ouvrière, CIO/CWI, internationale socialiste révolutionnaire présente dans 47 pays) participe depuis le début à la position 2 (ex B). Mais aucun débat ne doit rester cantonné à une position. En tant que courant socialiste révolutionnaire, nous défendons que le NPA se fixe pour ambition de contribuer à l’émergence d’un parti de masse des travailleurs et de la jeunesse pour renverser le capitalisme et construire le socialisme.

- Contre les plans du gouvernement : défense des services publics, refus des privatisations, des suppressions de postes, de la casse des retraites…
- Pour une lutte collective contre les licenciements, les fermetures d’usine. Zéro licenciement, nationalisation sous le contrôle des travailleurs des entreprises qui font des plans de licenciements
- Pour une hausse immédiate des salaires : soutien et aide aux grèves pour les augmentations de salaire, Le NPA se prononce pour une augmentation de 300 euros des salaires et le smic à 1500 euros, l'indexation complète des salaires sur la hausse des prix
- Assez de la spéculation et de l'exploitation, augmentation des cotisations "patronales", arrêt des exonération de ces cotisations. ouverture des livres de compte, nationalisation des banques et organisme de crédit, des assurances.. Pour la nationalisation sous le contrôle démocratique des travailleurs des principaux secteurs de l'économie
- Pour un véritable emploi pour tous et toutes, avec un vrai salaire, pour la défense de la durée hebdomadaire du temps de travail et la réduction de celui-ci jusqu'à disparition du chômage
- Pour une journée nationale de grève privé/public, invitant la jeunesse, les chômeurs, les retraités à s'y joindre sur leurs propres revendications
- Pour un logement décent pour tous et toutes, des services publics gratuits sous le contrôle démocratique des travailleurs. Eau, énergie etc. doivent être publics.
- Contre les discriminations et les oppressions (racisme, sexisme, homophobie…), pour les mêmes droits démocratiques pour tous, notamment la régularisation des travailleurs sans papiers et de leur famille.
- Contre les institutions impérialistes et leurs politiques guerrières : contre l'Union européenne, l'Onu, l'Otan, OMC, FMI, BM etc. Troupes impérialistes hors des pays qu'elles occupent. Pour une Europe, un monde, socialistes et démocratiques, où l'économie sera organisée et planifiée de manière démocratique. Cela permetta ainsi d'en finir avec le gâchis capitaliste, les menaces sur l'environnement, la faim dans le monde, les guerres, la misère... 
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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 20:28

La contribution du courant Gauche révolutionnaire dans le NPA

Le courant Gauche révolutionnaire est dans le processus de lancement du NPA depuis la fin de l'année 2007- début 2008. Pour notre courant au niveau international, le CIO (comité pour une internationale ouvrière), la question de construire des nouveaux partis ouvriers est devenue cruciale pour les travailleurs dans leur lutte contre le système capitaliste, notamment après la décennie de recul politique liée à la chute de l'Urss. L'existence du NPA peut permettre de faire un pas dans la construction d'un parti combatif des travailleurs en France. Pour cela, il faut engager de véritables discussions dans le parti et intervenir prioritairement dans la lutte des classes. C'est sur ces deux axes que le courant Gr concentre sa contribution dans le parti en participant à l'émergence d'une orientation combative dans le parti.

Dans le NPA, construire une perspective combative

Les contours politiques du parti étaient incertains à sa fondation. Et au cours de la première année de vie du parti notamment à travers les questions électorales, la direction (issue en très grande partie de l'ancienne LCR) a montré qu'elle ne veut pas réellement construire un parti des travailleurs mais un parti qui pèse à la gauche de la gauche.

Ceci a amené des camarades du Conseil Politique National (la direction nationale élue par le congrès) à se regrouper dans la plate-forme dite B dans le parti, puis plus largement depuis le 23 mai qui a réuni plus de 300 militants du NPA à Saint-Denis. Il s'agit du regroupement de ceux qui veulent intervenir en priorité dans les luttes des travailleurs avec un programme combatif. Il y a des camarades venant de l'ancienne LCR, d'autres venant de groupes politiques d'extrême gauche comme nous, des militants dans les entreprises et des syndicalistes combatifs.

Autour de ce regroupement de la gauche du parti, il est possible de construire une perspective pour le NPA en tant que parti combatif et de faire avancer certains débats dans le parti. En voici deux centraux dans les discussions du NPA, notamment celles préparatoires au congrès.

Intervenir dans les luttes

Le NPA doit s’adresser directement aux travailleurs, en intervenant dans les luttes, mais aussi dans les entreprises, et en appelant à des réunions larges pour préparer les prochaines journées de grèves et de manifestations, en organisant le soutien aux travailleurs actuellement en lutte de manière isolée. Mais il doit également appeler les travailleurs à s’organiser politiquement et à rejoindre le NPA.  En même temps qu’il soutient les luttes et cherche à les renforcer autour de revendications pour la classe ouvrière, le NPA doit également apporter la perspective d’une alternative pour en finir avec ce système capitaliste qui crée l’exploitation, la guerre et la misère.

Se battre pour le socialisme

Aucune amélioration durable des conditions de vie n’est possible sous le capitalisme. La tâche essentielle du NPA est de réhabiliter à une large échelle le socialisme comme seule alternative. Un nouveau parti de masse permettra aux travailleurs de prendre conscience en leur capacité à remplir cette tâche et de la nécessité de celle-ci pour en finir avec tous les drames que nous impose le capitalisme.

Dans le système socialiste, l’économie sera planifiée par les travailleurs qui décideront eux-mêmes de ce qui doit être produit, et comment, au sein de comités démocratiques constitués dans les entreprises, les quartiers,… Le socialisme est l’alternative qui permettra de mettre fin aux désastres sociaux et environnementaux causés par le capitalisme. Seul un mouvement conscient et déterminé de travailleurs et de jeunes luttant pour le socialisme pourra renverser le capitalisme.

C'est le rôle d'un parti combatif de développer ces points centraux dans son intervention comme dans ses débats internes. Le courant Gr continuera de soumettre fraternellement ces débats dans le parti au cours des prochains mois.

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Luttons contre le FN

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Journal L'Egalité

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"Le sens réel du mot d'ordre d'égalité ne peut résider que dans l'abolition des classes sociales" Lénine  

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Comité pour une Internationale Ouvrière

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Gauche Révolutionnaire, séction française du

Comité pour une Internationale Ouvrière

  Le capitalisme est un système mondial et il doit être combattu à la même échelle. C'est pourquoi la Gauche révolutionnaire fait partie d'une organisation marxiste internationale: le Comité pour une Internationale Ouvrière (CIO), un parti mondial actif sur tous les continents. Notre lutte en France s'inscrit dans le cadre d'une lutte des travailleurs du monde entier pour un société socialiste car si la révolution socialiste éclate sur le plan national, elle se termine sur l'arène internationale. La démocratie ouvrière et la planification socialiste de la production ne peuvent se limiter à un seul pays. C'est d'ailleurs l'isolement de la Russie soviétique qui a conduit à sa dégénérescence à partir de 1924.

     Le CIO est une organisation socialiste internationale qui comprend des sections dans quarante-cinq pays sur tous les continents.

L'histoire du CIO, Comité pour une Internationale Ouvrière