Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Gauche Révolutionnaire Drôme Ardèche, section française du Comité pour une Internationale Ouvrière
  • : "Pour une société démocratique socialiste" La Gauche Révolutionnaire lutte pour un monde débarrassé de la misère et de l'exploitation. Un monde où l'économie sera organisée démocratiquement par les travailleurs eux-mêmes pour satisfaire les besoins de tous. Pour cela, il faut en finir avec le capitalisme et sa loi du profit. C'est par le socialisme, par une Révolution, par la planification démocratique de l'économie que pourra commencer à se mettre en place une société démocratique socialiste
  • Contact

campagnes GR Drôme

Facebook

Citation

« Le prolétariat se servira de sa suprématie politique pour arracher petit à petit tout le capital à la bourgeoisie, pour centraliser tous les instruments de production entre les mains de l’Etat, c’est-à-dire du prolétariat organisé en classe dominante, et pour augmenter au plus vite la quantité des forces productives. [...] les antagonismes des classes une fois disparus dans le cours du développement, toute la production étant concentrée dans les mains des individus associés, alors le pouvoir public perd son caractère politique. Le pouvoir politique, à proprement parler, est le pouvoir organisé d’une classe pour l’oppression d’une autre. Si le prolétariat, dans sa lutte contre la bourgeoisie, se constitue forcément en classe, s’il s’érige par une révolution en classe dominante et, comme classe dominante, détruit par la violence l’ancien régime de production, il détruit, en même temps que ce régime de production, les conditions de l’antagonisme des classes, il détruit les classes en général et, par là même, sa propre domination comme classe.

A la place de l’ancienne société bourgeoise, avec ses classes et ses antagonismes de classes, surgit une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous. »

marxMarx / Engels
Manifeste du parti communiste
1847
24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 11:54

La «compétitivité» : une arnaque pour baisser les salaires.

13/11/2013

Il y a -t-il eu une période de l'histoire contemporaine où les capitalistes ne se sont pas plaints que les travailleurs coûtent trop chers?

A Peugeot (Mulhouse, Vesoul, …) ça a été le coup de tonnerre. Les accords « compétitivité » allaient se solder par une baisse de salaire d’en moyenne 100 euros par moins : baisse de 45% à 25% de la majoration des heures travaillées en supplément (notamment les samedi,…

Lire la suite »

Partager cet article
Repost0
14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 21:11

La propagande capitaliste par les médias



L' évolution des médias

Les médias font partie de l'évolution des espèces vivantes. L'observation visuelle, l'écoute, le goût, l'odeur, le toucher sont des indicateurs qui permettent d'émettre des hypothèses, puis de prendre des décisions. Les 5 sens sont des intermédiaires entre soi-même et le monde environnant.

Le média est un intermédiaire : c'est un message diffusé dans un canal, entre un émetteur et un récepteur.

Les médias qui nous permettent de comprendre l'évolution et le mode de vie de l'espèce humaine sont les squelettes, les outils, les vêtements, puis plus tard, les architectures. Avant que l'humain développe le langage parlé, la transmission du savoir était basée sur les gestes et l'observation. D'ailleurs, pour l'apprentissage des travaux pratiques c'est toujours le cas. La vision est aussi sollicitée par la diffusion d'images qui est le média le plus percutant pour montrer des actions.

Les hommes préhistoriques ont utilisé le dessin représentant des scènes de vie et ces images perdurent dans le temps. Comme dit l'expression : les paroles s'envolent, les écrits restent.

Avant que l'écriture n'existe, l'humain était en relation directe avec le monde environnant. Il en découlait que son comportement était régi, par les phénomènes naturels qu'il côtoyait.

Puis est arrivée l'écriture qui permit de développer la pensée des hommes en la synthétisant. La pensée devint alors puissance de l'esprit, elle s'enrichit. L'écriture est un art culturel qui permet d'aller toujours plus loin dans la réflexion. Les philosophes grecs écrivaient dans toutes les directions du prolongement de leurs pensées. Ils avaient soif de découvrir le fonctionnement du monde. Mais ils durent se censurer, au fur et à mesure que le monde leurs appartenaient et que les limites du territoire étaient établies. Car une fois que le mode de fonctionnement économique est à son expansion maximum, les médias qui l'accompagnent se doivent d'être figés pour ne pas remettre en cause son fonctionnement.

Sous l'empire romain les écritures étaient moins philosophiques, car les avancées scientifiques de la Grèce antique avaient été récupérées dans des formules toutes faites. Les ouvrages étaient plus pragmatiques comme les arts de la guerre. La pensée multidirectionnelle s'est faite plus rare car le but des médias était le maintien de l'ordre par la puissance des chefs (gloire aux Dieux organisateurs de la société).

L'invasion barbare prônant le monothéisme, bloqua la pensée de manière figée dans le temps. La censure biblique fut le seul média de masse diffusé jusqu'à la fin du moyen-âge, à travers la sainte parole du clergé. Cet ouvrage a été modifié en fonction des besoins de la noblesse, mais aussi en réponse au comportement du peuple, toujours dans la maintien de l'ordre établi. Ce média représente les droits et devoirs du peuple et l'explication de ses conditions d'existence : son asservissement à dieu, à travers ses comptes à rendre la noblesse et au clergé. Tout ce que les hommes pouvaient savoir ne devait pas dépasser le cadre de cet ouvrage. Durant cette période, l'espace qui délimitait les terres était très limité, donc l'esprit devait être étriqué pour maintenir les règles.

L'écriture a pris une autre tournure avec l'apparition de la bourgeoisie. Elle développa sa pensée dans des découvertes scientifiques, avec la mise en place de nouveaux moyens de production. L'ère de la logique reprit le dessus sur l'ésotérisme. La dialectique pour les bourgeois était une condition nécessaire, pour faire usage de la force de la nature à leur profit.

L'imprimerie, qui démultipliait la possibilité de parution d'ouvrages à l'infini, a augmenté que dans la mesure où les moyens de transport se sont développés. Ils se sont étendus pour booster les échanges commerciaux. Cette volonté de multiplier l'écoulement des marchandises n'a augmenté que proportionnellement avec les performances de la production de marchandises. Les médias suivent l'ensemble du parcours de la marchandise. Les seuls capables de diffuser des informations à plusieurs endroits à la fois sont les propriétaires des marchandises. La pensée dominante est celle de celui qui conquit le plus de marchés. Elle oriente grâce aux médias le prix des cours du marché financier.

Les bourgeois ont énormément contribué au développement de la pensée rationnelle, à l'art, aux spectacles, aux sciences, aux mathématiques, à la philosophie, à la musique, à la physique, à la biologie... Tous ces domaines sont apparus en raison de l'évolution des moyens de production. Car la richesse accumulée grâce aux profits des ventes de marchandises, offre la possibilité de dépenser beaucoup d'argent pour l'oisiveté, du moins pour ses propriétaires.

Lors de la création de l'internationale ouvrière, lorsque Marx et Engels ont découvert les secrets du capitalisme et qu'ils ont donné la possibilité à la classe ouvrière de mettre en place le communisme, les médias prolétariens ont connu une large diffusion, alors qu'aujourd'hui ils sont quasi inexistants. Le rapport de force n'a pas toujours été aussi déséquilibré. La presse bourgeoise a été concurrencée par la presse ouvrière. La lutte contre la bourgeoisie a été source de mouvements sociaux bien plus radicaux qu'aujourd'hui. A l'époque où le seul média de masse était la presse écrite, le mouvement ouvrier c'est presque imposé en Europe.

Puis est arrivée la radio qui a permis à la bourgeoisie de rentrer directement dans les foyers. Ca a été une grande victoire pour la bourgeoisie qui n'avait plus à lutter sur le terrain de l'alphabétisme pour diffuser son message idéologique. La radio est alors devenue garante des mœurs de la société civile : elle pénètre dans toutes les oreilles de la population permettant de mettre un ordre hiérarchique aux intérêts qu'elle diffuse. La radio permet une hégémonie culturelle, le culte de la personnalité et la diffusion de croyances. Dès lors, se fut bien plus compliqué d'unifier le mouvement ouvrier car l'avantage énorme de la bourgeoisie en matière de médias s'amplifia.

Puis vint la télévision, liant un canal de message auditif et visuel. Son effet apaisant fut tout de suite très efficace : elle rentra dans les foyers dans les années 60-70 et cela converge avec la fin de la presse ouvrière de masse.

Les médias aujourd'hui

Dès le début du XXème siècle, les supports de médias se sont démultipliés. Leurs utilisations, leurs contenus ont été contrôlés et censurés. Leur propriété est soit sous le contrôle d'état protégeant les intérêts de la classe dominante, soit la propriété de trust.

Les manuels scolaires ont été écrits en fractionnant toutes les disciplines. En faisant le choix de découper tous les apprentissages, l'idéologie capitaliste les a rendus incompréhensibles pour les non-spécialistes. Les mathématiques, la science physique, la science naturelle, la philosophie, l'histoire sont du matérialisme dialectique des sciences de la nature et sont donc intrinsèquement liés. C'est un moyen qu'a trouvé la bourgeoisie pour laisser les êtres humains dans l'ignorance.

Les livres d'histoire-géographie sont en permanence remaniés, pour réécrire l'histoire en fonction des intérêts présents. Certains sujets sont tabous comme la guerre d'Algérie ou la commune de Paris. D'autres sujets s'effacent en raison d'un rapport de force géopolitique et économique amoindri entre les USA et l'URSS.

Les écoles des grands penseurs de la dialectique, n'ont jamais ouvert leurs portes aux manuels de l'enseignement obligatoire des enfants de moins de 16 ans. D'ailleurs pourquoi l'auraient-ils? fait, puisque cela remettrait en cause les privilégiés du système capitaliste. La double tâche de l'éducation des masses est d' honorer les possédants, tout en maintenant l'harmonie des règles collectives. L'éthique représentant les droits et les devoirs bourgeois à travers la moral est diffusée en permanence par les médias pour maintenir la démocratie capitaliste et pour faire autorité sur le peuple.

Les médias de masse sont la source de la connaissance. Ils sont les fruits de l'inconscient collectif, de l'imaginaire, du savoir commun, ainsi que notre représentation en tant qu'individu social.

Aujourd'hui la presse de quotidiens nationaux est lue par 8 millions de personnes et la presse de quotidiens régionaux par 18 millions de personnes. La radio est écoutée 3 heures par jour en moyenne, dont la moitié du temps hors domicile. Les 4 -14 ans regardent quotidiennement 2h18 la TV par jour, les 15-34 ans 2h45 et les plus de 50 ans 5 heures par jour en moyenne.

Quand ils nous diffusent les informations, quelle est l'impartialité des journalistes? Comment peuvent-ils travailler librement? Qu'ils soient salariés ou en profession libérale, ils ont des comptes à rendre aux propriétaires des supports de diffusion. De plus, pour protéger les intérêts des puissances capitalistes, certaines zones géographiques sont interdites aux journalistes, comme au Mali en ce moment.

Il y a un consensus entre les fournisseurs d'information pour les remplir du même contenu. Si les sujets sont brulants comme les révolutions du Maghreb et du Moyen Orient, les opinions qu'elles transportent sont la peur de la radicalisation.

L'information n'est pas objective quand elle nous parle d'Hugo Chavez sous l'angle d'un dictateur populiste. Tous pays qui tente de faire un écart au modèle économique mondial, comme en bloquant les fructifications de capitaux, subit de fortes pressions internationales. Elles prennent la forme d'intimidations, de sanctions et de propagandes dégradantes.

Les programmes de divertissement représentent la grande majorité des émissions TV. On rentre par le trou de la lorgnette pour observer la vie privée des gens, qui s'exposent à être filmés. Tout le monde peut devenir la star d'un jour. C'est donner l'illusion de la possibilité d'une prise du pouvoir par les individus, faire croire que la liberté d'expression existe pour ceux qui veulent s'exprimer à la TV.



La multitude de chaines TV est sensée représenter toutes les générations et leurs caractéristiques afin de modeler et façonner les états d'esprit. La télé veut nous faire rentrer dans un moule. Elle modèle les intérêts que nous devons porter les uns pour les autres. Elle nous propose les manières dont nous devons nous comporter en société, avec des codes vestimentaires, de langage, de conduite à tenir, de manière de penser et de façon de nous divertir.

C'est exactement le même principe avec la radio, elle est supervisée par quelques personnalités qui forgent dans le marbre leur idéologie. Nous devons prendre pour argent comptant leurs opinions, comme vérité absolue. Il existe des radios associatives mais sans les fonds alloués par les tutelles de l'état ou sans fonds privés, sont dans l'impossibilité d'émettre. Ces conditions financières bloquent la liberté de presse en créant de l'autocensure.

Les faits divers dans les médias ont une place de liant entres les individus. Comment ne pas nous émouvoir dans des affaires de mœurs? Des histoires tragiques nous interpellent chaque jour, elles nous émeuvent, nous mêlant un sentiment d'insécurité générale et de peur.

Les médias banalisent les conflits d'intérêts mettant face à face le conformisme et le communautarisme. Des mises en situations sont fabriquées pour diviser les gens en catégories, forgeant l'opinion publique selon laquelle il y a les bons et les mauvais. Comme les islamistes qui prient dans la rue, les chômeurs qui sont des flemmards, les ghettos où règne la loi du meurtre....



La TV, le cinéma, la radio et la presse sont des médias de masse non interactifs. Nous sommes également entourés de panneaux publicitaires et d'affiches qui en sont également.

Il existe également deux médias dit "interactifs" de masse : internet et le téléphone portable. Il y a eu 45 milliards d'envois de SMS au cours du 2ème trimestre 2012.

La production de multimédias est la dernière génération d'inventions dans la course aux profits capitaliste. Des investissements colossaux sont déployés dans l'espace du numérique pour la découverte de nouvelles technologies . A l'heure actuelle, c'est le plus gros financement de recherche, dans un but de rentabilité à court terme.

De nouveaux produits multimédias sont mis en vente tous les jours et sont concurrencés à moindre prix très rapidement. Par contre, le profit est limité car le coût à la conception est cher et les ventes sont également limitées puisqu'ils sont vite obsolètes.

Les médias sont surtout source de profits à travers la diffusion des publicités. Ils utilisent des sondages d'opinion pour orienter leurs programmes et fabriquer l'opinion publique. Ils sont l'intermédiaire entre les capitalistes et les travailleurs.

Internet qui semble laisser une grande liberté à son utilisateur est aussi un outil qui le scrute de haut en bas. Toutes les données de l'internaute sont enregistrées et retranscrites dans des programmes qui sont analysés par des firmes capitalistes. Elles permettent ainsi de voir l'évolution des comportements individuels à une échelle collective. Grâce à ce système, internet propose aussi des publicités ciblées. Les ventes en ligne représentent 1/3 du temps passés sur internet. Elles ont ouvert des marchés beaucoup plus larges aux distributeurs, désormais moins limités du point de vue géographique et sans frais pour faire tourner des magasins.

Les vases communicants entre les différents médias leur permet d'absorber toutes les informations des utilisateurs du web. Grâce aux données récupérées, ils diffusent des émissions et des programmes stéréotypés dans les autres médias sensés correspondre aux profils des usagers.

Le conformisme des médias est une réalité aussi dans le web, l'illustration en est le partage de vidéos. Même s'il y a plus d'un million de nouvelles vidéos tous les mois sur les principaux sites, elles sont proportionnellement visibles dans le moteur de recherche en fonction du buzz qu'elles créent.

Les réseaux sociaux permettent de s'émanciper des médias traditionnels et de rendre l'utilisateur acteur de son média. C'est un espace personnel que l'on partage avec d'autres. Chacun peut publier ses états d'âme, ses opinions, ses points de vues sur une échelle de groupe plus au moins large. Ces réseaux ont pu aider à la mobilisation et à l'organisation de la population pendant les révolutions du printemps arabe. Quand il y eu la guerre en Libye, les réseaux internet ont été coupés par le gouvernement Kadafi, de peur que le peuple l'utilise pour le faire chuter. De tels réseaux permettent en effet de faire circuler des informations à grande vitesse sans l'autorisation des propriétaires des médias et ils donnent la possibilité d'avancer à contre courant.

 

 





Quelle position prendre vis à vis des médias?

Ca ne servirait à rien de faire l'avocat du diable en proposant de tourner le dos aux médias. Si nous tournons le dos aux médias traditionnels, nous nous coupons des masses car les règles de vie sont toujours dirigées par le modèle économique et social.

Les grands groupes sont à la recherche de l'audimat. Ils utilisent parfois la polémique en faisant intervenir des gens qui subissent le poids du système et en les confrontant à leurs bourreaux, comme lorsqu'ils donnent la parole aux travailleurs en lutte contre la fermeture de leur site de travail. De telles actions ne sont jamais gratuites ; elle servent, dans le cas présent, à alimenter les discussions pour justifier le plan de compétitivité emploi.

Mais ces médias fournissent également des armes à la classe ouvrière, car même si elle est noyée dans la propagande bourgeoise, elle a assez d'éléments pour alimenter sa lutte de classe.

Il y a une grand nombre de blogues qui relayent des contres vérité médiatique, mais ils sont noyés dans la masses et leurs sources d'informations pas toujours crédible.

Les sites politiques de gauche comme ceux de LO, du NPA, du PG ou du PC ne se donnent pas les moyens d'être performants, malgré qu'ils en aient les possibilités matérielles. Leur manque de réactivité les rend que peu attractifs. Et ils sont passifs en terme de volonté de mobilisation. Aucun d'entre eux ne possède un réel intérêt politique sur la toile. Ils n'ont pas de perspectives pour les masses d'internautes qui cherchent des alternatives et des possibilités d'organisation. Les sites des syndicats ne relayent pas les luttes en cours dans les boites, ce qui empêchent leurs convergences. Ils ont une force de mobilisation extraordinaire mais ne l'utilisent qu'à minima et surtout, de manière opaque.



La Gauche Révolutionnaire, en tant qu'organisation politique, essaie de résister à l'idéologie dominante. Elle utilise son journal l' Égalité comme un outil central pour le développement de ses arguments, contre les forces réactionnaires. Pleinement consciente des possibilités d'utilisation d'internet, en terme d'échange d'informations, d'organisation des masses et de mobilisation. Elle consacre de plus en plus de temps à développer son site, afin de démultiplier ses possibilités d'expressions et d'interactions dans la lutte des classes.

Nous avons vu dans le mouvement des indignés que les informations circulaient en grand nombre, pour essayer d'organiser les masses. Avec internet, les échanges, les débats d'idée et de programmes sont possibles à une échelle beaucoup plus large. Mais il reste en suspens la question de l'action et des difficultés pour la rendre concrète. C'est pourquoi la Gauche Révolutionnaire insiste sur le fait que le parti politique est le meilleur outil des masses pour que celles-ci puissent s'organiser avec un programme développant les intérêts de classe des travailleurs et faire aboutir ce programme à travers le socialisme.

 

Mathieu J.Journal Egalité 158

Partager cet article
Repost0
15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 18:22

Ci-joint le texte de l'introduction d'une discussion débat organisée par la section Drôme de la Gauche révolutionnaire.

 

 

Après le capitalisme, instaurer une véritable démocratie socialiste

(Ou quelle société pour en finir avec l’exploitation et permettre le partage des richesses ?)

 

                Nous avons choisi ce sujet pour cette nouvelle discussion débat, car il suit logiquement notre dernière discussion qui portait sur les moyens de résister au capitalisme. Nous avions mis en avant le moteur que pouvait représenter la grève générale, en résumé, le blocage de l’économie comme meilleur moyen de résister et de préparer la transition vers une autre société.

Contre le capitalisme, construisons une alternative socialiste                Après la résistance et le renversement du capitalisme, il nous faut réfléchir à une alternative, et nous mettons au débat le socialisme. Le sujet est vaste, c’est pour cela que je me suis cantonné aux grandes lignes de la société future à construire.Cette conception de société ne tombe pas de nulle part, c’est le fruit des luttes passées, des expériences démocratiques socialistes et autogestionnaires, du travail scientifique de Marx et de ses successeurs, et si nous en renouvelons le contenu, c’est que nous considérons ce modèle socialiste comme le plus sûr pour assurer la transition après le renversement du capitalisme et ainsi assurer la fin de l’exploitation, le partage des richesses et la gestion collective et démocratique de la société.

 

                Cette discussion nous permet aussi de répondre aux nombreuses objections sur le fait que nous sommes toujours « contre » ou « anti ». Nous sommes effectivement contre cette société capitaliste, et nous combattons ses dérives et ses injustices, mais nous sommes aussi pour la dépasser et construire le socialisme. Nous ne prétendons pas posséder le modèle idéal qu’il faudrait suivre à la lettre comme des moutons. Cependant, il est nécessaire d’avoir un projet politique pour l’avenir afin de l’exposer et d’en débattre avec les travailleurs, d’autant que ce débat et cette discussion de l’avenir sont un moteur pour les luttes actuelles et créée le lien avec l’injustice du système capitaliste. Bien qu’en période calme, le socialisme soit essentiellement « propulsé » par certains partis politiques qui n’ont pas abandonné la science marxiste pour l’opportunisme, en période révolutionnaire, il devient le projet de tous, et il sera construit par les femmes et les hommes qui mèneront la révolution et bâtiront  sur les ruines du capitalisme cette société nouvelle dont ils seront les protagonistes conscients.

                Aujourd’hui, l’heure n’est pas encore à la révolution, bien que la lutte des travailleurs et la conscience de classe soit dans une phase ascendante, le secteur automobile étant le fer de lance de la contestation. Il nous faut exposer et débattre de ce sujet, car l’importance de la crise du capitalisme et de son impossibilité de résolution (excepté peut-être par une nouvelle guerre), va imposer d’un côté un retour à de terribles conditions d’exploitation des travailleurs, mais aussi des luttes gigantesques qui vont ébranler tout le système en place. La crise du capitalisme, les guerres, les famines, la crise écologique, la casse sociale généralisée, démontrent dans les faits que le capitalisme doit-être dépassé si l’humanité veut avoir une chance de survivre. Cette possibilité de dépassement réside dans une alternative qui n’a rien d’utopique : le socialisme, tel que défini scientifiquement pour la première fois par Marx et Engels au milieu du 19ème siècle.

 

                Ce qui fait aujourd’hui la force des capitalistes, et qui leur permet de dominer la société en tant que classe sociale, de s’accaparer les richesses produites et d'exploiter les travailleurs, c’est la propriété privée des moyens de production. En effet, la base économique d’une société détermine les rapports sociaux entre les individus, les structures politiques, juridiques et idéologiques. Lors de la transition du capitalisme au socialisme, l’une des principales mesures sera la suppression de la propriété privée des grands moyens de production, d’échanges, de transports, bancaires et financiers... qui sont actuellement entre les mains des capitalistes.

Citation : « ce qui caractérise le communisme, ce n’est pas l’abolition de la propriété en général, mais l’abolition de la propriété bourgeoise. Or, la propriété privée d’aujourd’hui, la propriété bourgeoise, est la dernière et la plus parfaite expression du mode de production et d’appropriation basé sur des antagonismes de classes, sur l’exploitation des uns par les autres. En  ce sens, les communistes peuvent résumer leur théorie dans cette formule unique : abolition de la propriété privée. » Marx Engels, manifeste.

                Cette mesure ne pourra être appliquée qu’après une révolution, elle sera la première qui abolira la domination d’une classe en lui ôtant le pouvoir économique et en le donnant à l’ensemble des travailleurs. Elle entraînera toutes les autres mesures. 

Maintenant, il nous faut expliquer le fonctionnement de cette nouvelle société ; économie, démocratie, planification...

 

Les grandes lignes d’une société démocratique socialiste

                Dans cette société, la domination d’une classe sociale, la bourgeoisie, est abolie par la domination du prolétariat numériquement majoritaire. Avec la suppression de la propriété privée des grands moyens de production et leur gestion collective, il n’y a plus possibilité pour une classe d’en asservir une autre. C’est la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme. Tous les êtres humains entrent dans le processus de production en fonction de leurs capacités et reçoivent en échange de quoi vivre dignement. L’économie socialiste n’est pas, contrairement au capitalisme, basée sur la recherche du profit, mais sur la satisfaction des besoins de tous. Cette économie est gérée démocratiquement par l’ensemble des travailleurs et de la population afin de produire ce qui est nécessaire, en quantité voulue, grâce à une planification démocratique de la production.

logo CIO anglais                Cette société marquera la fin de l’exploitation, de la misère, des guerres (qui ne sont menées que pour les intérêts des classes dominantes dans le contrôle des territoires et des ressources), de la destruction écologique...etc, pour voir naître l’égalité, la justice, la solidarité et le partage. L’humanité sort ainsi de l’ère de la barbarie pour écrire son histoire de son action révolutionnaire consciente et connaître un développement exponentiel inimaginable à l’heure actuelle, puisque l’économie sera dirigée vers la satisfaction des besoins de tous, mais aussi le bien-être général des hommes.

La recherche scientifique, la technologie et la production seront orientées, non pour la recherche des profits, mais pour la satisfaction des besoins humains.

 

Comment fonctionnera cette société socialiste ? Démocratie, production et planification

                La démocratie socialiste est en totale opposition au fonctionnement du parlementarisme bourgeois. Ce qui caractérise le capitalisme, c’est l’absence de démocratie dans l’économie car la production appartient et est décidée par les propriétaires des moyens de production : les capitalistes.

Dans ce système, les institutions ne visent qu’à protéger l’économie capitaliste et la propriété privée, le rôle du parlementarisme est de concentrer dans ces institutions, au travers des élections, les marionnettes qui gèreront la société en fonction des intérêts bourgeois.

                Pour comprendre l’importance de l’économie dans la société, il est nécessaire d’utiliser les analyses de Marx sur cette question. Marx a démontré que la structure qui est à la base de toute société est matérielle. En effet, les premiers hommes préhistoriques durent coopérer pour produire de quoi survivre. Lorsque la productivité s'accrut grâce à la découverte de l’agriculture et de l’élevage il y a environ 10000 ans, le mode de production évolua, et ainsi furent produits des surplus qui furent appropriés par les premières classes sociales dominantes, se coupant de la production directe. De là, la naissance des classes sociales et la superstructure politique et idéologique qui venait justifier cette appropriation d’une production collective par un petit nombre d’individus.

                Nous le voyons, l’infrastructure de toute société est matérielle et économique, et c’est le mode de production et d’accaparement du surplus produit socialement dans la société par une classe dominante qui détermine la superstructure politique et idéologique. Sous le capitalisme, le mode de production capitaliste repose sur la constante évolution des outils de productions qui appartiennent à des propriétaires privés et sur l’exploitation des travailleurs. Ce mode de production et cette classe sociale dominante, la bourgeoisie, se sont dotés des superstructures nécessaires au maintien et à la perpétuation de ce mode de production, d’où des institutions et un Etat adaptés à cet effet.

C’est pour cette raison qu’il n’y a pas de démocratie dans les entreprises, et plus généralement, dans l’économie. Sous le socialisme, la production et la gestion de la société étant réalisées collectivement, tous les aspects de cette société seront décidés et gérés démocratiquement par les travailleurs eux-mêmes et la population.

 

Comment fonctionnera cette démocratie dans une société socialiste ?

                Une réelle démocratie ne peut se contenter d’une élection à intervalles réguliers comme sous le capitalisme sans une implication de la majorité des membres de la société, car la gestion d’une société socialiste est l’affaire de tous. Quelle que soit l’échelle à laquelle on s’investit, il faut que chacun donne de son temps pour décider en commun des affaires publiques. Et ce temps de discussion nécessaire à la démocratie sera libéré sous le socialisme car la productivité du travail augmentera, le partage du travail  entre tous et le développement technologique viseront à réduire le travail humain et la réorientation de la production en fonction des besoins réels de la population auront pour effet de baisser drastiquement le temps de travail.

logo drapeau rouge révolutionnaire animé                Une démocratie socialiste part de bas en haut, avec des représentants élus et révocables. Tous les secteurs de la société seront gérés démocratiquement, des comités existeront à chaque niveau, sur les lieux de travail, dans les quartiers, dans les écoles, au service de l’eau ou voirie de la ville... pour contribuer à l’organisation de la production et de la société. Le fonctionnement de ces comités sera parfaitement démocratique, chacun pourra s’y investir et y être élu. Dans chacun de ces comités seront élus des représentants qui iront représenter le comité dans des échelons supérieurs, partant de la base vers le sommet, local, régional puis national. Par exemple, la gestion d’une ville sera réalisée par des représentants de quartiers, d'entreprises, de comités assainissement, voirie, urbanisme, culture... Dans une ville ou un village, chaque quartier aura son comité qui débattra et décidera de la gestion des affaires du quartier. Ce comité élira un ou deux représentants qui défendront les besoins du quartier dans le comité central de la ville. Ensuite, dans ce comité de ville, les élus des comités de quartier prendront des responsabilités après élections dans tous les domaines d’action de la ville, tel que la voirie, les espaces verts, l’assainissement, la culture, l’éducation, l’urbanisme... Il est évident que ces comités de gestion de la ville seront composés de membres des comités de quartier, mais aussi des représentants du personnel de chaque branche ainsi que de toute personne qui souhaitera s’y investir en s’y faisant élire. Des représentants du comité central de la ville seront à leur tour élus pour représenter les besoins la ville au niveau régional, etc... Pour une entreprise, l’ensemble des salariés désignera un comité exécutif qui gèrera la production. Ce comité aura lui aussi des élus qui se rendront au niveau national dans le secteur d’activité afin de planifier la production en fonction des besoins réels de la société.

                Les représentants élus, quel que soit leur délégation (local, régional, national...), devront rendre des comptes auprès de la base qui les a élus et seront révocables à tout moment s’ils sont incompétents ou ne suivent pas les décisions prises en comité. Leurs salaires ne devront pas dépasser celui du salaire moyen pour que les représentants ne soient pas coupés de la réalité des conditions de vie de la majorité. De plus, ces élus ne pourront pas cumuler les mandats et ces derniers seront limités en nombre : ex : 2 mandats. Après, le représentant devra retourner à la vie active.

Ce fonctionnement diffère totalement du parlementarisme, car il ne peut se développer de professionnalisation en politique, et tous les membres de la société devront s’investir dans la vie publique selon les intérêts de chacun.

Sous le capitalisme, le salaire des parlementaires est démesuré, soit disant pour justifier leur indépendance face aux pressions qu’ils subissent des lobbys et autres organisations patronales... Ce salaire incite d’une part à la professionnalisation (et donc l’acceptation du système car pour réussir à progresser dans les institutions il faut se plier aux règles des partis institutionnels qui le défendent), d’autre part à adopter un mode de vie aisé, coupé de la réalité que vivent les travailleurs et les jeunes. C’est pour cela qu’ils défendent les institutions qui leur assurent tous ces privilèges, ainsi que le capitalisme qui assure leur position sociale acquise politiquement.

                Puisque nous défendons, en tant que parti révolutionnaire, ces principes de démocratie pour la société à venir, nous les appliquons déjà au sein de notre parti. Toutes les décisions sont prises démocratiquement, tous les membres peuvent exposer leurs positions, et ainsi, nous fonctionnons, certes à notre échelle, déjà en démocratie. Et nous essayons d’exposer à chaque fois que c’est possible ce fonctionnement là où nous intervenons, dans les mouvements plus larges tel que les Indignés, ou les luttes des travailleurs... (Nous savons par expérience qu’une bureaucratie peut s’implanter avec le temps et supprimer la démocratie, il n’y a qu’à voir le fonctionnement des directions de certains syndicats et de la plupart des partis politiques. Ce phénomène n’est pas une fatalité si tout le monde s’implique dans le fonctionnement des organisations pour empêcher de telles dérives. La bureaucratie devient rapidement un frein et se retourne contre les membres de la base (par exemple certaines directions syndicales qui, refusant la confrontation directe avec un gouvernement, ou une lutte trop importante dont ils pourraient perdre le contrôle, freinent en général la révolte).

 

                La démocratie socialiste est donc la représentation réelle des besoins du peuple, par le peuple, pour le peuple. Ces besoins déterminent la production matérielle, intellectuelle, culturelle, sociale... de la société. Mais là où la démocratie doit réellement représenter les besoins de la population, c’est bien dans l’économie, car c’est par la production et la répartition de cette production entre tous que réside le vrai enjeu du fonctionnement de la société future.

 

La planification démocratique de la production

                Ce qui caractérise le capitalisme, c’est l’anarchie de la production. La propriété privée des moyens de production met en concurrence les entreprises qui se livrent une guerre économique pour dominer le marché et ainsi s’assurer le maximum de profits, et si possible, affaiblir ou éliminer la concurrence. Cependant, pour mener à bien cette guerre, une planification développée et minutieuse est absolument indispensable au sein de chaque entreprise ou multinationale. Cette planification interne à chaque entreprise privée permet de produire au plus vite et à moindre coût, assurer l’approvisionnement des matières premières en temps voulu, planifier le renouvellement du matériel et assurer le strict minimum d’ouvriers nécessaires à la production. Ces facteurs permettent d’abaisser les coûts de production et ainsi proposer sur le marché les marchandises produites au plus bas prix.

Car, en dehors de l’entreprise, sur le marché, c’est la jungle, il n’existe aucune planification, chaque entreprise produisant sans connaître les débouchés pour ses marchandises ni si ce sont les siennes ou celles de la concurrence qui seront achetées par les consommateurs. Cette production n’étant pas réalisée en fonction des besoins réels de la population, mais pour assurer un maximum de profits aux détenteurs de capital (aux actionnaires) de chaque entreprise, il est vital pour chacune d’assurer le plus bas coût de production afin de rester compétitif et ainsi gagner des parts de marché pour chercher à dominer le secteur d’activité.

                Cependant, cette accumulation de production sans connaître les débouchés réels sur le marché provoque à intervalles réguliers des crises de surproduction menaçant le système dans son ensemble, détruisant des montagnes de capitaux, conduisant à la faillite des entreprises les plus faibles et l’accroissement des monopoles (multinationales), et jetant dans la misère des millions de travailleurs à cause du chômage entraîné par la baisse d’activité.

 

                Sous le socialisme, une telle aberration ne pourrait pas se produire. L’économie sera entièrement planifiée de la production à la distribution en fonction des besoins réels de la population.

Planifier la production nécessite avant tout de pouvoir estimer les besoins réels de la population. Et cette estimation ne peut pas être déterminée arbitrairement par un groupe de personnes coupé du reste de la population, comme ce fut le cas en URSS où seule la bureaucratie stalinienne décidait de ce dont les travailleurs avaient besoin (d’où l’effondrement de cette planification dans les années 1980).

Citation : « La planification a besoin de démocratie comme le corps humain a besoin d’oxygène. »Trotsky

1812Protestations                Seuls les travailleurs, producteurs et consommateurs pourront estimer ensemble ce qu’il est nécessaire de produire, en quelle quantité, et aussi assurer la qualité de la production. Ce recensement sera assuré par des comités de planification et de distribution locaux et un comité national collectera et déterminera, en fonction des demandes de la population, la production. Ces comités seront démocratiques, composés de travailleurs, de producteurs et de consommateurs. Une fois les besoins recensés et centralisés, la production peut être réalisée selon un plan déterminé, décidé et géré démocratiquement. Avec l’informatique et les moyens de communication modernes, cette gestion de l’estimation des besoins et de la planification sera simplifiée, mais elle ne pourra se substituer à la gestion par les travailleurs. La production sera réalisée au plus près du lieu de consommation en fonction des possibilités de production, afin de réduire au maximum l’impact sur l’environnement.

Par exemple, la plupart des besoins alimentaires peuvent-être produits localement, ce qui n’est pas le cas d’une voiture qui sera assemblée dans une usine au niveau national.

 

Les producteurs et le travail dans la société socialiste

                Le travail a joué un rôle fondamental dans l’évolution de l’homme. C’est grâce au travail et aux interactions qu’il a engendré que l’homme a quitté l’animalité. Le travail est  la base de toute société, de la préhistoire à aujourd’hui, il a engendré l’évolution humaine. Cependant, dès que ce travail a permis de produire de quoi entretenir plus de personnes que n’en demandait la production directe, une classe parasitaire s’est appropriée ce surplus pour sortir de la production et dominer la société. Le capitalisme est la forme actuelle de vol social de la surproduction et l’exploitation des travailleurs en est la conséquence.

                Sans travail et sans organisation sociale de la production, aucune société ne peut exister. Le travail perdurera dans la société future, bien que sa forme soit profondément différente de celle d’aujourd’hui. Sous le socialisme, tout le monde entrera dans le processus de production, et tout le monde recevra en échange de quoi vivre dignement. Ce qui caractérisera le travail, c’est que chacun sera libre de choisir dans quelle branche de production il voudra s’investir, qu’il pourra en avoir plusieurs, et qu’il sera libre de les quitter à tout moment. Le travailleur, bien plus qu’un simple prolongement de la machine, à qui on ne demande qu’une activité simple et répétitive, devra comprendre tout le processus de fabrication afin de dominer la production et pouvoir prendre chacun des postes disponibles. Ainsi, il pourra comprendre et s’investir dans les décisions prises collectivement pour l’entreprise. Il décidera, s’il le veut, de se présenter au comité exécutif de l’entreprise et participer à la planification de la production à  laquelle l’entreprise est rattachée.

                Cela implique une connaissance globale des activités pour tous, ainsi qu’un niveau élevé de connaissance et donc d’éducation. Dans une société socialiste, chacun pourra effectuer des études, et y sera même encouragé. Celles-ci seront rémunérées au même titre qu’un travail car elles apporteront à la collectivité un savoir qui permet l’enrichissement global de la société. Enfin, chacun pourra, à tout moment, changer d’activité et se former dans un ou plusieurs autres secteurs. L’évolution et le changement permettront d’enlever au travail ce caractère exploiteur et repoussoir tel que nous le connaissons sous le capitalisme, d’autant que sa durée hebdomadaire sera fortement diminuée.

 

Le socialisme et la fin de l’exploitation

Résistance contre le capitalisme et le racisme                Le capitalisme est la représentation moderne de l’exploitation. Toutes les richesses produites proviennent du travail salarié, mais cette richesse est accaparée par les capitalistes du fait de la propriété privée des moyens de production. Sans travailleurs, aucune machine ne fonctionnerait, pas de production, pas de services, pas d’énergie... Le capitalisme ne peut fonctionner que par l’exploitation de millions de travailleurs qui font tourner les usines et fonctionner la société contre un salaire sans lequel aucun travailleur ne peut vivre.

                Dans une société socialiste, le travail existera toujours. A partir du moment où la totalité de la production n’est plus accaparée par les capitalistes, mais gérée et redistribuée par la collectivité, le fruit du travail revient entièrement aux travailleurs sous diverses formes : salaire, services publics gratuits... Les travailleurs, en tant que membre de la société, seront eux-mêmes les acteurs de la production puisqu’ils décideront, via la planification, de ce qui doit-être produit et comment. Le fait de choisir, de décider de manière démocratique, enlève tout caractère d’exploitation au travail, chacun étant conscient de la nécessité de travailler pour faire fonctionner la société ensemble dans un esprit solidaire. Produire pour récolter le fruit de son travail, voilà ce que le socialisme offrira.

                Dans la société actuelle, le capitaliste nous demande de planter et de faire fructifier son pommier au plus vite. En échange de ce travail, il le rétribue par un salaire. En réalité, le salaire n’est que le trognon d’une pomme récoltée, le capitaliste s’étant accaparé la plus grande et la meilleure part du fruit. Toute la pomme sera rendue au travailleur sous le socialisme, car le pommier sera propriété collective de tous les travailleurs. Cependant, la redistribution prendra plusieurs formes.

 

Le socialisme et le partage des richesses.

Citation : « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins. »

                Cet adage résume les principes d’une société communiste qui sera l’achèvement de la transition socialiste entre le capitalisme et le communisme. Il est certain que du jour au lendemain, tout ne sera pas directement redistribué. Une période de transition sera nécessaire, d’autant qu’une part importante de la redistribution se fera sous forme de services gratuits. On peut considérer que les services publics actuels, bien que volontairement dégradés ces dernières années pour en justifier la privatisation, sont les embryons des services qui seront accessibles gratuitement ou à faible coût sous le socialisme : santé, éducation, transports, loisirs, culture, télécommunications, crèches, maisons de retraite... dans une première phase de la transition. A terme, le salaire lui-même tendra à disparaître puisque tout sera à disposition des producteurs en quantité suffisante, de la nourriture au logement...

L’argent n’est, en soi, qu’un moyen d’échange marchand. Il perd son utilité dans la société socialiste où tout est en libre-service, selon des modalités de partage déterminées démocratiquement par tout le monde.

logo Gauche révolutionnaire                On peut penser cette vision de la société utopiste, surtout en raisonnant avec notre esprit emprisonné dans l’idéologie capitaliste. Impossible pour cette société de fonctionner, tout serait volé, gaspillé... Mais si tout est libre, le vol perd sa raison d’être, puisque chacun a accès à ce dont il a besoin. Quant au gaspillage, il sera bien inférieur à celui orchestré sous le capitalisme puisque la production sera orientée par les besoins et non pour des profits. Enfin, la consommation émanant d’êtres humains ayant décidé eux-mêmes, via la planification démocratique, de ce qui devra-être produit, ces consommateurs seront conscients du fonctionnement de cette société et se sentiront responsable du bon fonctionnement de cette dernière pour le bien de tous. Les exploités spectateurs consommateurs d’aujourd’hui, pervertis par l’idéologie bourgeoise de l’accumulation, de la réussite personnelle et de l’individualisme, seront les producteurs décideurs de demain, conscients de leur rôle social dans le fonctionnement de la société socialiste.

 

La nature humaine, obstacle au socialisme ?

Citation : « Ce n’est pas la conscience qui détermine l’être, mais l’être social qui détermine la conscience ». Marx, Engels, l’Idéologie allemande.

                Cette citation résume la pensée marxiste sur la nature de l’homme. Les rapports que les êtres humains entretiennent entre eux, la façon de produire et d’échanger, mais aussi les idées qu’ils ont, sont déterminés par la société et les relations sociales qui existent entre les individus. Dans une société capitaliste, le mode de vie est plus facilement tourné vers l’égoïsme, la réussite et la possession, quelles que soient les méthodes pour y arriver (vol, usurpation...). La nature humaine porte souvent les traits de l’idéologie de la classe dominante et de la société. Cependant, cette nature est changeante en fonction des conditions qui peuvent rapidement faire évoluer les consciences, et un exemple est la lutte des travailleurs lorsqu’ils revendiquent des avancées sociales ou refusent un plan de licenciement. Dans la société socialiste, la nature humaine sera différente. Cette société étant le fruit de la participation de tous à sa gestion ainsi que du partage, les consciences évolueront vers le partage et l’engagement.

 

 

                Nous venons de tracer les grandes lignes de ce à quoi pourrait ressembler la société future lorsque nous en aurons fini avec le capitalisme. Bien entendu, il n’y a pas de schéma préétabli, nul ne sait à l’avance comment se produira la révolution, ni son déroulement, mais il est indispensable de penser au futur si nous ne voulons pas voir les forces réactionnaires l’emporter sans cesse à chaque nouvelle révolution.

                Il faut préciser également que cette société future, pour réussir, ne peut se cantonner aux frontières nationales. Une révolution démarre dans un pays, mais elle doit rapidement se propager si on ne veut pas voir cette dernière échouer. Il est certain qu’une révolution victorieuse dans un pays donnera aux travailleurs du monde entier la volonté et les armes pour mener à leur tour la révolution dans leur propre pays.

                Le modèle socialiste que nous proposons n’est pas un idéal utopique, mais les grandes lignes de l’objectif à atteindre. Il ne se fera pas sans la majorité exploitée de la société qui seule peut renverser le capitalisme pour construire sa société pour ses besoins réels.

Nous soumettons cette proposition de société au débat, que la discussion fasse fructifier les possibilités.

 

Mathieu Sauvan             

Février 2013

Partager cet article
Repost0
13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 21:28

Remettre les besoins au centre des décisions économiques

 

Le capitalisme entretient la misère. Même si ce système nous a permis un immense essor technique, technologique et scientifique, il n'a jamais encouragé l'utilisation de ces nouveaux savoirs pour satisfaire les besoins de tous. Selon les chiffres de l'ONU, nous gaspillons 1,3 milliard de tonne d'aliments chaque année alors que chaque jour, ce n'est pas moins d'un terrien sur huit qui se couche le ventre vide.

 

L'économie capitaliste se nourrit des inégalités et le profit est sont seul moteur. A travers la propriété privée des moyens de production, les capitalistes utilisent nos besoins comme source de profit. Ce système est au service des plus riches, et ce n'est qu'en le renversant que nous pourrons changer la donne. A la place, nous pouvons créer une organisation économique équitable : le socialisme. Il s'agit de socialiser les principales sources de richesses en abolissant la propriété privée et en mettant en place une gestion planifiée et démocratique de ce que nous produisons et de comment nous le produisons.

Le moteur du socialisme n'est pas le profit mais la satisfaction des besoins de tous. Son objectif est, en premier lieu, de déterminer la nature de ces besoins et de les quantifier. Pour cela, c'est bien la population qui est la mieux placée. Elle doit être consultée au travers de comités démocratiques dans tous les lieux de vie : entreprises, quartiers, établissements scolaires... Ces comités doivent avoir des représentants élus et révocables pour centraliser les informations et permettre des échanges et une production à échelle adaptée. Ainsi, les parents d'un village pourraient déterminer le nombre de places nécessaires en crèche, les horaires qui leur conviennent, les activités extra-scolaires qui pourraient être mise en place... Ou un regroupement entre paysans et consommateurs permettrait d'organiser la production alimentaire en fonction de la demande, déterminer ce qui est cultivable localement et ce qui doit être importer. D'autres industries telles que le textile ou l'automobile pourrait être organisées à une échelle plus large, en fonction du nombre d'habitants et des besoins variables.

La planification permet aussi de tenir compte de nos ressources naturelles et d'apprendre à produire en respectant notre environnement. Une fois la recherche de profit dégagée, c'est la pérennité de notre espèce et de notre environnement qui sera recherchée. Par exemple, nous pourrions déjà produire des objets beaucoup plus solides pour contrer le gaspillage et encourager la recherche en ce sens.

 

Mais tout cela est impossible, me direz-vous, il faut trop d'argent !

Certes, mais cet argent existe ! Le problème est qu'il n'est pas dans les mains d'un état dont la première volonté est d'offrir une vie digne à chacun. Ce qu'il faut, c'est retirer l'économie des mains des capitalistes en nationalisant ou en réquisitionnant les grands moyens de production et d'échange. Ainsi, les bénéfices produits par ces entreprises seraient directement réinvestis pour le bien collectif. Mais pour qu'un tel plan soit viable, il faut qu'il gagne d'autres pays et qu'à terme, l'économie socialiste devienne internationale.

 

Rachel

logo Gauche révolutionnaire

Partager cet article
Repost0
2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 12:15

La révolution cubaine menée par Fidel Castro : ses apports et ses limites

 


Fidel Castro Che Guevara Révolution Cuba

 

 

            La révolution cubaine est régulièrement évoquée dans les périodes de radicalisation, particulièrement dans le monde néo-colonial, et d'autant plus en Amérique latine. Castro est perçu par les masses opprimées comme une figure monumentale qui s'est battue avec ténacité contre l'oppresseur capitaliste et impérialiste. Cependant, il est important que la classe ouvrière n'idéalise pas cette révolution mais en ait une bonne compréhension, à la fois de ses apports et de ses limites.

 

 

Histoire de la révolution cubaine

            L'indépendance de Cuba a été ratifiée le 20 mai 1902 mais en réalité, l'île est restée sous la tutelle des Etats-Unis (EU), avec une succession de gouvernements corrompus qui livraient les richesses du pays aux américains. Fulgencion Batista s'est emparé du pouvoir par un coup d'état le 10 mars 1952. Sa présence au pouvoir est contestée sur l'île, mais sera reconnue par les EU qui voient en lui un nouvel entremetteur.

            L'opposition au gouvernement de Batista croit et le 26 juillet 1953, un groupe de jeunes dirigés par Fidel Castro attaque la caserne de la Moncada, une citadelle militaire, dans le but d'armer le peuple et d'aboutir à une insurrection générale. L'assaut échoue, 68 insurgés sont exécutés et Castro est incarcéré. Mais sous la pression populaire, le gouvernement se voit obligé d'accorder l'amnistie aux prisonniers : en 1955, Castro s'exile alors avec ses camarades à Mexico. C'est là qu'il rencontrera Che Guevara, avec qui une importante complicité va naître et qui sera son bras droit durant la guérilla.

            Castro est issu d'une famille aisée et il découvre son goût pour la politique lors de ses études de droit. Il sort diplômé en 1950 et devient, peu de temps après, le dirigeant de ce qui est devenu le Mouvement du 26 juillet. De Mexico, ils préparent la révolution cubaine qui débute par le débarquement sur les côtes de l'île d'un groupe de 82 hommes, le 2 décembre 1956. Batista ayant été mis au courant de cette expédition, les surprend et ne laisse qu'une vingtaine de survivants qui se réfugient alors dans la Sierra Maestra. Décimé, le groupe de rebelles se reconstitue rapidement, tellement la misère devient importante et les paysans sont prêts à tout pour retrouver un peu de dignité. Plus de 800 hommes, principalement des paysans, rejoignent l'armée de Castro et la guérilla commence alors contre les forces de Batista.

            En mai 1958, Batistat tente une attaque contre les guérilleros, sous le nom d'Offensive d'été. 12 000 soldats sont envoyés mais ce sont les insurgés qui remportent la victoire et les soldats commencent à déserter l'armée de Batista. Puis les révolutionnaires enchainent les victoires : prise de Santa Clara le 31 décembre 1958, de Santiago de Cuba le 1er janvier 1959 et ce même jour, Batista fuit vers la République Dominicaine (c'est un jour pour une bonne résolution :-)).

Castro entre dans la Havane le 8 janvier 1959 et devient premier ministre le 16 février 1959 (le président proclamé est Manuel Urrutia). Parmi les premières mesures, on note la réforme agraire attendue par tous les paysans engagés dans la guérilla. Des entreprises américaines comme United Fruit sont expropriées et les tensions avec les EU augmentent. Castro se tourne alors vers l'Union soviétique avec qui il signe un accord économique en février 1960 (pétrole), puis un accord militaire. 

            Les EU imposent alors un embargo commercial sur Cuba dans le but d'affaiblir la révolution qui s'y tient. Le 14 octobre 1962, les tensions sont au plus haut point avec la crise de la Baie des Cochons : dans le contexte de la guerre froide, les américains découvrent des missiles à têtes nucléaires pointés sur eux depuis l'île. On frôle alors la 3eme guerre mondiale mais la Russie finit par accepter de faire marche arrière et de les retirer.

 

 

Analyse du CIO (Comité pour une Internationale Ouvrière)

            La révolution cubaine a montré les avantages d'une économie planifiée sur la qualité de vie de la population : amélioration dans la santé, les retraites, l'éducation, les logements, l'alimentation ... Elle a permis un gigantesque développement de la société cubaine. Avant 1959, la moitié des enfants n'avait pas accès à l'école primaire, alors que tous ont été scolarisés sous Castro (79 000 instituteurs au lieu de 17 000 avant 1959). L'éducation est devenue entièrement gratuite. Des dizaines de milliers de médecins ont été formés et l'accès aux soins est devenu gratuit, permettant une hausse de l'espérance de vie de 19 ans entre 1959 et 2008 !

            Le CIO a toujours reconnu les gains qu'a apporté la révolution cubaine et nous avons soutenu la levée de l'embargo. Mais le CIO ne s'est jamais caché non plus de critiquer le régime de Castro et son absence de démocratie. L'état cubain a également fait des concessions au marché, donc au capitalisme, avec notamment la dollarisation. Cette mesure a été prise pour relancer la croissance économique mais elle a a eu pour effet de diviser les travailleurs puisque certains privilégiés ( secteur du tourisme par exemple) ont alors été payés en dollars alors que les médecins, les enseignants... sont toujours payés en pesos et n'ont alors pas le même niveau de vie. 

Des centaines d'entreprises ont également été décentralisées, pouvant importer et exporter librement, alors que Castro avait déclaré : "rien d'utile ne sera privatisé à Cuba et peut donc être maintenu comme propriété de la nation des collectivités de travailleurs".

 

            Avec toutes ces contradictions, on peut raisonnablement se poser la question de savoir si Fidel Castro était réellement communiste. Les membres du CIO soutiennent que non. Castro n'était pas plus qu'un démocrate radical de classe moyenne. Il n'a pas commencé la lutte avec des perspectives et un programme socialiste comme l'ont fait Lénine et les bolcheviks en Russie. Cela même si Castro maintenait avoir toujours été disposé à des perspectives marxistes. Mais son unique désire, lors de l'attaque de Moncada, était de destitué Batista et sa tyrannie, alors que Batista n'était en fait qu'un symptôme (et non la cause) de la violence institutionnelle normalisée par le système capitaliste. Voici un extrait traduit du discours de castro après la capture de la station radio en 1953 : "La révolution déclare son respect pour les travailleurs... et... l'établissement d'une justice sociale totale et définitive, basée sur une économie et une industrie en progrès selon un plan national bien organisé." Le détail des mesures était extrêmement modeste et n'était en rien incompatible avec la poursuite du capitalisme à Cuba. Chacune de ses mesures étaient celles de Castro qui n'a jamais cherché à consulter la base de la population. Sans que cela soit une conviction, il semble que ce sont les conditions économiques et sociales extrêmes, la pression des masses, l'attaque provocante de l'impérialisme américain et l'influence de Che Guevara qui ont poussé Castro à rompre avec le capitalisme.

            Un leader marxiste conscient et réellement socialiste aurait perçu la nécessité de préparer la classe ouvrière, avant et pendant la révolution, en expliquant le caractère de la révolution et le programme socialiste qui la porte. Proclamant le socialisme dès le début, en l'accompagnant d'un programme pour une démocratie des travailleurs, il aurait élevé à la fois la conscience et la combativité de la classe ouvrière cubaine. Le maintien d'une révolution ne doit jamais être mis dans les mains d'un seul homme, aussi loyal et courageux soit-il, ni dans les mains d'un groupe, mais bien dans les mains d'une classe ouvrière engagée et politiquement consciente, liée aux masses des autres pays. 

 

            L'état stalinien a joué à la fois un rôle de modèle et de réservoir économique. Mais il ne faut pas faire de raccourcit pour autant : Castro n'est pas la copie conforme de Staline. Il n'y a, par exemple, aucun culte de la personnalité financé par l'état (aucune image, portrait ou statue). Et même s'il a pu mener une politique qui a porté du tort et des restrictions de droits importantes, rien n'est comparable aux crimes monstrueux du stalinisme (grandes purges).

Comme en Russie, l'état cubain est dirigé par une élite bureaucratique détachée des masses populaires. Castro affirme : "Je ne pense pas qu'il faut avoir plus d'un parti...Comment notre pays aurait-il pu tenir debout en étant coupé en 10 pièces ? .... Je pense que l'exploitation de l'homme par l'homme doit cesser avant qu'on puisse avoir une réelle démocratie". Le CIO s'oppose bien entendu à cela, car sans réelle démocratie, la transition vers le socialisme est impossible. Nous avons besoin d'élections libres et transparentes pour les conseils ouvriers, avec révocation, pour qu'il y ait, dès le début, un réel contrôle de la base sur l'état.

 

            Une importante limite de la révolution cubaine est de s'être reposée sur la paysannerie, sans faire de lien avec la classe ouvrière. La lutte de Castro et Guevara était basée sur la guérilla, impliquant en majorité des paysans et des ruraux. Ces "campesinos" cherchaient à acquérir un lopin de terre sur des parcelles appartenant à l'état ou à de gros propriétaires. Leur démarche peut être cataloguée de "petite bourgeoise" car leur but était d'avoir une terre pour eux-même, pour leurs enfants, et de s'enrichir à partir de celle-ci. Sans avoir réellement de conscience de classe, les campesinos ont appris rapidement que cette volonté ne pouvait être satisfaite sans briser le système de propriété des latifundia et se sont donc engagés dans la lutte armée aux côtés de Castro. Les travailleurs citadins, quant à eux, n'étaient sollicités que pour un soutien moral, matériel et parfois industriel. Ils sont rentrés en lutte à travers une grève générale à la Havane, qu'une fois que la guérilla avait triomphé et que Batista avait fuit. C'est une différence de plus avec l'organisation des bolcheviks en Russie.

 

 

Des leçons à tirer

            La révolution cubaine fait partie de ces faits historiques importants dont l'analyse nous sert de leçons pour les luttes actuelles et les luttes à venir. On voit que le déroulement de cette révolution ne se rapproche pas du tout ce que nous préconisons avec le CIO aujourd'hui :

Personne, parmi nous, ne soutient l'idée de se réfugier dans les Alpes pour y construire un groupe armé qui prendrait d'assaut la ville de Paris et destituerait Hollande ! D'une part parce que, même s'il maintient l'exploitation, le régime actuel n'a rien d'ouvertement dictatorial, mais aussi parce que cela ne serait certainement pas compris par la plupart des français. Mais la raison la plus importante pour laquelle nous ne soutenons pas les guérillas, c'est qu'elles ne reposent pas sur une structure démocratique où la majorité des travailleurs est représentée.

Pour en finir avec le capitalisme, le CIO soutient et appelle partout en Europe et dans le monde, au développement de partis de masse organisés démocratiquement (comités de quartier, d'usine, de jeunes...). Ces partis doivent être des outils pour permettre aux travailleurs de faire évoluer leur conscience de classe et parvenir à renverser le rapport de force actuel, tout en se politisant pour préparer la suite de la prise du pouvoir. Autrement dit, ces partis sont cruciaux pour le développement d'un programme socialiste qui soit discuté à la base et qui corresponde à la volonté de la majorité. C'est ainsi que l'on évite les dérives bureaucratiques et la tendance dictatoriale que l'on a pu observer en Russie, à Cuba ou encore en Chine. Une des leçons principales que l'on puisse tirer des évènements cubains est qu'il est important de faire la maximum pour que le fonctionnement démocratique d'une révolution ait lieu dès sa montée en puissance car la prise de pouvoir n'est finalement que le début du changement !

Partager cet article
Repost0
11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 18:28

Nous publions ici l'introduction de la discussion débat organisée par la Gauche révolutionnaire Drôme début décembre.

 

Commencée il y a plus de trois ans par l’éclatement de la bulle immobilière américaine à cause des subprimes, la crise a connu trois étapes significatives jusqu’à aujourd’hui.

1. La crise financière et boursière, directement liée à la crise immobilière américaine, où la dette « privée » des ménages est devenue celle des organismes financiers. Pour éviter l’effondrement du système, les Etats ont débloqué des sommes astronomiques pour sauver les banques. Le principe : « privatiser les profits, socialiser les pertes » a été appliqué.

2. La crise économique, due à une contraction / récession de l’économie.

3. La crise de la dette souveraine des Etats, qui a connu une extraordinaire augmentation suite aux plans de sauvetage des banques en 2008 et aux plans de relance de l’économie en 2009. Cette crise est directement liée à la crise financière et au sauvetage des banques.

La crise globale que nous traversons depuis 2008, n’est pas, comme les économistes et dirigeants capitalistes voudraient nous le faire croire, une crise due seulement aux subprimes. C’est une crise de surproduction que nous subissons, débutée dans les années 1970, que les capitalistes ont réussi à repousser par l’endettement des Etats, des entreprises et des ménages, mais aussi par le néolibéralisme, la mondialisation et la financiarisation accrue de l’économie, la déréglementation des marchés et du travail,... Ils ont également retardé cette crise par les attaques généralisées sur les acquis sociaux, services publics, et les délocalisations pour faire baisser les coûts de production.

Mais il était inévitable qu’une crise éclate, seule la date restant inconnue. Depuis le début de son histoire, le capitalisme ne fait qu’aller de crise en crise. La cause : l’anarchie de la production due à la propriété privée des moyens de production et le profit comme seul moteur.

Citation : « Le système bourgeois est devenu trop étroit pour contenir les richesses créées dans son sein. Comment la bourgeoisie surmonte-t-elle ces crises ? D’un côté, en détruisant par la violence une masse de forces productives ; de l’autre, en conquérant de nouveaux marchés et en exploitant plus à fond les anciens. A quoi cela aboutit-il ? A préparer des crises plus générales et plus formidables et à diminuer les moyens de les prévenir. »

Marx Engels, Manifeste du parti communiste, 1848

 

Origine de la dette.

 

A la sortie de la guerre, en 1945, la France était bien plus endettée qu’aujourd’hui, (290% du PIB contre 84.5% aujourd’hui),  mais elle était aussi en pleine reconstruction et en phase de croissance. A présent, la dette des Etats devient incontrôlable du fait de la récession généralisée de l’économie, et pour endiguer cette dette, les gouvernements ont décidé de faire payer la population. Les plans d’austérité s’enchaînent sous la pression des marchés et des agences de notation.

 

Mais d’où vient la dette ?

Si on en croit les économistes bourgeois, ce seraient les Etats qui, assurant protection sociale et services publics, seraient responsables de leurs dettes en vivant au-dessus de leurs moyens.

En réalité, la dette a trois origines :

1. La loi de 1973 : le trésor public ne peut plus emprunter à la banque de France, il doit recourir à l’emprunt privé sur les marchés financiers. Ces emprunts, avec taux d’intérêts, vont progressivement creuser la dette de la France. Depuis cette loi, la France s’est acquittée de plus de 1400 milliards d’intérêts accumulés.

 

L’article 123 du Traité de Lisbonne vient renforcer cette loi, interdisant également à la Banque centrale européenne (BCE) de prêter aux Etats. Ces derniers sont obligés de se financer sur les marchés financiers avec taux d’intérêts.

 

2. la fiscalité. Depuis les années 1980, les différents gouvernements, de droite comme de gauche, ont systématiquement baissé la fiscalité sur les revenus du capital, des entreprises et des riches, baissant ainsi les rentrées d’argent pour les caisses de l’Etat. Il y a également l’évasion fiscale.

 

3. Le sauvetage des banques en 2008 a largement creusé les déficits publics.

Evolution des déficits publics en % du PIB

 

2005

2006

2007

2008

2009

2010

Etats-Unis

-2.8

-1.9

-2.3

-5.3

-10.4

-10.1

France

-2.9

-2.3

-2.7

-3.3

-7.5

-7.1

Grèce

-5.3

-6

-6.7

-9.8

-15.6

-10.4

Zone Euro

-2.6

-1.4

-0.7

-2.1

-6.3

-6

Sources : OCDE

On le constate au travers de ce tableau, le bond du déficit public est lié au sauvetage des banques et aux plans de relance de 2009 / 2010.

 

La crise de la dette et les marchés financiers

 

Source d’enrichissement facile et avec peu de risques avant la crise, la dette souveraine panique aujourd’hui les marchés (donc les services spécialisés des banques dans les placements financiers), car ils doutent de la capacité des Etats à rembourser leurs dettes. La méfiance à l’égard de certains Etats leurs impose d’emprunter à des taux élevés ce qui accroît d’autant plus la dette.

La défiance des marchés envers certains pays, surtout les pays du sud de l’Europe, alimente la suspicion sur les titres représentant des dettes souveraines des Etats en difficulté. Cela induit une méfiance entre banques, celles ayant accumulé beaucoup de dettes de pays comme la Grèce voient leur action baisser sur les marchés.

Devant le risque de faillite de certaines banques européennes qui possèdent trop de dette qui pourrait se révéler sans valeur, les institutions internationales ont fait pression pour une recapitalisation des banques... Avec de l’argent public si nécessaire !

 

La Grèce, le laboratoire de l’Europe

 

Depuis plusieurs mois, la Grèce est le centre de toutes les attentions. La dette de ce pays était déjà élevée avant la crise, environ 110 % du PIB annuel. Avec la crise et les plans de sauvetage des banques, elle était montée à plus de 140 % du PIB au printemps 2010, 170 % aujourd’hui, la récession due à la crise rendant le remboursement de la dette impossible.

Pourtant, les vrais responsables de la crise de la dette ne sont pas, comme voudraient nous le faire croire la presse internationale, les ouvriers grecs ou les services publics.

Le coût de salaire dans le secteur public en Grèce est en dessous de la moyenne de ceux de l’UE par rapport au PIB (9 % pour la Grèce, 10 % pour l’UE-27).

Quant à la paresse des ouvriers grecs, selon une étude de l’UE de juillet 2011, les ouvriers grecs sont les plus assidus au travail en Europe, travaillant 108 heures de plus que la moyenne européenne.

L’évasion fiscale vient, quant à elle, des hautes sphères de la société, évasion légale votée par le parlement pour la bourgeoisie, les riches armateurs ou le clergé grec.

Depuis l’arrivée de la troïka en Grèce (FMI, UE), l’économie grecque c’est rétractée de 15 % en trois ans. Plus la troïka impose des plans d’austérité, plus l’économie se rétracte, plus la dette augmente. C’est toute l’économie du pays qui est ravagée, provoquant destruction d’emplois, chômage de masse, pertes de salaire, ... Tout cela empêchant au peuple grec de relancer son économie. Les capitalistes, européens et chinois en tête, s’accaparent certains marchés détruits par les plans d’austérité. Pour ces prédateurs, il s’agit de nouveaux marchés favorables à leur bourgeoisie nationale (le plus grand port de Grèce appartient aux chinois suite à une privatisation du secteur).

Ces plans d’austérité ne touchent pas les riches, confirmant un transfert des richesses des travailleurs vers la bourgeoisie.

Aujourd’hui, les capitalistes européens observent avec attention la résistance du peuple grec. L’expérimentation de l’austérité dans ce pays n’est que le prémisse des attaques qui attendent tous les peuples européens.

 

La dette, instrument idéologique de transfert des richesses.

 

Depuis le début de la crise, les capitalistes utilisent tous les moyens pour nous la faire payer. Et la crise de la dette est la plus brutale des solutions pour imposer leurs plans d’austérités. Privatisation des services publics, baisse des salaires, réforme des retraites, ... La dette est utilisée comme moyen de pression pour faire accepter aux populations les plans d’austérité, entraînant reculs sociaux et démocratiques.

Mais en réalité, c’est bien à un transfert des richesses qui va en direction des capitalistes que nous sommes confrontés. Car les plans d’austérités servent les intérêts des capitalistes pour augmenter leurs profits, et récupérer tous ce que les luttes des travailleurs avaient permis d’arracher au patronat quand le rapport de force était du côté de la classe ouvrière.

Comme nous l’avons vu précédemment, plusieurs facteurs sont à l’origine de ce transfert de richesse, comme la fiscalité avantageuse pour les riches, les attaques sur les acquis sociaux, ou le sauvetage des banques qui n’a été autre que le transfert de dettes privées au public.

Les Etats reprennent leur vrai visage, celui de la protection des intérêts de la classe bourgeoise.

 

La dette souveraine représente pour la classe possédante une arme supplémentaire pour en finir avec les acquis sociaux. Pour mettre en œuvre ce transfert, de nombreuses institutions font pression sur les Etats, telles que les agences de notation,  le FMI, l’Union européenne (UE), le G8 / G20,...

 Les agences de notation, privées et « indépendantes », établissent une appréciation du risque de solvabilité financière des entreprises, Etats ou collectivités.  Elles mesurent le risque de non remboursement d’une dette. Cette notation détermine également le taux d’intérêt qu’obtiendra l’emprunteur en fonction de sa note.  Les Etats sont donc prêts à n’importe quel sacrifice (pour la population) afin de conserver leur note.

Le FMI (Fond Monétaire International),  institution internationale a pour vocation d’assurer la stabilité du système monétaire international et la gestion des crises monétaires et financières.

En réalité, sa principale fonction est de prêter de l’argent à un pays pour éviter qu’il ne fasse défaut. En contrepartie, ce pays doit faire des « ajustements structurels », ce qui signifie souvent des plans d’austérité accompagnés de privatisation des secteurs publics.

En Europe, malgré des divergences, tous les dirigeants se sont mis d’accord pour faire payer la crise de la dette aux peuples. Et tous les chefs d’Etat ont été « choqués » lorsque Papandréou, ancien premier ministre grecque, a annoncé un référendum sur l’accord de l’UE pour renflouer la dette de la Grèce. Par contre, aucun n’est venu se lamenter de voir arriver, dans le cadre d’un gouvernement d’unité national en Grèce, l’extrême-droite avec la droite et le parti social-démocrate !

 

Les politiques au service des capitalistes

 

Quel que soit le gouvernement, de droite ou de la social-démocratie, (ou plutôt social-libéral), les dirigeants imposent l’austérité aux peuples.

Car, dans nos « démocraties » occidentales, les politiques sont au service de la classe capitaliste.

En Espagne, le gouvernement Zapatero, social-démocrate, imposait l’austérité au peuple malgré des revendications contraires. Le PSOE (parti social-démocrate de Zapatero) a perdu les dernières élections au profit de la droite. Les mesures d’austérité ont été sanctionnées, mais le nouveau gouvernement fera de même voire pire. Ce ne sont plus les peuples qui gouvernent mais la finance.

Et quand un dirigeant ne suit pas les directives, il est évincé ... par les marchés. Berlusconi ou Papandréou sont les premiers dirigeants à être « virés » par les marchés, chose que les peuples n’avaient pas réussi à faire !

En Espagne, le mouvement des Indignés est le reflet de ce constat : c’est la finance qui gouverne !

C’est pour cela que leur principale revendication est : la démocratie réelle

Dans nos sociétés, la politique est dominée par le bipartisme qui représente en réalité une seule classe sociale, la bourgeoisie.

Citation : « la bourgeoisie, depuis l’établissement de la grande industrie et du marché mondial, s’est finalement emparée de la souveraineté politique exclusive dans l’Etat représentatif moderne. Le gouvernement moderne n’est qu’un comité qui gère les affaires communes de la classe bourgeoise toute entière ». Marx Engels, Manifeste du parti communiste.

Autre facteur marquant, l’arrivée à la tête de la Grèce, de Papademos, en Italie, de Monti, et à la tête de la BCE (Banque centrale européenne) de Draghi, tous trois ayant fait partie de près ou de loin, de la banque Goldman Sachs, la banque américaine qui avait dissimulé une partie de la dette grecque par des placements financiers pour que le pays puisse entrer dans la zone euro.

Papademos ne faisait pas partie de Goldman, mais, en tant que gouverneur de la banque centrale grecque de de 1994 à 2002, il a participé à la falsification des comptes de la Grèce.

Que défendront ces personnes à la tête de l’Etat, les intérêts des peuples ou des banques ? La connivence entre les politiques et la classe possédante ne nous laisse pas d’alternative, nous ne pouvons pas faire confiance à ces imposteurs qui vont nous imposer l’austérité pendant qu’ils protègeront les capitalistes et le système.

 

La dette, illégitime par nature. Refusons de la payer !

 

Cette dette, que les Etats ont accumulé au cours des trente dernières années, n’est pas la nôtre. Elle est le fruit de processus néolibéraux dont les travailleurs ne sont en rien responsables. Les gouvernements, de droite comme de gauche, se sont adaptés au tournant néolibéral pris par le capitalisme pour maintenir un fort taux de profit malgré une perte de vitesse dans l’économie réelle.

Mais ce tournant n’a fait que retarder une crise dont l’ampleur est aujourd’hui aussi importante que 1929, et tend à la dépasser.

Les capitalistes n’ont pas de solution à proposer pour sortir de la crise, et la stratégie de l’austérité ne fonctionne pas.

C’est pour ces raisons que nous devons refuser de payer la dette, tout comme la crise du capitalisme. Nous sommes dans un tournant de la crise où les plans d’austérité remettent à l’ordre du jour la lutte de classe. En cette période électorale où de nombreux partis tentent d’amener la réponse à la crise sur le terrain électoral, nous devons plus que jamais dire que c’est par la lutte et des mouvements de masse que nous refuserons de payer la crise, que nous sommes pour l’annulation de la dette, et que nous refusons tous les plans d’austérité. Bien entendu, une telle politique va entraîner l’effondrement du système bancaire, c’est pour cela que nous devrons également nationaliser sans indemnité ni rachat les banques sous contrôle des travailleurs et de la population.

De telles revendications sont incompatibles avec les institutions politiques existantes. Les institutions nationales et internationales, les Etats, l’UE, sont des institutions au service du système capitaliste. Comme l’a analysé Marx, le pouvoir économique met en place le pouvoir politique qui lui est nécessaire pour fonctionner.

Avec de telles mesures, nous pourrons faire payer les vrais responsables de la crise, les capitalistes.

Mais, prendre seulement le contrôle du système bancaire ne suffira pas, car tant que la production sera contrôlée par des capitalistes, avec pour seul objectif les profits et non la satisfaction des besoins réels de la société, le système dominera toute la société.

Nous devons en finir avec le capitalisme qui, lors de sa dernière grande crise de 1929, n’a trouvé comme moyen d’en sortir qu’une guerre mondiale destructrice. Cette guerre était directement liée au système, tout comme la première guerre mondiale qui était une guerre pour le partage du monde par les puissances impérialistes. Aujourd’hui encore, les guerres qui sont en cours dans le monde sont des guerres de domination des puissances occidentales pour l’appropriation des richesses (pétrole), l’Irak et la Lybie en sont les meilleurs exemples.

Pour changer la société, nous devons retirer des mains des capitalistes les grands moyens de production, d’échange, de transport,... Cela ne peut pas se faire par voie institutionnelle, seul un mouvement de masse conscient, des travailleurs et de la jeunesse, pourra en finir avec ce système.

La société que nous construirons à la place, le socialisme, ne sera plus basée sur la recherche du profit, mais sur la répartition des richesses. Dans cette société démocratique, ce n’est plus une minorité de capitalistes qui gèreraient la société, mais l’ensemble des travailleurs. La production, collective, sous la forme d’une planification démocratique de l’économie sous le contrôle des travailleurs et de la population, viserait à satisfaire les besoins de tous.

 

Conclusion

Nous l’avons vu au cours de cette discussion, la dette est un instrument entre les mains des capitalistes afin de nous faire payer la crise du capitalisme, mais également supprimer tous nos acquis sociaux obtenus par la lutte de classe. Aujourd’hui, il n’y a plus de partis de masses qui organisent la résistance face au capitalisme, la plupart des anciens partis ouvriers et des syndicats étant devenus des instruments d’accompagnement du système.

Pourtant, la crise, d’une ampleur inégalité depuis 1929, voit le retour de la lutte de classe parmi les travailleurs. Comme l’a analysé Trotsky, la classe ouvrière tirera d’elle-même les conclusions socialistes. Mais, pour avoir de réels instruments de lutte, pour nous organiser, et pour diffuser les idées socialistes à une échelle de masse, nous devons construire cet instrument qu’est un parti de masse des travailleurs et de la jeunesse. C’est ce qui manque aujourd’hui dans la plupart des pays où les peuples rejettent les plans d’austérité sans avoir de réelle alternative.

La Gauche révolutionnaire lutte pour la construction d’un parti révolutionnaire de masse, un parti qui défende les idées réellement socialistes, un parti qui organise les travailleurs dans leurs luttes et qui refuse la dictature capitaliste.

 

Mat S.

 

Partager cet article
Repost0
25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 22:07

Parti révolutionnaire et parti de masse

 

Nous avons choisi de mener une discussion en réunion sur la question des partis de masse, dans le but d’éclairer nos contacts sur notre présence dans le NPA.
Ce sujet théorique très important repose sur la question de comment on pense pouvoir arriver à une situation révolutionnaire et comment on agit en fonction aujourd'hui, dans notre militantisme quotidien.

 

A l’échelle internationale, le capitalisme se trouve aujourd’hui dans une grande instabilité économique. Cette situation accroisse les concurrences entre les bourgeoisies nationales, mais pourtant, elles s’accordent toutes sur le fait de faire payer la crise aux travailleurs. Et les partis traditionnels au gouvernement sont clairement au service de ces bourgeoisies et créent les conditions de notre appauvrissement. Leur volonté est de baisser le coût du travail et réduire la dette de l'état en poursuivant l'engraissement des financiers qui en sont pourtant responsables.


Pour que cette politique d’austérité passe, ils musellent la classe ouvrière par des reculs sur le droit de grève, par la dégradation des conditions de travail, par la mise en concurrence des travailleurs à travers le chômage, les emplois précaires… Et les syndicats sont freinés par leur direction qui présente trop souvent les négociations comme but ultime, laissant les travailleurs se faire attaquer de plein fouet.

 

Tout cela fait qu’on arrive aujourd’hui à une situation paradoxale : les attaques sociales que nous subissons sont de plus en plus violentes (retraite, éducation, santé, gaz de schiste…), la colère et la radicalisation augmentent, mais on voit peu de perspective de lutte de masse en France. Le mouvement ouvrier est totalement désorganisé. Seule une organisation de travailleurs indépendante des intérêts de la bourgeoisie peut donner une perspective politique aux luttes et les étendre. Il nous faut un véritable parti de masse.


Un parti de masse est un parti qui regroupe les travailleurs des différents secteurs, les jeunes et tous les opprimés pour discuter de stratégies de lutte, de revendications et d'un programme. Un parti avec une direction élue par la base, révocable à tout moment et avec un salaire d'ouvrier moyen (pour ne pas se trouver détaché des conditions de vie de la base). C'est dans un tel parti que, sur base des revendications de chacun, peuvent naître les discussions sur une alternative au capitalisme.

C'est au travers des expériences de lutte que les travailleurs et les jeunes se rendront compte que leurs aspirations ne seront jamais entièrement satisfaites sous le capitalisme, et c’est de là que naît le caractère révolutionnaire. La révolution est un mouvement conscient des prolétaires pour prendre en main leur destin.


S’ils restent inorganisés, les travailleurs deviennent vulnérables, voir concurrents entre eux. L'absence d'un parti ouvrier de masse démocratique peut être fatale. Un tel parti est indispensable pour que le pouvoir revienne aux travailleurs après la chute des dirigeants capitalistes. Qu'il y ait déjà en place des structures démocratiques telles que des assemblées sur les lieux de travail, dans les quartiers, les écoles, les maisons de retraite... permet de poser les bases pour un gouvernement ouvrier réellement démocratique.

La Gauche Révolutionnaire, comme l’ensemble des sections du Comité pour une Internationale Ouvrière, soutient la construction de partis révolutionnaires de masse, qui élaborent et clarifient un programme et une méthode pour parvenir à renverser le capitalisme et réhabilité les idées socialistes. Ces partis doivent permettre de redonner une indépendance et une représentation politique à la lutte de classe des travailleurs. Lorsqu'il y a de telles initiatives, et qu'elles se tournent vraiment vers les masses, nous devons nous y investir, y défendre l'importance d'un appui sur les luttes. Le rôle des marxistes est de pousser à la clarification du programme à l’intérieur de ces partis, de tracer des perspectives claires et de présenter le socialisme. Face aux idées confuses ou réformistes, c'est toujours en restant organisés solidement, mais sans aucun sectarisme, que les révolutionnaires ont pu clarifier les programmes des formations dans lesquelles ils intervenaient.

Nous sommes opposés au sectarisme qui revient à ne pas se préoccuper des intérêts globaux des masses et préférer alors l'échec de telles initiatives. Nous devons intervenir partout où des questions politiques se posent, même si le niveau de conscience des travailleurs est bas. Ce n’est qu’en intervenant dans leurs luttes que l’on peut conquérir les masses et les convaincre de se battre plus largement contre le système. La discussion politique doit toujours rester ouverte et c’est bien par la confrontation des idées que l’on peut clarifier les programmes, augmenter notre niveau politique et avancer vers l’unification de la classe des travailleurs dont nous avons besoin pour renverser le capitalisme.

 

 

 

Partager cet article
Repost0
15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 20:13

Nous publions dans cet article les notes prises par un camarade de l'ntroduction et de la conclusion de la discussion débat organisée par la Gauche révolutionnaire Drôme en septembre. Sujet : économie du système capitaliste.

 

Introduction par Olaf

 

Nous subissons l'économie car on ne nous donne pas les moyens de la comprendre.

Actuellement, ce n'est pas pas une récession car on est jamais sorti de la crise de 2008.

Depuis la chute du Mur de Berlin, les économistes prônent le capitalisme comme seule  voie possible... que le Marxisme est mort. Pourtant depuis quelques temps Marx revient dans la presse bourgeoise.

            Fin 2007, ce que l'on appelait la crise des subprimes (éclatement de la bulle spéculative immobilière) provenait d'un gonflement de crédits non-remboursables, basés sur un taux variable qui obligeait les emprunteurs à payer jusqu'au triple de la somme à rembourser chaque mois.

1929 est l' année du plus gros crack boursier. Il faut s'attendre à ce que la crise actuelle dépasse, de par sa grandeur, cette année-là.

            Nous avons donné des milliards en pagaille aux banques dernièrement. Il ne faut pas se fier au mot "sauvetage" car c'était un cadeau pour eux. Certaines d'entre elles ont été nationalisées. C'est une situation controversée chez les capitalistes qui veulent des banques "libres". C'est comme la prime à la casse qui était elle aussi un cadeau pour les constructeurs automobiles, financée par les contribuables (système pervers du capitalisme).

            Au 2ème trimestre 2011, on nous indique une croissance de 0,1 %. Ce n'est pas une stagnation mais une décroissance car la consommation des ménages est en baisse. Ce sont les livrets épargnes qui font croire à la hausse. Ne sachant plus comment faire du profit, les spéculateurs augmentent les prix des matières premières, sans tenir compte des peuples qu'ils affament. La spéculation a fait des famines dans les pays néo-coloniaux. La loi fondamentale du capitalisme est l'augmentation des richesses pour les uns et l'appauvrissement pour les autres. 

            Sous le capitalisme, tout est marchandise. Jusqu'à la dette d'un état. Les banques françaises, allemandes et d'autres, spéculent sur la dette grecque. On nous fait croire que si la spéculation financière s'arrêtait, tout irait mieux. Mais ce sont des mensonges car l'économie réelle et le système financier sont liés : ce sont les mêmes personnes qui agissent dans les 2 sphères. Par exemple, au début des années 2000, les actions d'AOL ( PME) s'envolèrent ce qui permit à cette entreprise d'acheter une multinationale. Mais quand la bulle spéculative internet explosa, le retour à l'économie réelle lui fit rendre ses achats acquis pendant la hausse.

            Marx a cherché à comprendre le système capitaliste. Il en ressortira de ses recherches que : le travail collectif a permis de créer le produit collectif et que cette production sociale est la base du système capitaliste. Celui-ci en tire profit par l'exploitation des travailleurs car le travail humain est payé la moité de sa valeur. L'autre moitié, c'est la plus-value qui va dans les poches des grands patrons. Les capitalistes ferment des usines bien que ce ne soit pas forcément leurs souhaits, car il suivent le capital qui évolue indépendamment de leur volonté.

Le capitalisme est une économie anarchique car ceux qui détiennent les moyens de production ne tiennent pas compte de nos besoins. Ils ne cherchent pas à savoir s'il nous manque des écoles ou des hôpitaux, mais ils ne sont pas gênés par le fait qu'il y ait par exemple 2000 marques d'aspirateurs. Par contre, ils planifient jusqu'à la dernière vis la construction d'une voiture afin d'en mesurer le coût et rester compétitif. Ces parasites renouvellent régulièrement les moyens de production pour produire toujours plus. Mais la consommation ne peut pas suivre et le surplus sur les marchés donne lieu à la crise de surproduction actuelle. Les salaires sont trop bas. Les travailleurs ne peuvent pas acheter tout ce qui se vend sur les marchés, et même si les salaires augmentaient, on ne pourrait pas tout écouler.  

            Le capital est indépendant de la volonté des capitalistes. Selon Marx et Engels, le capitalisme passe par des phases de crise tous les 7 à 10 ans. Seules les 30 glorieuses ont dérogé à cette règle car elles correspondaient à la recomposition économique à l'issue de la 2nde guerre mondiale. Mais aujourd'hui, les cycles de surproduction ont tendance à être de plus en plus fréquents. Les capitalistes investissent dans le renouvellement de nouvelles technologies (pour augmenter les moyens de production), puis ils balayent le marché (fermetures d'usines) pour repartir  en croissance. D'ici 2 à 3 ans, on peut s'attendre à ce que la France compte environ 10 millions de chômeurs et une pauvreté de masse jamais connue jusque là. Il n'y a pas d'issue possible pour les capitalistes car la rentabilité dans la production n'est plus assez forte. Ils pourraient nationaliser des entreprises en banqueroute,  augmenter les cadences de travail, nous faire travailler plus longtemps, baisser nos salaires, tout ça n'effacerait la crise que de façon temporaire. Si on annulait la dette, ou si on taxerait les transactions, tout ça n'y changerait rien car tout est marchandise et que le capitalisme n'est pas moralisable.

 

            Pour nous, il faut renverser le capitalisme. C'est une nécessité car il peut détruire l'humanité d'ici 20 à 30  ans. On demande la nationalisation du CAC40, une économie planifiée sous le contrôle et la gestion démocratique des travailleurs par la récupération des moyens de production. Et que dans les quartiers, dans les entreprises, soit mis en place des comités où l'on discuterait des besoins immédiats de la population pour améliorer de façon très rapide le bien être de tous. Cela n'a rien d'utopique parce que les 500 plus grandes entreprises produisent à elles seules 50 % de notre consommation mondiale. Il serait donc très rapide de récupérer l'économie par la réquisition de la propriété privée des moyens de production. Ça vaut le coût de se battre contre toute la violence du système capitaliste, de ne pas accepter que quelques personnes dirigent le monde. Nous luttons pour une société sans classe qui s'organise pour le bien de tous.

 

Conclusion

 

: Ok, nous ne sommes pas prophète mais on essaie d'élaborer des perspectives. Quand je parle de 10 millions de chômeurs, j'englobe tous les travailleurs précaires. La barbarie du système n'est pas rétrograde, elle est devenue plus dangereuse car maintenant il y a la bombe nucléaire. La crise augmente les tensions des capitalistes nationalistes et il y a un danger réel de guerre. Pour nous, l'analyse de l'économie permet de comprendre la société. Le capitalisme c'est la concurrence. Cela ne suffit pas de nationaliser l'économie sans toucher à la propriété privée des moyens de production. En revanche, si des nationalisations ont déjà été effectuées, cela serait plus opportun pour arracher la production des mains des capitalistes. Allende, partant d'un programme révolutionnaire, n'a pas retourné le système politique et productif. Il faut briser le système capitaliste en s'organisant en soviets, de manière démocratique, afin de trouver un plan global pour créer une société socialiste.  Cette société devrait d'abord être centralisée puis se décentraliserait le plus possible pour pouvoir répondre aux besoin locaux. 

La production ne concerne pas seulement le matériel. Par exemple, animer une classe maternelle en chantant des chansons, c'est du travail. Le capitalisme donne le minimum pour subvenir aux besoins d'existence. Parfois, il peut aller jusqu'à tuer ses travailleurs comme en Chine où des femmes meurent d'épuisement dans les ateliers.

Nous exigeons que le résultat de notre travail soit partagé dans une société sans classe, que toutes les richesses produites reviennent à la population : c'est la base du socialisme.

Que ce soit LIP ou la monnaie locale, ce sont des ilots sous le capitalisme. Nous ne pensons pas qu'ils puissent se généraliser dans le système actuel. Le mouvement ouvrier était très fort avant la 1ère guerre mondiale. Nous devons encourager notre entourage pour reconstruire ce mouvement, afin d'accélérer la prise de conscience que le capitalisme est de moins en moins viable. Nous voulons que les gens puissent s'investir dans un parti de masse révolutionnaire marxiste qui développe des idées socialistes.

 

On a du mal à imaginer une vie sans profit puisque tout est basé sur l'exploitation. Pourtant, il serait suffisant de travailler 2 à 3 heures par jour pour faire fonctionner l'économie. Lorsqu'on tendra vers le socialisme, l'argent disparaitra de façon progressive. Dans les moyens d'échange, une phase de transition est nécessaire. Le socialisme à échelle internationale fut une priorité pour Lénine et Trotsky qui avaient une grande espérance de la réussite de la révolution Allemande menée par Rosa Luxembourg. Ce serait très motivant pour l'internationalisme que la France réussisse à fonctionner dans une économie planifiée sous le contrôle et la gestion de comités de travailleurs élus démocratiquement. Ce mode de production socialisé produirait des richesses qui seraient réinvesties totalement pour faire tourner l'économie mondiale. On pourrait échanger dans un premier temps avec les pays africains des fabrications d'écoles, d'hôpitaux, pour les besoin de tous, contre des matières extraites de leur sol.

Nous ne pouvons pas penser à moitié. Nous ne voulons pas essayer de rationaliser le capitalisme. Il est incorrect de demander un moratoire pour la vérification des livres de compte sur la dette public comme pourraient le vouloir des militant du NPA ou d'ATTAC. La dette est illégitime et c'est le fonctionnement normal du capitalisme. De plus, ce réquisitoire ne pourrait s'effectuer qu'en période pré-révolutionnaire, voire révolutionnaire, car les tenants de ces notes ne nous les mettront jamais devant les yeux s'ils ne sont pas acculés. Nous soutenons n'importe quelle revendication pour une amélioration des conditions de vie et nous luttons pour cela. La Gauche révolutionnaire a intégré le NPA en souhaitant participer au développement d'un parti de masse pour la défense des opprimés. Pour nous, le réformisme ne nous sortira jamais de l'injustice de la société. En 20 ans, la remise en question du système a déjà bien progressé. Comme le disait Trotsky, la qualité du révolutionnaire est la patience : continuons à discuter les mois et les années à venir.

Partager cet article
Repost0
19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 20:39

logo drapeau rouge révolutionnaire animéNous publions dans cet article une introduction de formation marxiste sur la propriété privée.

 

Propriété privée et partage des richesses


Contrairement à ce que l’idéologie capitaliste voudrait nous faire croire, la propriété privée n’a pas toujours existé. Si l’on regarde sur l’échelle du temps, on peut même dire que l’apparition de la propriété privée est très récente dans l’histoire de l’humanité. Auparavant, il existait la communauté primitive, ce que Marx appela le communisme primitif, fondée sur la propriété commune, ignorant la propriété privée ou les classes sociales et où chaque membre participait à la production pour assurer la survie du groupe.

 

1. Un peu d’histoire

 

1. 1. Les communautés primitives

Ce type de société, aussi appelé société de chasseurs-cueilleurs, a été la seule façon de s’organiser pendant plus de 100 000 ans. Il n’y a que 10 000 ans environ que les premières sociétés de classe et la propriété privée ont commencé à apparaître.

Ces communautés primitives, pour vivre, combinaient d’un côté la chasse et de l’autre la cueillette. Nomades, elles ne pouvaient pas stocker de grosses quantités de nourriture et se déplaçaient lorsque cette dernière venait à manquer. Dans ces sociétés, chaque individu était intégré  à la production des biens de première nécessité, ainsi, la communauté se partageait la nourriture. Il n’y avait aucun espace pour que des classes sociales ou la propriété privée apparaissent.

 

1. 2. Les changements qui amenèrent à la propriété privée et à la division de la société en classes sociales

Dans les sociétés primitives, l’homme dépendait largement de la nature environnante. C’est sur base de cette dépendance et des difficultés inhérentes à vivre dans une nature « hostile » qu’il a développé des instruments de travail.

C’est ainsi que l’homme se distingue de l’animal, en fabriquant des outils lui permettant d’améliorer ses conditions de vie. Et ces outils le transforment en retour, tant physiquement que psychologiquement. Par exemple, la main devient l’organe du travail, habituant l’homme à adopter la position verticale. Le travail en commun a permis l’apparition du langage articulé… Le travail et le langage ont tout deux joué un rôle déterminant dans le développement du cerveau.

Citation : « Le travail est la condition fondamentale première de toute vie humaine, et il l’est à un point tel que, dans un certain sens, il nous faut dire : le travail a créé l’homme lui-même. » Engels, rôle du travail dans la transformation du singe en homme.

Cette analyse du développement de l’homme permet de comprendre comment, il y a environ 10 000 ans, après une longue période de changement et d’apprentissage, une toute nouvelle société allait apparaître, basée sur de nouveaux rapports de production.

 

1. 3. La révolution néolithique et les débuts de la propriété privée

Il y a environ 10 000 ans, deux découvertes ont permis un changement considérable dans la façon de produire dans la société : l’agriculture et l’élevage.  Les communautés développant l’agriculture et l’élevage ne furent  plus obligées de dépendre des productions de la nature. Elles  produisaient  elles-mêmes ce dont elles avaient besoin pour vivre en contrôlant leur environnement.

Ces découvertes entraînèrent  également la sédentarisation des communautés, ce qui permit de stocker des réserves de nourriture, celles-ci étant plus abondante grâce à une productivité accrue.

Pour la première fois, la société humaine réussissait à produire un surplus permanent, libérant une partie des individus de la production de biens de première nécessité, qui purent se consacrer à d’autres activités comme l’artisanat.

Dans ces sociétés commença aussi la division sociale du travail et les échanges. Diverses communautés, et même différents membres d’une même communauté se spécialisèrent dans des activités distinctes (ex : formation de tribus de pasteurs). Cela permit d’énormes progrès par une meilleure connaissance de l’activité exercée, ainsi qu’une augmentation de la production.

Là où les communautés primitive ne pratiquaient quasiment pas l’échange (tout était produit et consommé), les communautés reposant sur la division sociale du travail devaient pratiquer l’échange. (Exemple : l’éleveur échange de la viande contre du blé de l’agriculteur qu’il ne produit pas lui-même.) Ces échanges permirent l’essor d’autres activités productives tel que l’artisanat.

 

1. 4. L’apparition de la propriété privée et des classes sociales

La communauté primitive reposait sur la coopération de la production afin de produire pour que tous les membres du groupe puissent se nourrir et vivre. La spécialisation dans la production, le perfectionnement des instruments de travail et l’augmentation de la productivité permirent de passer rapidement à l’exploitation individuelle. L’économie communautaire et la nécessité du travail en commun avaient moins d’importance. Le travail individuel instaura progressivement la propriété privée.

La propriété privée et l’augmentation des forces productives entrainèrent petit à petit la désagrégation de la communauté primitive et l’apparition de grandes familles patriarcales.

De nouvelles formes de communautés se substituèrent à l’ancienne, comme la communauté rurale…

Dans ces sociétés, l’habitation, le bétail, etc. étaient la propriété privée de chaque famille. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, c’est le sol qui resta le plus longtemps propriété commune. Lui aussi finit par tomber dans la propriété privée.

Toute la structure de la société primitive fut bouleversée par la propriété privée et les échanges. Les différents groupes de ces nouvelles sociétés avaient des intérêts différents. Les anciens, les chefs de village, les prêtres, les administrateurs, les militaires… de par leur place privilégiée dans la société, s’approprièrent une grande partie de la propriété commune et se détachèrent des masses pour former une aristocratie se transmettant par hérédité.  C’est ainsi que naquit la première division de la société en classes sociales par l’appropriation de la propriété collective par un nombre restreint d’individus.

Pour maintenir cette domination de classe et d’appropriation privée de production réalisée socialement, la nouvelle élite dirigeante mit en place une législation ainsi que des groupes d’individus assurant leurs intérêts de classe (guerriers, serviteurs, prêtres…) Ainsi, la continuité de la classe dominante et de sa propriété privée était assurée.

Le passage de la propriété collective à la propriété privée et à la société de classe ne se fit pas sans résistance. Dans certains groupes, aucune classe dominante n’émergea car la majorité y était opposée. Cependant, les sociétés dirigées par une classe dominante avaient des forces productives plus développées et une tendance à l’expansion géographique pour le maintien de leur domination. Cette expansion va absorber les dernières communautés primitives (sauf celles qui étaient isolées), et leurs membres furent réduits en esclavage, entrant ainsi dans les forces productives des sociétés de classe qui deviendront pour la plupart esclavagistes. Dans ces sociétés, l’esclave lui-même était la propriété privée de son maître.

 

1. 5. La propriété privée sous le féodalisme

Sous le féodalisme, l’esclavagisme disparut au profit du servage. Dans cette société, les terres appartenaient aux seigneurs. Les serfs, descendants des esclaves, n’étaient plus la propriété de leurs maîtres. Mais, comme dans toute société de classe, la classe dirigeante devait exploiter le travail des serfs pour assurer sa domination. Dans cette société, le seigneur s’accaparait le surtravail du serf sous la forme d’une rente foncière. Le serf cultivait la terre. Soit il produisait suffisamment pour payer une rente en nature ou en argent. Soit il travaillait une partie de la semaine sur les terres du seigneur. C’était la corvée. Le serf était donc conscient du vol social dont il était victime.

 

1. 6. Les prémisses du capitalisme

Vers la fin du moyen âge, de nombreux bouleversements allaient accélérer le changement de société. La découverte de l’Amérique, la navigation autour du monde, le commerce colonial, les avancées dans la science… allaient permettre à une nouvelle classe naissante de se développer : la bourgeoisie.

Avec l’apparition de nouveaux marchés internationaux, le mode de production féodal ne suffisait plus aux besoins toujours croissants des marchés. En contradiction avec les forces productives naissantes du capitalisme, la société féodale allait perdre progressivement son influence et le pouvoir économique sur la société. C’est dans la société féodale qu’étaient naît les germes de la future société capitaliste. Plus les marchés s’accroissaient, plus la division du travail et la grande industrie s’implantaient, plus la bourgeoisie faisait des progrès politiques. La bourgeoisie a joué un rôle révolutionnaire dans le changement de société. Son but était de s’emparer de la souveraineté politique pour instaurer un Etat moderne représentant ses intérêts de classe.

Elle l’a fait complètement en France par la révolution de 1789, partiellement en Angleterre où elle détient le pouvoir politique, mais a été obligé à un compromis qui maintient l’aristocratie.

Comme l’a démontré Marx, c’est le pouvoir économique qui détermine la structure politique d’une société.

 

2. La société capitaliste et la propriété privée

 

2. 1. Les fondements de la société capitaliste

- La liberté de commerce

- Le pouvoir de la bourgeoisie

- La recherche du profit

- L’accumulation du capital

- La propriété privée des moyens de production

Cette propriété privée signifie qu’un petit nombre de capitalistes détient l’ensemble des moyens de production, de transport, d’échange …

Les travailleurs, eux, privés de propriété privée, n’ont que leur force de travail à vendre pour vivre.

 

2. 2. D’où vient la propriété privée sous le capitalisme ?

Pour que le capitalisme se développe dans la société féodale, il fallait qu’il y ait du capital. Mais, sous le féodalisme, il n’y avait pas encore d’industrie, et peu de manufactures, donc pas de possibilité d’accumulation du capital. Ce fut par des processus non capitalistes (tel que le pillage des nouveaux territoires, la réintroduction de l’esclavage, ou le commerce…) qu’apparurent les premières accumulations de capital dit « capital primitif ». Ce capital ne reposait pas sur l’exploitation du travail salarié.

Cette accumulation initiale de richesse fut investie en capital dans les nouvelles manufactures qui furent les premières entreprises véritablement capitalistes. Ces manufactures, coexistant avec le féodalisme, étaient la propriété privée des premiers bourgeois. Contrairement à l’ancien mode de production féodale, le but de la manufacture était de produire le plus possible pour réaliser le maximum de profit. Ce fut pour cette raison que la division du travail se retrouva jusqu’au sein de l’atelier, et que progressivement, la mécanisation fit son apparition au fil des découvertes techniques. A partir de ces manufactures, les bourgeois accumulèrent du capital et le réinvestirent afin de produire toujours plus pour assurer la demande due à l’extension continue des marchés. Ce capital reposait sur l’exploitation du travail salarié.

Dans le processus de production des manufactures, les marchandises, produites par une armée de travailleurs, étaient accaparées par le bourgeois, propriétaire des moyens de production, qui les revendait pour en tirer des profits. En échange de leur force de travail, les travailleurs recevaient un salaire. Ce salaire, souvent basé sur le minimum vital, était censé assurer la survie des travailleurs et de leur descendance (reproduction de la force de travail).

Voici les évènements qui permirent à la bourgeoisie de s’ériger en nouvelle classe dominante.

 

2. 3. Capitalisme, propriété privée et prolétariat (période de la libre concurrence)

Comme nous l’avons vu, les manufactures étaient la propriété privée des bourgeois. Grâce à l’accumulation de capital et les découvertes techniques, la bourgeoisie a érigé comme modèle la grande industrie et le marché mondial. Elle s’est approprié le pouvoir politique dans la plupart des pays avancés, créant ainsi un pouvoir et un Etat à son service.

Citation : « Le gouvernement moderne n’est qu’un comité qui gère les affaires communes de la classe bourgeoise toute entière » Manifeste du parti communiste.

La propriété privée des moyens de production (donc de la production, des transports, et des échanges) assure à la classe capitaliste la suprématie économique. Cette propriété privée oblige le capitaliste à produire toujours plus de marchandises avec des machines en constant perfectionnement, afin de rester compétitif sur le marché où il est en concurrence avec d’autres capitalistes. Cette logique réduit petit à petit la société à se diviser en deux classes fondamentalement opposées : la bourgeoisie et le prolétariat.

La bourgeoisie possède tout. Le prolétaire ne possède que sa force de travail qu’il vend au capitaliste pour pouvoir assurer sa survie ainsi que celle de sa famille. Les prolétaires ne sont pas composés que d’anciens serfs. Toute une partie de la classe moyenne, incapable de résister à la concurrence de la grande industrie, rejoint petit à petit le prolétariat.

Nous le voyons, la propriété privée des moyens de production a créé une nouvelle classe sociale totalement dépendante du travail dans l’industrie : le prolétariat. Considérée comme une marchandise, la force de travail du prolétaire est achetée par le capitaliste. Pour rester compétitif sur le marché, le capitaliste achète le moins cher possible cette force de travail. Avec le perfectionnement du machinisme, le rôle du travailleur perd de sa complexité, justifiant ainsi la baisse de son salaire ou l’emploi de femmes et d’enfants.

 

2. 4. L’exploitation du prolétariat et le capital

Citations : « C’est ce que fit la découverte de la plus-value. Il fut prouvé que l’apparition de travail non payé est la forme fondamentale du mode de production capitaliste et de l’exploitation de l’ouvrier qui en résulte ; que même lorsque le capitalisme paie la force de travail de son ouvrier à la pleine valeur qu’elle a sur le marché en tant que marchandise, il en tire pourtant plus de valeur qu’il n’en a payé pour elle ; et que cette plus-value constitue, en dernière analyse, la somme de valeur d’où provient la masse de capital sans cesse croissante accumulée entre les mains des classes possédantes. La marche de la production capitaliste, aussi bien que la production de capital, se trouvait expliquée. » Engels, Socialisme utopique et socialisme scientifique.

 

2. 5. La propriété privée et les premières crises de surproduction

Comme nous l’avons vu, la libre concurrence pousse les capitalistes à sans cesse perfectionner leur outils de production afin de produire plus et à moindre coup. Pourtant, les marchés ne sont pas extensibles à l’infini, et pour la première fois, la société est victime de crises de surproduction. Cette surproduction vient des contradictions du système capitaliste lui-même, reposant sur la propriété privée des moyens de production et la libre concurrence. Pour résumer, la société produit trop de marchandises par rapport à la demande réelle. Le marché n’est plus assez grand pour écouler les marchandises.

 

2. 6. L’impérialisme et la propriété privée

L’impérialisme est le stade le plus évolué du capitalisme. Il est né des crises de surproduction du 19ème siècle. A son stade impérialiste, le capitalisme tend à transformer la concurrence en monopole, déterminant de cette façon un immense élargissement du processus de socialisation de la production à l’échelle mondiale. Cependant, la propriété reste entre les mains d’une poigné de capitalistes.

Citation : «La production devient sociale, mais l’appropriation reste privée. Les moyens de production restent la propriété privée d’un petit nombre d’individus. Le cadre général de la libre concurrence nominalement reconnue subsiste, et le joug exercé par une poignée de monopolistes sur le reste de la population devient cent fois plus lourd, plus tangible, plus intolérable». Lénine, l’impérialisme, stade suprême du capitalisme.

 

2. 7. Pourquoi vouloir supprimer la propriété privée ?

Si on regarde l’histoire, la propriété privée a permis aux sociétés d’évoluer vers la société capitaliste, où potentiellement, tous les besoins humains pourraient être satisfaits. Mais comme nous le savons, la société capitaliste ne résout en rien la satisfaction des besoins de la population. Pourquoi ? Car dans cette société, la propriété privée est détenue par une poignée de capitalistes pour qui les profits sont plus importants que la vie elle-même. Tant que la propriété privée des moyens de production sera maintenue, une poignée de capitalistes pourra décider de l’avenir du monde. Le seul moyen de retirer le pouvoir politique aux capitalistes, c’est de leur ôter le pouvoir économique en donnant les moyens de productions à ceux qui produisent réellement les richesses, donc les travailleurs. Ces moyens de production devront être gérés démocratiquement par les travailleurs et la population, en fonction des besoins réels de la population et non plus des intérêts de quelques individus. Par la socialisation des moyens de production, il n’y aura plus de place pour une classe dominante parasitaire qui décide pour tous en fonction de ses intérêts. La société de classe disparaît, tout le monde entre dans le processus de production et reçoit en échange de quoi vivre dignement.

Citation : « Le sens réel du mot d’ordre d’Egalité ne peut résider que dans l’abolition des classes sociales » Lénine.

Citation : « Ce qui caractérise le communisme, ce n’est pas l’abolition de la propriété en général, mais l’abolition de la propriété bourgeoise.

Or, la propriété privée d’aujourd’hui, la propriété bourgeoise, est la dernière et la plus parfaite expression du mode de production et d’appropriation basé sur des antagonismes de classes, sur l’exploitation des uns par les autres. En ce sens, les communistes peuvent résumer leur théorie dans cette formule unique : abolition de la propriété privée ». Marx Engels Manifeste du parti communiste

 

Suppression de la propriété privée

Citation : « Il devra tout d'abord enlever l'exercice de l'industrie et de toutes les branches de la production, en général, aux individus isolés, se faisant concurrence les uns aux autres, pour les remettre à la société tout entière — ce qui signifie qu'elles seront gérées pour le compte commun, d'après un plan commun et avec la participation de tous les membres de la société. Il supprimera, par conséquent, la concurrence et lui substituera l'association. Etant donné d'autre part que l'exercice de l'industrie par des individus isolés implique nécessairement l'existence de la propriété privée et que la concurrence n'est pas autre chose que ce mode d'activité de l'industrie où un certain nombre de personnes privées la dirigent, la propriété privée est inséparable de l'exercice de l'industrie par des individus isolés, et de la concurrence. La propriété privée devra donc être également supprimée et remplacée par l'utilisation collective de tous les moyens de production et la répartition de tous les produits d'un commun accord, ce qu'on appelle la communauté des biens. La suppression de la propriété privée est même le résumé le plus bref et le plus caractéristique de cette transformation de toute la société que rend nécessaire le développement de l'industrie. Pour cette raison, elle constitue, à juste titre, la principale revendication des communistes. »

  F. Engels, Principes du communisme, XIV. Quel doit être ce nouvel ordre social ? (1847)

 

Intro de Mathieu S., GR 26

Partager cet article
Repost0
28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 21:38

Qu’est-ce que la révolution et comment la faire aboutir ?

Trente ans de capitalisme néolibéral ont plongé la société dans le chaos. Dans des pays comme l’Espagne ou la Grèce, plus de 40% de la jeunesse est au chômage, une génération sans avenir. Même dans les pays capitalistes les plus riches, comme aux États-Unis, les jeunes demeurent plus longtemps chez leurs parents à cause des bas salaires et des emplois instables qui ne permettent pas de se construire une vie indépendante. L’exploitation et l’inégalité se sont tellement accrues qu’il est aujourd’hui impossible d’entretenir toute une famille avec un seul salaire, comme cela était possible dans les années ‘60, durant l’extraordinaire période de croissance du capitalisme qui a suivi la seconde guerre mondiale.

Lire la suite...

Le capitalisme en crise générale

L’actuelle forme d’organisation de la société, basée sur la propriété privée des moyens de production et orientée vers le profit, se heurte à ses propres limites : baisse du niveau de vie, destruction de l’environnement, flux de réfugiés, guerres et interventions impérialistes et enfin instabilité générale sur les plans financier et économique.

La classe dirigeante capitaliste craint que son système ne soit devenu incontrôlable. Mais ces gens sont incapables de donner une solution pour l’immense crise de la dette qui menace de disloquer le système tout entier, en commençant par les maillons les plus faibles que sont la Grèce, l’Irlande, le Portugal, etc. Dans ces pays, il est possible d’assister à des soulèvements massifs de la population, la politique d’austérité commence sérieusement à ressembler à de la torture sociale. La situation est intenable pour la plus grande partie de la population, tous les acquis du passé étant maintenant en danger. En Espagne, les idées révolutionnaires ont spontanément repris vigueur, même sans l’apport des marxistes, au cours de la récente révolte de la jeunesse qui a déferlé sur les places du pays.

Il ne s’agit pas encore d’un clair soutien à l’idée de socialisme ou à celle d’une économie démocratiquement planifiée, mais cela illustre toutefois que le socialiste révolutionnaire Karl Marx avait bien raison : une fois qu’une société ne peut plus développer les forces productives, une fois que la bourgeoisie ne peut plus représenter le présumé “intérêt général”, alors survient une période révolutionnaire. En Grèce, des dizaines de milliers de travailleurs et de jeunes considèrent les parlementaires comme étant des “traitres”, les politiciens ne peuvent plus se promener en rue. Des “grèves politiques” orientées vers la chute du gouvernement y sont à l’ordre du jour.

La question qui se pose est la suivante: quelle est l’alternative ?

 

Égypte et Tunisie : l’idée de “révolution” à nouveau à l’avant-plan

A la chute du stalinisme - caricature totalitaire de “socialisme” - les capitalistes et leurs idéologues ont eu le champ libre. Pour eux, il n’était pas encore suffisant de bêtement assimiler le stalinisme avec la première période démocratique de l’État ouvrier russe (pendant et juste après le mouvement de masse révolutionnaire et la prise du pouvoir en 1917). Il était clair pour eux que l’idée même de révolution était en soi à proscrire, qu’une rupture fondamentale avec le capitalisme ne pourrait que conduire à une nouvelle dictature.

Cependant, le système des soviets - des comités démocratiquement élus sur les lieux de travail, dans les casernes, les quartiers, etc. - représente la forme de société la plus démocratique jamais connue. En dehors de cela, au niveau d’une ville, la Commune de Paris en 1871 avait déjà été caractérisée par Marx comme étant la ‘‘révélation finale quant à la forme politique de l’émancipation de la classe ouvrière.’’ Ce n’est que par l’isolement de l’Union soviétique, par l’absence d’une révolution dans un pays occidental plus développé, que la bureaucratie stalinienne a pu de plus en plus écarter du pouvoir les travailleurs et leurs représentants, à partir de 1924.

Récemment, et quasiment en direct à la télé dans le cas de l’Égypte, nous avons pu observer la véritable dynamique d’une révolution. Cela part d’une situation où les conditions de vie de la majorité de la population sont largement considérées comme injustes et intenables. Le cocktail de la dictature asphyxiante, avec le soutien de la part des régimes occidentaux, du chômage de masse, de la dégénérescence néolibérale,… n’était plus passivement accepté.

En outre, avec les canaux d’information croissants, l’internet (les vidéos You Tube, etc.), il était difficile de présenter ces mouvements de masse en Tunisie et en Égypte comme étant l’oeuvre d’un petit groupe de conspirateurs ou de putschistes.

Même la presse bourgeoise ne pouvait que difficilement nier le fait, bien que parfois en grinçant des dents, que ces révolutions devaient être décrites comme “massives” et “justes”. Les médias ont été moins prompts à rapporter que c’est l’intervention des travailleurs égyptiens en tant que classe, via les méthodes de lutte syndicale et de grèves, qui a constitué l’élément décisif pour la fuite du dictateur Moubarak. Si un pion a été sacrifié, le système derrière lui est encore en grande partie sur pied.

Un processus révolutionnaire apparait lorsque les masses entrent sur la scène de l’Histoire et tentent de prendre leur sort en mains. C’est ce que nous avons vu en Tunisie et en Égypte. Ce sont des moments de politisation de masse de la société, avec une immense soif d’idées capables de faire progresser la lutte.

 

Les conditions pour une révolution

Léon Trotski décrit bien dans son “Histoire de la révolution russe” à la fois la fermentation à l’oeuvre dans la société et comment les conditions en sont arrivées à être mûres pour la révolution. Les forces féodales et bourgeoises étaient trop faibles et trop divisées pour faire avancer la société. Les classes moyennes étaient mécontentes et entraient même en action : les paysans, les petits propriétaires, ont pris les terres des grands propriétaires. Les étudiants étaient alors inspirés par la lutte des travailleurs dans les usines et rejoignaient le mouvement révolutionnaire. Les mêmes phénomènes se voient aujourd’hui au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ainsi qu’en Europe méridionale. Le capitalisme en tant que système n’offre plus aucune issue. Les étudiants et les jeunes sont la flamme de la révolution, mais c’est la classe ouvrière organisée qui constitue la force décisive dans la société. Elle seule possède la puissance économique - avec les mobilisations de masse, les grèves, les occupations d’entreprise,… - pour bloquer la société et poser les bases d’un autre système.

Il est compréhensible que dans le mouvement de la jeunesse, en Espagne par exemple, il y ait une méfiance à l’encontre des dirigeants syndicaux bureaucratiques qui offrent peu de considération à leur base. Mais cette direction doit être distinguée des membres de la base, qui ne font pas partie de ceux qui tirent les ficelles avec la classe dirigeante, et ne sont pas liés à son appareil d’État. Nous avons besoin de syndicats démocratiques, avec une direction liée aux militants et sous le contrôle direct de la base, des syndicats qui luttent contre le capitalisme lui-même et ne se laissent pas absorber dans l’État bourgeois. En Espagne et en Grèce, nous voyons maintenant aussi des éléments d’une union de la jeunesse et de syndicats combatifs, ou avec une partie de la base syndicale, dans le cadre de la résistance contre les coupes budgétaires. Cela est potentiellement une force extrêmement puissante dans la lutte pour un changement de société.

 

Il faut un parti de masse

Pendant la première phase des révolutions au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, de nombreux éléments classiques dans un processus révolutionnaire sont apparus. La classe dirigeante est discréditée et divisée. Les classe moyennes sont en colère contre le régime, ou se tiennent dans la rue aux côtés de la classe ouvrière. La classe ouvrière est prête à se battre pour ses intérêts et entraine les autres couches de la société dans son sillage. Les masses avancent sur la scène de l’Histoire.

Les faiblesses de ces révolutions, que nous avons déjà mentionnées, et qui expliquent aussi pourquoi les vieux régimes existent toujours et tentent de reprendre le contrôle de la situation, sont le manque d’une conscience socialiste et d’un parti de masse capable d’apporter un programme révolutionnaire et socialiste dans le mouvement.

Il est compréhensible que beaucoup de gens se méfient des partis politiques traditionnels ou autres véhicules bureaucratiques. Mais un parti démocratique de masse, avec une direction révocable à tout moment et qui ne gagne pas plus que le salaire moyen d’un travailleur qualifié, est une condition essentielle pour unifier l’ensemble des couches des masses en lutte, et ainsi jeter la base pour un gouvernement des travailleurs, des opprimés et des jeunes, élus directement sur les lieux de travail, dans les écoles, dans les quartiers, etc.

Révolution - Pourquoi tant de radicalisme ? Pourquoi ne pas suivre une stratégie de réformes ?

Parce que le capitalisme ne peut plus être réformé petit à petit dans une direction sociale, ce que les marxistes appellent le “réformisme”. Le réformisme des partis sociaux-démocrates - tels que l’étaient le PS et le SP.a belges dans le temps - a commencé à décliner à partir de la crise des années ‘70. Dans les années ‘50 et ‘60, la très forte croissance économique, les luttes ouvrières et la pression imposée par un autre modèle de société (le bloc stalinien), ont fait en sorte que les salaires ont réellement augmenté et que de nombreux droits sociaux ont pu être arrachés.

Les lois du capitalisme nous mettent des bâtons dans les roues. Le taux de profit des capitalistes était déjà sous pression avant la crise pétrolière en 1973. Comme Marx l’a expliqué, le capital est obligé d’investir plus vite dans les nouvelles technologies et les machines, en constante évolution, que dans la main d’oeuvre, et c’est justement l’exploitation de cette dernière (le non-paiement des travailleurs pour une partie de ce qu’ils ont produit) qui est à la base de leurs profits. Ce phénomène a créé, dès la fin des années ‘60, une tendance à la baisse du taux de profit.

De plus, les luttes des travailleurs entre 1968 et 1974 ont encore instauré plus de pression sur les profits. Mais le réel problème, comme l’a développé Marx dans son ouvrage Le Capital, c’est que la capacité de production avait grandi bien plus vite que la capacité des marchés à consommer tout ce qui était produit. Depuis plus de 30 ans, le capitalisme est aux prises avec une crise prolongée de suraccumulation et avec le fait que - dans l’économie réelle - il faut de plus en plus de capitaux pour obtenir la même quantité de bénéfices par marchandise. Le néolibéralisme (la politique de coupes structurelles dans la sécurité sociale, de baisse du pouvoir d’achat, de privatisations…) est partiellement parvenu à rétablir le taux de profit dans les années ‘80, mais au prix d’une plus grande inégalité, et donc d’une nouvelle suraccumulation - trop d’usines, trop de marchandises, etc. - à cause de l’exploitation et des attaques néolibérales qui avaient sapé le marché.

Les crises deviennent maintenant de plus en plus longues, la croissance plus faible et durant moins longtemps. C’est précisément une expression de ce que les marxistes considèrent comme la “phase dépressive” du capitalisme. La course aux profits rapides sur base de spéculation boursière, le néolibéralisme antisocial, l’énorme accumulation de dettes depuis trois décennies,… Tout cela n’était qu’un ensemble de tentatives de pallier aux conséquences d’une tendance à la baisse du taux de profit dans les industries de base. Pendant un moment, on a essayé de rattraper cela avec le secteur des services et celui de la finance, en pleine croissance (essentiellement sur base de “capital fictif”, c’est-à-dire de crédit). La croissance s’est toutefois affaiblie et est devenue artificielle.

Aujourd’hui, nous constatons que la crise est implantée au coeur même du système. Avec la crise des dettes, on assiste maintenant à la faillite de pays entiers. Si ce système continue à exister, la menace est réelle d’un retour aux conditions de vie ouvertement barbares du capitalisme naissant. Ce système ne peut pas être dompté. Seule la fin de la course aux profits privés de la part d’une petite élite de gros actionnaires et la transition vers une planification rationnelle et démocratique de l’économie offrent une solution.

C’est pour cela qu’il est nécessaire de construire un mouvement révolutionnaire soutenu par la majorité de la population, qui place les entreprises et les richesses de la société dans les mains de la collectivité pour qu’elles soient gérées selon les principes de la démocratie des travailleurs, les travailleurs et leurs familles prenant eux-mêmes les décisions, à chaque niveau de l’économie et de la société, par l’intermédiaire de représentants démocratiquement élus et révocables en permanence.

Qu’est-ce que la démocratie socialiste ?

 Les récents mouvements de masse illustrent la façon dont une situation révolutionnaire peut évoluer en une révolte de masse et en une recherche d’un gouvernement alternatif. Pour nous, l’aboutissement de ce processus est l’instauration d’un gouvernement des travailleurs représentant les intérêts de la majorité de la population et non pas ceux de l’élite.

Tout mouvement adoptant un caractère révolutionnaire voit apparaître la nécessité de formes d’organisations de la lutte permanentes. En général, il s’agit de comités ou de conseils démocratiquement élus qui rassemblent la population au niveau des entreprises, des quartiers, des écoles, des universités, etc. En Russie, les soviets (‘‘conseils’’) s’étaient en fait unis aux comités de grève, qui ont commencé à organiser des couches de plus en plus larges.

Dans ces organes de la révolution, les marxistes sont en faveur de la libre organisation des travailleurs et des jeunes en divers partis et courants, avec la liberté d’expression pour chacun. En Russie, les Bolchéviks avaient débuté en tant que courant minoritaire début 1917 mais, suite à l’expérience concrète acquise par les masses, suite à leur argumentation et à l’exemple donné par leurs militants, ils ont fini par emporter une majorité démocratiquement élue dans les soviets, les organes de masse de la classe ouvrière, de la jeunesse et des soldats.

Les représentants démocratiquement élus étaient révocables en permanence et ne pouvaient pas gagner plus que le salaire moyen d’un travailleur. Le niveau de vie sera plus élevé dans un système socialiste, mais les élus ne peuvent pas constituer une élite privilégiée avec un style de vie complètement étranger à celui de la population, comme sous le capitalisme ou le stalinisme. En définitive, la clé de la défense d’un État des travailleurs démocratique se trouve parmi les masses et non au sein d’un appareil policier ou militaire.

Les marxistes sont en faveur d’actions décidées et disciplinées, et non pas pour les “émeutes” ou le “chaos” que certains tentent d’associer à l’idée de “révolution”. Nous défendons l’utilisation de méthodes non-violentes au sein des mouvements de masse, mais pensons que les masses doivent organiser la défense du mouvement via des comités démocratiques de masse. Gagner le soutien de la majorité de la population est notre première tâche politique, ce qui différencie le marxisme des courants anarchistes.

Dans une économie démocratiquement planifiée, basée sur des entreprises qui appartiennent à la collectivité, ce genre de conseil, organisé sur les lieux de travail, dans les quartiers, etc. devra se réunir sur le plan local, mais aussi sur le plan national en un gouvernement ouvrier. Et plus largement, former la base pour un socialisme mondial qui est seul à offrir une solution à la pauvreté, au chômage, aux conflits ethniques et nationaux, à la destruction de l’environnement, etc

Partager cet article
Repost0

Luttons contre le FN

Affiche

Journal L'Egalité

Journal-Egalite-158.png

"Le sens réel du mot d'ordre d'égalité ne peut résider que dans l'abolition des classes sociales" Lénine  

Pour en savoir plus     Abonnez-vous

Comité pour une Internationale Ouvrière

logo-CIO.JPG

www.socialistworld.net

 

Gauche Révolutionnaire, séction française du

Comité pour une Internationale Ouvrière

  Le capitalisme est un système mondial et il doit être combattu à la même échelle. C'est pourquoi la Gauche révolutionnaire fait partie d'une organisation marxiste internationale: le Comité pour une Internationale Ouvrière (CIO), un parti mondial actif sur tous les continents. Notre lutte en France s'inscrit dans le cadre d'une lutte des travailleurs du monde entier pour un société socialiste car si la révolution socialiste éclate sur le plan national, elle se termine sur l'arène internationale. La démocratie ouvrière et la planification socialiste de la production ne peuvent se limiter à un seul pays. C'est d'ailleurs l'isolement de la Russie soviétique qui a conduit à sa dégénérescence à partir de 1924.

     Le CIO est une organisation socialiste internationale qui comprend des sections dans quarante-cinq pays sur tous les continents.

L'histoire du CIO, Comité pour une Internationale Ouvrière